mercredi 15 avril 2009

Être ou ne pas être lue

À Yosterdude

Aujourd'hui encore l'inspiration n'était pas au rendez-vous. J'avais donc décidé de ne pas écrire. En plus, comme je n'étais pas allée marcher, parce que soir d'épicerie, je ne me sentais pas l'âme bloggeuse. En effet, je ne sais pas trop comment expliquer la façon dont la marche agit sur mes neurones, mais elle semble jouer le rôle d'un catalyseur d'énergie qui vient libérer ma créativité.

Dans tous les cas, j'étais au mode passif quand l'Homme a fait soudainement irruption dans ma chambre en me disant : "Tu as lu le commentaire de Yosterdude? C'était super bien et il parle même d'aller prendre une bière avec toi". "Qu'est-ce que tu racontes là", lui ai-je répondu. "Si c'est une blague, elle n'est pas drôle". Je ne le croyais pas pour la simple raison que, depuis quelques semaines, mon pusher de metal n'a pas vraiment le temps de commenter mon blog. Vous savez, il ne s'occupe pas seulement de la livraison de sa marchandise. Il verse également dans la prestation de services en prêtant entre autres ses cordes vocales pour élargir sa clientèle. Bref, je suis en manque. J'écoute encore et toujours du metal en marchant, mais je suis en période de sevrage des interventions du Pusher. Vous comprendrez donc mon énervement quand je suis retombée de plain-pied dans ma dépendance.

Le vif plaisir que j'ai ressenti à lire le plus récent message de Yosterdude m'a fait réaliser que je n'écris pas seulement parce que j'aime ça. J'écris aussi pour être lue sinon j'aurais choisi la formule du journal intime avec un cadenas. Je ne sais trop pourquoi j'hésitais à me l'avouer, surtout que j'aurais dû avoir de forts doutes quand j'ai décidé de mettre mon blog sur la grande toile!

Ce que je recherche, ce n'est pas tant l'approbation que la satisfaction de viser juste. Pour moi, une chronique, c'est un feu d'artifice lancé dans le ciel. Je ne sais trop quel effet il va produire mais j'espère toujours voir une longue traînée aux couleurs multicolores. Et si cela a ébloui quelque peu, mon but est atteint. En cela, vos réactions, chers lecteurs, deviennent pour moi les "Oh!" et les "Ah!" que l'on pousse devant le ciel soudainement éclairé par tous les feux qui l'envahissent.

Mais je veux revenir à Yosterdude et à ses commentaires pour souligner son courage d'être vrai. Comme une personne du petit monde de la Marcheuse urbaine me le faisait remarquer dernièrement en parlant de mon blog, il faut du courage pour étaler ses états d'âme sur la place publique. Mais, en même temps, on apprend beaucoup sur soi et sur les autres. Et je dois te dire, cher Pusher de metal, que tes messages m'ont permis de découvrir un être à la fois sensible et rebelle. C'est une combinaison qui me plaît... allez savoir pourquoi!

mardi 14 avril 2009

Coeur en panne

Au Fils

C'est un peu la panne sèche ce soir. Rien de bien intéressant à signaler pour ce retour sur le front après quatre jours de permission. J'ai retrouvé les mêmes écueils peinturés sur le même paysage quotidien. Vous allez rire mais, en relisant la phrase précédente, je viens de constater que j'ai commis un lapsus significatif dans ma tête. Oui, oui, c'est une première je crois pour moi. Bon, comme c'était dans ma tête, il faut maintenant que je vous récrive la phrase telle que je me la suis prononcée en faisant ce lapsus sinon vous ne comprendrez pas mon sourire intérieur. J'ai donc relu dans ma tête : "J'ai retrouvé les mêmes écueils peinturés sur le même paysage canadien." Ceux qui me connaissent et qui me décodent apparemment sans aucune difficulté (celle-là elle est pour toi ami de l'Ami) ont tout compris. Pour les autres, l'éthique professionnelle m'empêche de m'enfoncer davantage en territoire ennemi.

Comme je le disais donc avant de divaguer, c'est la panne d'inspiration. J'ai eu beau écouter les gens dans l'autobus, les collègues de travail, l'Ami, l'Homme et la Fille, rien n'a particulièrement retenu mon attention. J'ai lu les journaux sur Internet. Encore là, niet. Je vous entends me dire qu'il se passe quand même des choses dans le monde. Je vous le concède volontiers, seulement ces choses ne présentaient aucun intérêt pour moi aujourd'hui. Serait-ce qu'avec l'inspiration, s'en est allée également l'insurrection qui m'habite ordinairement?

J'attribue cette sécheresse momentanée à deux choses : le départ du Fils pour Montréal et la liste d'épicerie. Il y a peut-être un lien entre les deux mais je n'en suis pas du tout certaine. Parlons d'abord du Fils. J'ai toujours un coup de cafard quand il retourne dans ses quartiers. Ça ne sert à rien mais quand il revient occuper sa chambre et que je le vois penché sur son bureau de travail ou que je l'entends taper sur son clavier d'ordinateur, c'est comme si tout revenait à la normale. Le compte est bon. Nous sommes là tous les quatre et c'est tout ce qui importe pour mon coeur de mère. Je sais, je sais que les oiseaux doivent quitter le nid. Mais est-ce qu'ils doivent absolument aussi quitter l'arbre? Que dis-je, la forêt?

Et pour en revenir à cette satanée liste d'épicerie, qui est aussi dans mon cas une liste des plats que je compte cuisiner dans les deux prochaines semaines, j'aimerais ne plus manger jamais pour ne plus me taper cette corvée. Et j'aurais aussi aimé ne pas avoir autant aimé pour que les départs fassent moins mal.
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Notes pédestres : Température agréable, beau soleil, mais foutu genou qui m'empêche de me donner à fond!

lundi 13 avril 2009

Le troisième jour, elle est ressuscitée....ou presque

À cause de la Fille, je ne suis pas ressuscitée. Je vous explique. La Fille, qui pose toujours des tas de questions, s'interrogeait ces derniers jours sur la différence entre les mots "résurrection" et "insurrection". J'ai pensé que je m'en étais assez bien sortie en lui expliquant que le premier suppose une renaissance et l'autre une révolte. Voilà qui avait le mérite d'être clair, net et précis. Cela a semblé contenté la Fille. Moi ça m'obsède.

C'est que, depuis cette conversation, je ne sais plus trop bien si je veux m'insurger ou ressusciter. Je n'arrête pas d'examiner ces deux concepts, de les soupeser, de les décortiquer. D'après mes conclusions préliminaires, je crois qu'il faudrait d'abord que j'arrête de me révolter avant de penser à renaître. Ce qui complique les choses, cependant, c'est ma propension à trouver presque chaque jour des raisons pour protester. Il m'apparaît donc vain à cause de cela de même songer à vivre le repos dont j'aurais besoin pour envisager de ressusciter en paix.

Poussant ma réflexion plus loin, je me suis jetée dans l'analogie de la Résurrection, celle avec un grand "R". Dans ce cas, est-ce qu'il n'a pas fallu que le Ressuscité avec un grand "R" meure pour renaître à la vie? D'accord. Cela veut peut-être dire qu'il faut accepter de mourir à nos révoltes pour être en mesure de ressusciter. Je fais un pas de plus dans la Foi et je tombe dans le lâcher prise, que je préfère, et de loin, à l'idée de l'abandon pur et simple. C'est plus fort que moi, je vois dans le lâcher prise quelque chose de plus noble, de plus difficile à atteindre et, ô méandre intellectuel tortueux, de moins lâche!

Je suis fermement convaincue, en effet, qu'il faut beaucoup, beaucoup de courage pour laisser le gouvernail et accepter de changer de cap au besoin. Comme il faut aussi beaucoup de courage pour reconnaître que l'on s'est trompé. Ou qu'on ne peut pas tout changer. Ou qu'on a perdu. Ce constat m'apaise et m'irrite tout à la fois. C'est sans doute la raison pour laquelle j'ai un parcours aussi sinueux. Et c'est aussi ce qui explique que je ne suis pas encore ressuscitée. Je ne suis pas morte à mon désir de me battre et d'essayer de faire bouger les choses. Ni à mon désir de réveiller le monde à l'horreur et à l'injustice. Avec un peu d'aide céleste pour rendre mon combat moins épuisant, qui sait? Je vais peut-être donner à l'insurgée la capacité de ressusciter sans être trop maganée.
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Notes pédestres : Finalement, le soleil... de quoi avoir envie de renaître!

lundi 6 avril 2009

Nostalgie quand tu nous tiens

Rocco Morabito est mort hier à l'âge de 88 ans. Qui est-il vous demandez-vous sans doute comme je l'ai fait ce matin en prenant connaissance de la nouvelle sur le blog de Patrick Lagacé sur Cyberpresse? Eh! bien, figurez-vous qu'il s'agit d'un photographe américain couronné du Prix Pulitzer en 1968 pour la photographie tout à fait extraordinaire qu'il a prise d'un monteur de ligne en train de donner le bouche-à-bouche à un collègue foudroyé par une décharge électrique. Voici le lien si cela vous intéresse de voir la photo en question : http://blogues.cyberpresse.ca/lagace/?p=70722722.

En prenant connaissance de sa biographie, je me suis retrouvée littéralement plongée dans l'Amérique de Papa a raison (je vous avertis tout de suite, c'est une chronique de vieux. Les autres, je vous invite à faire un peu de recherche sur Google). Ce monsieur a eu trois enfants, il a fait la Deuxième Guerre, il a travaillé pendant 42 ans pour le même journal et il a joué au golf. Bon, bon, je raccourcis un peu mais ça m'a donné un coup de nostalgie pour la journée. Ça m'a ramené tout droit aux années 60 et 70, celles qui ont bercé mon enfance. Je me suis même surprise à me dire que tout semblait tellement plus simple dans ces années-là. Je sais, l'Ami, j'entends déjà ta voix qui me dit qu'il ne faut pas rester accroché au passé et que les choses, à cette époque-là, étaient différentes mais pas mieux ni pires qu'aujourd'hui.

Peut-être... mais chez nous, à Arvida, au Saguenay, sur la rue Bergeron où j'habitais, la vie s'écoulait pas mal pareille d'une saison à l'autre. Et là, au printemps, c'était le temps de l'année où on sortait les cordes à danser, les balles bleu-blanc-rouge, les bicyclettes, et où on jouait dehors des heures durant. On s'ennuyait rarement car il y avait toujours des amis pas loin. Une famille de trois enfants, comme la nôtre, c'était pas mal ce qui se faisait de plus petit!

La plupart du temps on jouait gars et filles ensemble. Les gars acceptaient de tourner nos cordes à danser et ils se risquaient même parfois à nous accompagner dans nos "sauteries". On faisait des rondes et on chantait "Trois fois passera, la première ou la dernière, trois fois passera, la dernière y restera". On jouait à la cachette et on utilisait le lampadaire du rond-point pour compter. Jouer dans la rue ne posait aucun problème puisqu'il n'y avait à peu près aucune circulation dans le cul-de-sac où nous habitions. Je me souviens qu'on avait le droit de jouer dehors jusqu'à ce qu'il fasse noir. Et la règle à suivre, pour l'heure de la rentrée, était sensiblement la même pour toutes les familles : il fallait se pointer à la maison dès qu'on voyait la lumière de la galerie s'allumer.

Nous adorions le printemps car il annonçait les vacances prochaines. Il n'y avait plus que deux mois à patienter et c'était la liberté totale jusqu'en septembre. Dans ce temps-là, les camps d'été et les vacances organisées ce n'étaient pas la mode car nos mères restaient à la maison. On pouvait donc se lever tard le matin et niaiser ensuite toute la journée si on voulait. Mais, en général, on savait s'occuper. De toute façon, une fois qu'on était sorti de la maison, nos mères ne voulaient plus vraiment nous voir avant le souper!

Je me rappelle qu'on se faisait des pique-nique qu'on allait manger dans les petits boisés ou dans les parcs des alentours. On cueillait des bleuets et des framboises, parfois aussi de petites fraises des champs. Et on allait aux noisettes. Ça c'était une expédition qu'on faisait le plus souvent avec les gars car il fallait aller dans le bois et savoir où étaient les "talles" à noisettes. Il fallait aussi porter des gants pour ne pas revenir les mains toutes écorchées et des vêtements longs. Enfin, c'était important d'avoir des sacs de patates en jute pour ramener notre butin. Pour manger les noisettes, il fallait d'abord les abattre, c'est-à-dire frapper le sac en jute sur le sol avec vigueur pour briser l'écorce piquante. On faisait ça dans la rue et c'est là aussi qu'on les nettoyait assis sur les chaînes de trottoir. C'était long nettoyer des noisettes! Je me souviens que, lorsqu'on rentrait à la maison avec notre bocal rempli, papa était toujours un des premiers à goûter à ces petits délices. Les mères de mes amis, qui cuisinaient plus que la mienne, faisaient souvent du sucre à la crème avec des noisettes. C'était délicieux... et bio!

Je pourrais aussi vous parler du plaisir qu'on avait à jouer à la marelle, qu'on appelait chez nous "carré à vitre". Encore une fois, on dessinait le carré directement dans la rue en utilisant, en guise de craies, des morceaux de gyproc qu'on ne sortait de je ne sais trop où. On a passé aussi des étés à jouer au tennis (il y avait plusieurs terrains tout près de chez nous), au ballon-volant et au badminton (papa nous avait installé un filet dans le parterre en arrière de la maison).

Mais pour moi, les vacances, c'était principalement un temps privilégié pour lire avec avidité. Je me rappelle que je lisais parfois toute la nuit avec comme unique bruit de fond les cigales qui chantaient dans le champ en arrière de la maison. Des fois maman se levait pour aller aux toilettes, comme je le fais maintenant à mon tour, et, en voyant la lumière encore allumée dans ma chambre, elle entrouvrait la porte pour me dire : "Tu devrais te coucher là, il commence à être tard". Et elle repartait. Elle avait fait son devoir de mère. Elle ne revenait jamais une deuxième fois. J'étais en vacances après tout.

Ça sentait tellement bon l'insouciance de ma jeunesse... c'est un parfum que je n'oublierai jamais.

samedi 4 avril 2009

Toute la pluie

Journée tristounette pour la Marcheuse urbaine. De la pluie et encore de la pluie. Il me semble que ça déborde de partout. La Fille a raison. J'ai un double rapport avec la pluie. Des fois, je la trouve si belle que j'aime à la contempler en direct. Dans ces moments-là, je sors sur le balcon, parfois même je m'y assois et je regarde le ciel se déverser. Mais il arrive aussi qu'elle jette vraiment une douche froide sur mon moral.

Je l'aime surtout quand elle se déguise en gros orage d'été. Parce qu'on la voit venir. Il fait beau soleil. Il fait chaud. La vie se vit sous le signe de l'insouciance. Puis, tout à coup, la lumière pâlit. De gros nuages noirs s'amoncellent au-dessus de nos têtes. Habituellement, Éole se met aussi de la partie et il balaie tout sur son passage. C'est le temps de rentrer précipitamment les coussins des chaises de jardin, les verres de limonade (ou d'autres boissons estivales), le linge sur la corde. Et quand tout est à l'abri, c'est là que je risque l'exposition. J'avoue que le tonnerre me fait toujours un peu sursauter. Quant aux éclairs, je ne voudrais pas avoir à m'y frotter. Par contre, je suis toujours aussi admirative et respectueuse tout à la fois devant la nature déchaînée. C'est surtout le grand soupir de soulagement que je recherche et que j'attends. Dès les premières gouttes, on sent tout de suite que la respiration devient plus facile. C'est le trop plein qui se vide. Comme c'est bon!

Et, vous l'aurez deviné, c'est lorsqu'elle s'éternise, qu'elle nous colle son humidité à la peau que la pluie m'entraîne à sa dérive. Je déteste les journées sans lumière. Et la pluie du printemps, tout comme celle de l'automne, se nourrit de l'ombre. Monochrome, elle promène son gris taciturne sur le paysage au complet. Tellement, qu'on ne sait plus trop si c'est l'après-midi ou le soir. L'éclairage (ou devrais-je dire l'absence d') ne change pas.

J'ai donc passé toute la journée en pyjama. Ou bien toute la nuit? Je ne sais plus trop. Je m'étiole, comme dirait le Grand Pierre, et sans sentiments humains... du moins jusqu'à mardi.
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Les fans du Grand Pierre n'ont pas besoin d'explications. Les autres, je vous conseille de visiter le site http://pierrelapointe.com/.

jeudi 2 avril 2009

Tic-tic... boum!

Lorsque la bombe à retardement que nous portons en chacun de nous se met en marche brusquement et laisse entendre un tic-tic un peu trop bruyant à mon goût, je perds pied. Littéralement. Et tout ce que je crois avoir acquis s'écroule comme un vulgaire château de cartes et tout ce que je considère comme allant de soi perd soudainement son sens. Je me sens entraînée dans un gouffre sans fond et je ne peux ralentir ma plongée. C'est l'incertitude, c'est l'angoisse, c'est la panique. Je la vois avec sa faucille. Elle nous attend tous... inéluctablement.

J'essaie bien de la braver en lui faisant parfois des pieds de nez genre "Eh! ça t'intéressera peut-être d'apprendre que je suis allée passer une mammographie et que je n'ai rien, na na na na nère". Elle ne bronche pas. Et mon sourire se transforme bien vite en une pauvre grimace pathétique. Elle sait qu'elle va gagner... tôt ou tard.

Qu'est-ce que je peux faire en attendant? L'ignorer le plus possible. Et vivre à plein. Ce qui revient à apprécier chaque précieuse minute qui m'est donnée. Ce qui signifie aussi que je dois apprendre à lâcher prise. Laisser aller les tracas futiles, les contrariétés insignifiantes, les exigences inutiles. Car lorsqu'on prend du recul pour admirer l'ensemble du paysage, on se fout pas mal du brin d'herbe qui manque.

Ne pas y penser ne dure cependant qu'un temps. Plus les années passent, plus il m'apparaît utile de changer de tactique et de tenter de l'apprivoiser. Par exemple, il me semble que lorsque j'en ris, ça a l'air moins dramatique ou en tout cas que ça fait moins mal. Si je tourne autour et que je l'examine de plus près, j'apprends aussi à connaître mon adversaire. Encore là, c'est plus facile à faire quand on ne sent pas son souffle chaud dans notre cou.

Je ne sais pas ce que je vais faire quand je ne serai pas capable de désamorcer la bombe et que la grande avec sa faucille va se mettre à ricaner. Je ne sais pas mais, en attendant, tout ce j'ai envie de lui dire c'est "Fuck You!" pour avoir osé t'attaquer à deux de mes collègues.
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Notes pédestres : J'ai marché de façon tellement consciente que je crois avoir senti chaque petite roche du trottoir. Et grâce au metal, j'ai libéré mon âme!

mercredi 1 avril 2009

C'était un p'tit bonheur

Aujourd'hui, en lisant mon blog, ma grande amie L. m'a dit : "C'est drôle, toi, tu écris sur des choses qui ont l'air de rien et pourtant, dans tes mots, elles se transforment et prennent un tout autre visage." C'est vrai que j'aime observer et m'arrêter aux détails. J'aime surtout me laisser surprendre par la vie au quotidien.

Je n'ai pas toujours pensé ainsi. Quand j'étais, disons, moins consciente et enracinée, je ne voyais pas ce qui se passait autour de moi car j'attendais d'être confrontée à l'extraordinaire. Il faut bien avouer que c'est plutôt à l'ordinaire que l'on se frotte le plus souvent. Et si on est incapable de voir l'extraordinaire dans l'ordinaire, on se prépare de longues périodes de calme plat ou d'ennui mortel.

Toujours à cette époque "d'inconscience", j'avais eu l'idée de faire une liste de 40 choses qui m'apportaient du bonheur. Serez-vous surpris si je vous dis qu'écrire était en 37e position et prendre les mesures nécessaires pour être bien dans ma peau arrivait en dernier?! C'était en 1992. C'est bon parfois de se rendre compte du chemin parcouru...

Mais pour revenir à ma liste, je constate qu'elle incluait surtout de petits riens, comme étendre mon linge sur la corde, regarder la lune par la fenêtre de ma chambre, entrer dans une bibliothèque, m'asseoir dehors pour regarder la pluie tomber, marcher le matin pour me rendre à l'arrêt d'autobus. Ce sont tous encore de petits bonheurs que je savoure. Il y avait aussi plusieurs points qui touchaient les enfants, par exemple leur lire des histoires, les bercer et répondre à leurs multiples questions. Comme je suis contente d'avoir pris le temps de m'arrêter pour me rendre compte du plaisir que j'éprouvais à faire ces "petites choses".

Et si je refaisais une liste maintenant? J'imagine que je parlerais de la Marcheuse urbaine et de son blog. Le jardinage prendrait aussi plus de place. J'ajouterais le plaisir d'avoir des mangeoires pour les oiseaux (merci l'Homme de les remplir aussi religieusement). Je n'oublierais pas mes journées Mère-Fille qui me permettent d'emmagasiner tellement de beaux souvenirs, ni mes escapades avec l'Homme à Montréal pour voir le Fils. C'est encore difficile d'accepter ce départ mais ça permet de réaliser de petits voyages vraiment très agréables. Et que dire de mes conversations presque quotidiennes avec l'Ami? Je ne saurais m'en passer. Il faudrait aussi que je parle des fois où l'Homme et moi allons petit déjeuner au marché ou assister à un concert de musique classique. Et aussi du plaisir à trouver une définition coriace dans les mots croisés de La Presse. Ou encore de l'odeur de la soupe qui mijote ou des muffins qui sortent du four. Et discuter fort et rire autour d'un bon repas.

Les p'tits bonheurs sont infinis...