jeudi 17 mai 2012

Je persiste et je signe

Des fois j'ai envie de faire comme les animaux blessés : me terrer dans un coin et attendre. Disons que cette semaine la race humaine me pèse particulièrement. Des réflexions blessantes, des jugements rapides, des manques de délicatesse et d'écoute. J'ai un peu honte, mais je suis surtout beaucoup triste quand je dois me taper tout ça. Alors, je voudrais juste me retirer et flatter Mignonne.

Je m'assois aussi sur le bord de l'étang. Les espiègles sont si heureux d'avoir retrouvé leur jet d'eau et les nénuphars que j'ai repêchés des profondeurs. Évidemment, ils sont constamment dans les pots en train de fouiller au travers des roches. L'autre matin, c'est une grenouille qui avait trouvé refuge sur le dessus d'une feuille. Vous ai-je dit que mon quintette était devenu un sextuor? Eh! oui, une autre amie batracienne est venue se joindre à la gang des G. L'Homme et moi commençons à être à court d'imagination pour baptiser nos nymphettes de la cuisse. Celle-ci s'appellera Gisèle en l'honneur de ma mère. Je ne suis pas certaine que cette dernière aurait apprécié que l'on donne son nom à une grenouille mais l'Homme a dit que c'est comme si elle venait nous rendre visite. Et puis, elle aimait l'eau et rire un bon coup. Je crois qu'elle va être gâtée avec ce groupe de baigneuses.

Entre mes séances de zoothéraphie féline et aquatique, j'ai côtoyé des gens qui en arrachaient pas mal. J'ai recueilli les larmes d'hommes et de femmes qui vivaient des choses difficiles. Vous êtes-vous déjà retrouvé en face de quelqu'un qui pleure parce qu'il a faim et qu'il ne sait plus où aller pour trouver de la bouffe? Il a d'abord essayé de rester fort et de ne pas vous montrer à quel point il est découragé, totalement désemparé, au bout de sa corde. Puis, les émotions ont pris le dessus. Il n'a plus rien à donner à ses enfants. Il a vendu des bouteilles la veille pour leur acheter des miettes de nourriture. Lui-même saute pratiquement tous les repas pour ménager les quelques aliments qui restent. Et là, selon les règles, vous devriez lui dire non. Lui dire qu'il ne fait pas partie du territoire desservi. Lui dire que le prochain dépannage, c'est seulement la semaine prochaine. Lui dire que vous ne pouvez l'aider qu'une seule fois. Lui dire que nous n'avez jamais de viande à mettre dans les paniers. Peut-être que vous, vous arriveriez à le faire. Moi pas. Et toutes les personnes avec qui je travaille non plus. On essaie donc de faire des miracles. De multiplier les pains et les poissons. On accepte de faire cinq autres sacs parce que, encore une fois, c'est une situation plus déchirante que la précédente qui nous est jetée dans la face.

Pendant ce temps, dans le monde des extraterrestres qui nous gouvernent, je lis dans Le Devoir de ce matin que les conservateurs réservent "un accueil vitriolique au rapporteur spécial de l'ONU sur le droit à l'alimentation, qui critique sévèrement le Canada pour avoir laissé l'insécurité alimentaire prendre du terrain. Ottawa estime que l'ONU gaspille ses ressources à s'attaquer à un pays riche et démocratique qui n'a de leçons à recevoir de personne." Hum. Puis-je ici lever la main et vous inviter, chers élus, à vous rendre à la banque alimentaire la plus près de chez vous? Puis-je vous demander d'essayer de survivre avec les quelques denrées grapillées ici et là pour tenter de compléter les maigres achats que vous pouvez faire avec les prestations généreuses que vous accordez aux plus démunis? Je voudrais tellement que vous reveniez sur Terre.

Voici ce qui fait tiquer le gouvernement. Le rapporteur signale que le Canada "est un pays où les inégalités augmentent, où les 10 % les plus riches ont 10 fois plus de richesses que les 10 % les plus pauvres. C'est un pays où les impôts et les programmes réduisent moins les inégalités que dans la plupart des autres pays et aujourd'hui, nous avons un grand nombre de Canadiens qui vivent dans une pauvreté inacceptable ne leur permettant pas de se nourrir." Vraiment pas de quoi pavoiser.

Mon voisin m'a dit qu'il avait vu ma mère ratonne se traîner sur trois pattes l'autre soir : "Elle doit être blessée. À cause de toi et de tes plats de nourriture, elle continue à rôder dans le coin. Tu l'attires, elle et les chats errants. À cause de toi, ils restent en santé et continuent à se multiplier. Il faut se débarrasser de toute cette vermine."

Ouais. J'ai enlevé les plats de la galerie. Je les ai mis dans un meilleur endroit. Un endroit où on ne les voit pas de la rue. Je constate que maman ratonne, et les chats, ont repéré leur nouveau poste de nourriture. Comment puis-je dire non? J'ai vu Rita avec ses trois bébés. Et Irma, ma chatte d'Espagne errante qui a déjà eu deux portées, s'est faite attraper par le gros matou gris dimanche après-midi. L'insécurité alimentaire se trouve partout. La bonté, faut la chercher.

vendredi 11 mai 2012

Fête des mères : quelques réflexions

Hé! ça me fait drôle. Je suis en train d'écrire une chronique sur le sujet de l'heure dans le salon du Fils et de la Fille. C'est quand même bien de pouvoir parler de cette journée entourée de sa progéniture. Comme vous le savez, le nid est maintenant vide. Je me trouve donc très chanceuse d'avoir retrouvé mes oisillons pour le temps d'une fin de semaine.

Comme vous vous en doutez sûrement, le journal d'aujourd'hui avait déjà commencé à étaler ses bons sentiments à l'égard des mamans. Par exemple, Josée Blanchette, dans Le Devoir, adressait une lettre aux nouvelles mères. Mais ce n'est pas ce qui a retenu mon attention. Ce sont plutôt les citations qui se trouvaient à gauche de son texte, dont celle-ci qui m'a touchée plus particulièrement : "Les enfants petits marchent sur la robe de leur mère, grands ils marchent sur son coeur." (Proverbe danois) À leur décharge, je ne crois pas que la plupart d'entre eux le fassent volontairement. C'est juste que le coeur d'une mère se laisse facilement atteindre. Une seule petite attention et le voilà qui bat à tout rompre. Une parole malencontreuse et il se retrouve au bord de l'infarctus. C'est comme ça. C'est tout. C'est à la maman d'apprendre à gérer les réactions de son muscle cardiaque pour s'éviter de trop souffrir.

Ces temps-ci, comme je le mentionnais plus tôt cette semaine, mon coeur de mère souffre surtout de voir le traitement réservé aux étudiants. Tous des jeunes dans lesquels je reconnais les miens, bien sûr, et pour lesquels je tremble toutes les fois qu'il y a affrontement avec les policiers. Et les politiciens aussi, tant qu'à y être, puisque ces derniers ont le jugement facile et la condamnation rapide. J'ai donc été réconfortée par l'article de Lise Payette, toujours dans Le Devoir d'aujourd'hui, sur le conflit qui perdure.

Mme Payette commence ainsi sa chronique : "Pour célébrer cette fête des mères, si vous avez des enfants dans la rue, racontez-leur l'histoire de la gratuité scolaire en leur expliquant qu'elle fait partie d'une réflexion qui s'est amorcée à la fin des années 50 au Québec." Elle parle ensuite du rapport Parent sur l'éducation qui a vraiment repris la question de la gratuité scolaire jusqu'à l'Université. Je dois dire qu'au début de cette véhémente protestation estudiantine, je revendiquais moi aussi l'annulation de la hausse décrétée par le gouvernement, principalement présentée sous le fallacieux prétexte que les étudiants devaient faire leur juste part. Puis, les semaines ont passé. Et les arguments invoqués pour promouvoir la gratuité scolaire ont fait leur chemin. J'en suis donc rendue, tout comme les militants de la CLASSE, à vouloir une réflexion collective sur l'importance accordée à l'éducation et sur la richesse d'une société dont le plus grand nombre possible de membres ont eu la possibilité d'user leurs culottes pendant plusieurs années sur les bancs de l'école.

Et Mme Payette poursuit : "C'est, comme l'était la Révolution tranquille, un projet de société que nous avons devant nous. Pas un caprice d'enfants gâtés, pas une folle dépense comme certains le disent, mais un choix de société." Je vous entends : "Mais où on va trouver les sous? On est tannés de payer. On est les plus taxés au Canada." Je vous propose la conclusion de l'article en réponse à vos égoïstes commentaires : "On pourrait épargner de l'argent dans l'arrêt des subventions aux écoles privées, la fin des dépassements des coûts des contrats gouvernementaux, l'arrêt du gaspillage érigé en système, de meilleurs contrôles des dépenses des entreprises d'État (Hydro-Québec, Loto-Québec, SAQ et autres babioles). Rangez-vous du côté de vos enfants. Ils savent ce qu'ils font."

Bonne fête des mères.

mardi 8 mai 2012

Faut que le méchant sorte

Permettez-moi donc, encore une fois, de me vider le coeur. D'abord au sujet de l'absence quasi-totale de sens civique que je ne cesse d'observer autour de moi. Je vous passe sous silence (parce que j'en ai déjà trop souvent parlé) le désir irrépressible des gens de faire partager leur choix musical. J'adore le métal. Est-ce que j'impose pour autant ma passion à mon entourage? Que nenni!

Si je vous fais fi de mon indignation à devoir supporter la zizique des autres dans ma cour, je peux toutefois vous fournir d'autres exemples de la merveilleuse société égocentrique dans laquelle nous baignons trop souvent. Ainsi, je demeure encore et toujours estomaquée de voir les fumeurs jeter négligemment cendres et mégots par les vitres de leur voiture en marche. Est-ce que la Terre serait devenue un immense dépotoir? Malheureusement, il semble bien que oui.

Autre preuve d'inconsidération : trois de mes voisins ont tondu leur pelouse dans les derniers jours et aucun n'a eu la force de ramasser l'herbe coupée qui recouvre maintenant le trottoir d'un tapis vert. Pire encore. Mon voisin de droite, dont la pelouse jouxte notre entrée, n'a même pas jugé bon d'au moins balayer les résidus qui sont tombés de notre bord. Faut dire que c'est aussi celui qui met la musique au boutte quand il entre dans son spa extérieur à deux heures du matin!

Mais mon indignation de ce jour, et de tous les autres jours depuis un peu plus de douze semaines en fait, demeure l'attitude méprisante du premier ministre et de sa ministre de l'Éducation à l'égard des étudiants. Pour moi qui suis la mère de deux enfants, cette attitude m'horripile au plus haut point. Je suis véritablement outrée de constater à quel point les jeunes sont, depuis le début, étiquetés comme des non-citoyens. Si tous les parents éduquaient leurs enfants en refusant d'écouter leurs demandes, en n'essayant pas de comprendre leurs besoins, en exigeant toujours mais sans jamais rien concéder, je n'ose imaginer dans quel genre de monde nous serions appelés à vivre. Vraiment, je considère ces deux personnages comme le parfait exemple de très mauvais parents. En plus, ils cautionnent les mesures beaucoup trop drastiques prises par les autorités policières. Ils ne sont donc pas seulement des parents inaptes, mais ils sont aussi des parents violents.

Et là, pour ajouter l'insulte à l'injure, ils concoctent un semblant d'entente dans laquelle les dés sont pipés d'avance. Non seulement les étudiants, qui seront en minorité dans le comité provisoire éventuellement créé pour tenter de trouver des économies dans les budgets des universités, seront incapables de convaincre les quatorze autres interlocuteurs de la nécessité de réduire leurs propres avantages, mais ils doivent retourner auprès de leurs associations avec aucune concession réelle du gouvernement par rapport à l'augmentation des frais de scolarité. Pas étonnant que celles-ci rejettent l'une après l'autre cette entente de dupes!

Croyez-vous entre-temps que nos parents malveillants mettent un peu d'eau dans leur vin? Pas du tout. Le père a choisi de pavoiser, se vantant sans vergogne de les avoir eus à l'usure ces garnements récalcitrants à qui il voulait donner une bonne leçon. Et la mère, elle, tente maladroitement de faire croire que le texte de l'entente n'a pas été modifié après les négociations, et reconnaît du bout de ses lèvres pointus qu'il y a peut-être possibilité de préciser ou de clarifier certains points. Ah! oui, lesquels? Ceux que vous avez délibérément enrobés du langage bureaucratique dont vos sbires ont le secret?

Je suis sans doute trop naïve, ou trop idéaliste, mais maudit que j'aimerais ça que les étudiants tiennent leur bout et que nous, les adultes, leur emboîtions le pas. Le mépris n'a qu'un temps!

dimanche 6 mai 2012

Un peu plus et ça y était ou chronique horticole 2

Aujourd'hui, mon livre sur la méditation m'invitait à accueillir les choses immobiles. Les objets, quoi... Oui, ces affaires que l'on peut frapper sans qu'elles ne ripostent. Évidemment, il ne s'agissait pas ici de se défouler en fessant partout, mais bien d'observer les objets qui nous entourent et que nous ne voyons plus. Ils ont en effet beaucoup à nous apprendre, ne serait-ce que sur le secret de la longévité puisqu'un grand nombre d'entre eux nous survivront après la mort. N'avons-nous pas tous par exemple de ces objets que nous traînons d'un déménagement à l'autre parce que ce sont des souvenirs. Attention à la tasse ébréchée de grand-mère ou à la longue et menaçante épingle à chapeau de tantine! Dans mon cas, j'ai plusieurs choses qui appartenaient à ma mère et, chaque fois que je les utilise, je pense à elle et aux bons moments que nous avons vécus ensemble. Il m'arrive même de m'attendrir en songeant qu'elle a touché à ce bol à salade ou, mieux encore, qu'elle a porté cette paire de boucles d'oreille. Pour les objets-souvenirs, ça peut paraître plus simple de trouver un semblant de sens à partir de leur contemplation. Pour les autres, faut juste les regarder et se remplir de leur tranquille existence. Vous vous doutez bien que je n'en suis pas encore là. De toute façon, je reste toujours sur le même chapitre au moins une semaine histoire d'être certaine d'en garder quelque chose. Je pourrai poursuivre la pratique.

Je ne me suis donc pas attardée tant que ça à l'immobilité finalement étant donné que j'avais décidé de réquisitionner une fois de plus les muscles de l'Homme pour les travaux de jardinage. J'avais comme toujours de grandes ambitions et c'est la raison pour laquelle je m'activais comme une poule pas d'tête. J'aurais voulu tout faire en même temps : nettoyer l'étang avec l'aspirateur, introduire des plantes aquatiques dans le bassin non sans les avoir préalablement transplantées et engraissées, couper les tiges mortes autour des iris à l'aide de mon nouveau-ciseau-de-la-fête-des-mères (j'ai dit à l'Homme que c'est ce que je voulais par-dessus tout et il a gentiment acquiescé à mon désir), retracer les plates-bandes, gratter la pelouse et j'en passe. J'oubliais entre autres le vidage partiel du bassin et son remplissage avec de la nouvelle eau, ainsi que l'installation de la nouvelle pompe. Ouf!

Alors, alors, me voilà à un moment donné en équilibre précaire le long du garage, donc sur le bord très étroit de l'étang, en train d'arracher des hémérocalles envahissantes qui étouffaient une plante dont j'oublie le nom. Faut que je vous explique que, pour me rendre à cet endroit, je dois prendre appui sur les roches plus ou moins grosses qui retiennent la toile de ce côté de l'étang. À un moment donné, la roche sur laquelle j'avais posé mon pied gauche s'est mise à bouger dangereusement. Craignant qu'elle ne glisse dans l'eau et moi avec, j'ai tenté de reprendre mon équilibre pendant que j'étais toujours penchée en avant avec la main droite agrippée à une frêle tige d'hémérocalle vraiment pas secourable. Je n'avais rien pour me retenir sinon la paroi lisse du garage. J'ai vraiment pensé que je faisais le plongeon tuant par le fait même cinq ou six des espiègles. Heureusement, l'Homme n'était pas loin et il est venu à mon secours. En m'agrippant à son bras, j'ai réussi à regagner la terre plus ferme. Sur le coup, j'ai cru que je m'étais foulé le pouce ou même la main tellement j'avais mal. Répondant à mes cris de douleur, l'Homme s'est alors précipité dans la maison pour chercher de la glace. Pendant ce temps, comme je demeurais frustrée de ne pas avoir pu finir ma job de désherbage et que ma main somme toute ne semblait pas vouloir enfler, j'ai décidé de ne faire ni une ni deux, et je suis retournée sur les roches pour arracher les hémérocalles qui restaient. "Veux-tu bien me dire ce que tu fais encore là", me lance l'Homme. "J'imagine que tu n'as plus mal à la main et que je peux retourner serrer la glace", poursuit-il l'air contrarié. "Oui, oui," que je lui rétorque sans même le regarder trop absorbée que je suis dans ma mission. "Apporte-moi plutôt du compost pour que je puisse en mettre autour du plant." J'ai réussi finalement à nettoyer comme je le voulais au grand plaisir des grenouilles et des poissons qui commençaient à avoir hâte que je quitte les lieux.

Vous ai-je dit que mon trio de batraciens est devenu un quintette? Eh! oui, la gang des G était au complet cet après-midi : Gertrude, Georgette, Graziella, Gaston et Gustave. Et j'ai pu flatter Gertrude trois fois sans qu'elle ne coasse d'impatience. J'avais d'ailleurs lu sur Internet que ce type de grenouille est plutôt impassible, donc assez facile d'approche. Sauf quand on menace de les écrapoutir!
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Notes métalliques :
Le Pusher m'a fait découvrir un nouveau groupe vendredi dans sa caverne : Totem. C'est une fille qui chante. J'ai découvert que j'aime vraiment ça les filles qui "growlent". On s'attend à ça des gars, mais quand ce sont des filles, et toutes menues à part ça, c'est vraiment époustouflant. Si ça vous intéresse, y a un lien sur ma page Facebook.

mardi 1 mai 2012

Hymne au printemps ou chronique horticole 1

Au mois de mai, après le dur hiver, je sortirai, bras nus, dans la lumière et lui dirai le salut de la terre... Vois, les fleurs ont recommencé, dans l'étable crient les nouveaux-nés, viens voir la vieille barrière rouillée endimanchée de toiles d'araignée. Les bourgeons sortent de la mort, papillons ont des manteaux d'or, près du ruisseau sont alignées les fées et les crapauds (dans mon cas, les grenouilles) chantent la liberté.

Vous avez reconnu? Une célèbre chanson de notre poète national, Félix Leclerc. C'est à son hymne que je pensais cet après-midi pendant que je travaillais dans les plates-bandes d'en avant. Je voudrais essayer de vous décrire l'odeur qui flottait dans l'air que je n'y arriverais pas. Comme c'était nuageux et qu'il y avait eu de la pluie plus tôt dans la journée, il restait des effluves de bord de mer, d'algues et... de compost. J'ai adoré. Tiens, ça m'a rappelé le thé pu'er que j'aime tant. Me semble qu'il faut avoir les deux pieds bien ancrés pour apprécier le travail à la bêche et cette sorte de thé.

En tout cas, comme première vraie sortie de jardinage, je me suis donnée à fond. C'est merveilleux de pouvoir travailler dehors en plein milieu de la journée quand tout le monde a délaissé le quartier. Pas de bruit autre que celui de la nature. Avec l'Homme, j'ai gratté la pelouse et effectué quelques transplantations, notamment de mon fameux immense pavot que j'avais donné à la voisine à la fin de la saison l'été dernier. Comme mon compagnon se plaît à le répéter, "la nature est généreuse". Le pavot est donc revenu... en double. J'ai décidé de garder les bébés tenaces et je les ai simplement déplacés pour les mettre à un endroit où ils pourront se déployer à leur pleine mesure sans trop nuire aux autres plantes. Ensuite, j'ai surtout débarrassé les vivaces des feuilles et des tiges fanées. J'ai aussi ajouté du compost et j'ai retracé le contour des plates-bandes. À la fin, je ne me sentais plus le dos. Heureusement que demain je vais à la Soupière. Un petit repos avant la poursuite des travaux. Comme me le faisait remarquer ma voisine en venant observer les travaux, "faut vraiment aimer ça le jardinage parce que c'est dur". C'est vrai que c'est exigeant physiquement. Par contre, pour le moral, tu parles d'un remontant. Rien ne vaut le contact avec la terre.
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Notes Facebookiennes :
Je vous parle de Félix, mais je dois vous confesser que j'écoute du métal pendant que j'écris ce blog. C'est que, voyez-vous, autre avantage de ma récente entrée dans le monde de Facebook, c'est le retour du Pusher de métal. Je peux dorénavant recevoir ses suggestions en direct. C'est comme avoir son DJ privé. Est-ce que ce n'est pas là le luxe des luxes?

lundi 30 avril 2012

Enragez-vous qu'ils disaient...

mais, surtout, engagez-vous! Eh! oui, c'est officiel. Aujourd'hui, quelqu'un a déclaré que j'étais enragée. Heureusement, je n'ai pas mordu. C'est que je m'emportais encore une fois à propos du conflit qui perdure entre le "garnement" et les étudiants. J'en ai tellement assez de l'attitude démagogique de nos élus et de leur manque de respect envers les citoyens à part entière que sont les étudiants. De toute façon, ces temps-ci, les "garnements" se suivent et se ressemblent. Tant au Québec qu'au Canada, nos indignes représentants font régulièrement fi des revendications de la population. Rien ne nous est épargné. Le Plan Nord et la vente de nos richesses naturelles. La corruption dans les officines municipales, les cabinets de génie-conseil, les antichambres politiques. Le beau projet de loi de mise en oeuvre du budget que le gouvernement Harper se prépare à passer et qui modifie une soixantaine de lois en catimini dans un document de 400 pages. C'est plus tard que nous réaliserons l'ampleur des dégâts des points de vue notamment de l'environnement, des pêches et de l'immigration. De toute façon, chaque fois que j'ouvre le journal, j'enrage. Des fois, je me dis que je vivrais mieux si j'étais moins informée. En même temps, je refuse de baisser les bras et je continue à entretenir ma conviction (naïveté?) qu'il est possible de faire autrement.

Alors, après la rage, il faut passer à autre chose. Pour moi, c'est l'engagement. Je cherche des actions à poser et aussi des gens avec qui me regrouper pour tenter d'influencer le cours des événements. Comme un autre quelqu'un me le faisait si justement remarquer : "Il ne s'agit plus de la seule question des droits de scolarité, mais bien du genre de société que nous voulons". C'est en plein ce que je pense aussi. Je désespère, toutefois, d'arriver à dénicher le créneau qui va me permettre d'assister à la naissance d'un projet concret qui laissera de côté les idées reçues, les promesses répétées ad nauseam et les arguments fallacieux. Il semble qu'un regroupement de citoyens s'organise pour défiler en silence en fin de semaine afin de dénoncer le sentiment général d'exaspération qui commence sérieusement à tous nous habiter. J'ai bien envie d'y participer, mais, mais, ce n'est pas assez. Il va falloir qu'une de ces journées on se décide à se prendre sérieusement en main.

sommes-nous tous lorsque des élections sont déclenchées? Allons-nous écouter les différents candidats afin de déterminer lesquels sont les plus aptes à nous représenter? Prenons-nous même le temps de lire les programmes des partis? Exerçons-nous notre droit de vote? Et que dire de la possibilité de s'investir personnellement pour prêter main forte à notre équipe préférée? Je le fais maintenant car je regrette encore de ne pas l'avoir fait lors du dernier référendum. Cela n'aurait sans doute rien changé au résultat final mais, au moins, j'aurais pu me consoler en me disant que j'avais fait tout ce qui est humainement possible.

Seule, je ne suis rien. Ensemble, je peux tout.
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Notes Facebookiennes :
Jusqu'à présent, rien que du positif. Des grandes retrouvailles notamment avec Scott Awesome, mon fils adoptif. J'en suis encore toute retournée.

dimanche 29 avril 2012

La néandertale dépassée

Grande décision prise cette semaine, soit celle de joindre le troupeau des abonnés à Facebook. Pour quelle raison? Parce qu'il semble bien que mes amis jeunes peinent dorénavant à utiliser les antiques moyens de communication que sont le téléphone et le courriel. Je commençais franchement à me sentir de plus en plus déconnectée de leur vie et je voulais continuer à en faire partie. C'est ainsi que j'ai fait fi de ma longue résistance à me lancer dans cette nouvelle aventure technologique et que j'ai plongé.

Avec l'aide de mon jeune patron de la Soupière, j'ai donc ouvert mon compte. Première constatation : trop d'infos en même temps. J'en étais étourdie. Toutes ces fenêtres ouvertes sur un monde que je pensais découvrir tranquillement pas vite. Aye, la vieille, réveille! Le monde bouge, et il bouge à la nanoseconde. Me voilà devant un écran que je n'arrive pas à saisir. D'un côté, les amis. Amis que je peux qualifier, semble-t-il, de proches ou d'éloignés, ou encore faire entrer dans des groupes ou catégories. Pour le moment, je ne sais pas trop comment même demander à ceux que je trouve de faire partie de mon répertoire techno. De l'autre, le menu. Alléchant? Je ne sais trop car je demeure bouche bée devant les libellés qui m'invitent à faire plein de choses dont je n'ai encore aucune idée de leur utilité. Et que dire du fil d'actualités à l'aide duquel je peux suivre pas à pas les pérégrinations de tout le monde accompagnées de notes courtes ou longues, sibyllines ou crues à en faire peur.

J'ai eu envie de tout quitter. De fermer le compte et de retourner dans mon milieu pépère de retraitée technologiquement handicapée. Je trouvais ça dommage mais je me disais que j'avais mieux à faire que d'augmenter ma tension artérielle en essayant de courir à une vitesse que je n'atteindrais probablement jamais. J'ai finalement décidé d'attendre au lendemain. Vous savez, à mon âge, une bonne nuit de sommeil fait parfois des miracles.

Samedi matin, j'ai donc rouvert l'ordi pour constater entre autres que j'avais reçu dans mon courriel des notifications m'annonçant que j'avais de nouveaux amis. J'ai risqué une incursion sur ma page Facebook et j'ai commencé à explorer les différentes fonctions. J'ai notamment réussi à changer ma photo par mon moi-même. Un bel exploit juste là! J'ai aussi rajouter des détails sur mes goûts. Au début, je trouvais ça un peu ridicule mais maintenant je trouve que ça donne une image de qui je suis. C'est sûr que mon entrée récente m'empêche de bien évaluer les avantages et les inconvénients de ce moyen de communication. Je vais prendre le temps de voir et d'expérimenter. D'ici là, je vais tenter d'établir un lien entre le blog et Facebook.

Juste pour l'anecdote, avant de clore ce message, je vous informe que je n'ai pas pu résister ce matin à l'envie de publier sur mon mur une réflexion sur la grève étudiante qui m'a valu, presque instantanément, une mention "J'aime". J'ai eu alors l'impression de vivre au même rythme que ma nouvelle communauté. C'est quand même bien, non?