mardi 9 février 2010

Sucre et adrénaline

Rapide... très, très rapide blog. Il est tard. Demain, je ne serai pas du monde!

Juste un mot pour vous dire qu'après avoir dormi tout le trajet d'autobus entre le bureau et la maison après le travail, je n'avais qu'une envie : m'écraser devant la télévision jusqu'à l'heure de la réunion que j'avais ce soir. Changement de programme radical après avoir pris une bolée d'air frais. Je ne pouvais pas ne pas aller marcher. Je ne me suis jamais changée aussi vite. En quinze minutes, j'avais nourri les chats et j'étais dehors en train de respirer à pleins poumons.

C'était, c'était extraordinairement vivifiant. Il faisait tellement beau. On aurait presque dit le printemps. Et aucun vent. Et, à part quelques plaques de glace, de beaux trottoirs comme je les aime. Et le bonheur de me sentir en vie et en forme!

J'avais choisi pour m'accompagner dans ce paradisiaque moment une livraison du Pusher qui datait (la livraison, pas le Pusher bien sûr!). Quel plaisir donc de réécouter Bullet for my Valentine, Born of Osiris, Blood Simple et Bless the Fall! Dommage que je n'aie pas pris le temps de sauter sur un banc de parc pour exprimer encore davantage mon énergie débordante.

Se pourrait-il que le chocolat noir à 72 % de cacao acheté ce midi et ingurgité peu de temps après ait produit une explosion dans mes cellules? En tout cas, j'étais chargée à bloc!

lundi 8 février 2010

La violence banale

Je vous écris ce message en attendant que l'émission 24 commence. Je ne sais pas pourquoi je continue à faire monter ma pression ainsi tous les lundis soirs. Même après plusieurs saisons, je ne m'habitue pas aux interrogatoires expéditifs, aux empoisonnements à cause de l'exposition à des matières radioactives, aux tortures raffinées ou brutales, aux traîtres de tout acabit, aux meurtres en série. C'est sûr, l'intrigue est bonne. Moins surprenante qu'elle l'a déjà été à ses débuts, mais assez intéressante encore pour garder le spectateur sur le bout de sa chaise.

Je crois que c'est la violence qui me dérange le plus. Même si je sais que c'est arrangé avec le "gars des vues", je suis incapable de garder une distance. Je ferme les yeux ou je regarde au plafond. J'attends que les cris cessent. J'espère que le sang a commencé à coaguler. Bref, selon le Fils, je manque les meilleures scènes. Mais je m'en fous. Chus pas capable!

C'est comme Dexter, cette émission qui porte sur un psychopathe qui tue des meurtriers. Et le Pusher et le Fils me disent qu'ils aiment bien. En fait, le Pusher aime beaucoup. Alors, pour leur faire plaisir et aussi pour comprendre les méandres de leur cortex, j'ai essayé d'écouter la première émission de la première saison. Je l'ai fait aussi parce que je connais très bien l'acteur principal que j'adorais dans la série Six Feet Under. Il doit d'ailleurs être encore très bon car il a remporté plus d'un prix pour son rôle dans cette morbide émission.

Déjà, dès les premières séquences, je constate que je vais avoir besoin de respirer un bon coup et d'enfiler quelques calmants. Je sais bien que ça commence seulement par un presque étranglement, suivi d'images sur des cadavres de jeunes enfants déterrés pour rappeler ses crimes au meurtrier, et d'un gros plan sur le visage du gars dont Dexter veut se débarrasser et sur sa joue qu'il coupe avec un couteau. J'ai mis tout ça sur pause. J'en avais des sueurs froides. Quand j'ai raconté ça au Fils, il m'a dit : "T'aurais pas dû arrêter là. Quelques minutes plus tard, ça devenait psychologique". Je veux bien moi, mais qui va me soigner à la fin de l'épisode quand je serai gaga dans mon fauteuil? Là, ça va devenir psychologique!!!

dimanche 7 février 2010

Ça rime à quoi

Je suis allée chercher aujourd'hui à la librairie le dictionnaire de rimes que j'avais commandé il y a quelques semaines et que j'avais oublié d'aller récupérer. À ce propos, anecdote amusante. Après avoir écouté l'aveu de mon amnésie partielle, la préposée me raconte justement qu'une dame s'est présentée récemment en déclarant : "Je suis venue acheter un livre mais je ne me souviens plus du titre". Ce à quoi la préposée a répondu : "Est-ce que ce serait Comment tripler votre mémoire après 50 ans?" Et la dame de s'exclamer : "Oui, oui, c'est le livre que je voulais". Est-il besoin d'en dire plus?

Bon, pour en revenir aux rimes et à mon très beau dictionnaire de la collection Les Usuels du Robert chaudement recommandé par l'Ami et avec raison, je me sens un peu embarrassée. C'est que mes deux derniers poèmes, pondus tout frais d'hier, étaient encore une fois en anglais. Je crois bien que je n'aurai pas le choix. Je vais également devoir me procurer le même type d'ouvrage, mais dans la langue de Shakespeare.

J'ai quand même pris le temps de feuilleter mon nouvel outil pour voir un peu de quelle façon il présente la chose. J'ai bien rigolé. C'est que, pour aider le rimeur amateur, le dictionnaire pousse la gentillesse jusqu'à présenter des citations de poèmes et de chansons. Il semble y en avoir pour tous les goûts. Ainsi, je tombe tout à fait par hasard(!!) dans la section des mots qui se terminent en -erme. Attachez vos tuques avec d'la broche :

Ce fut un amant dans toute la force du terme :
Il avait connu toute la chair, infâme ou vierge,
Et la profondeur monstrueuse d'un épiderme,
Et le sang d'un coeur, cire vermeille pour son cierge!
(Paul Verlaine, Un conte)

Moi je suis le téton et vous le sperme,
dans cette comédie au goût rectal.
Ô cadavre lettré, mettons un terme
à la littérature, notre mal!
(Alain Bosquet, Douteux poète...)

J'adore. Allons-y justement pour des rimes en -ore :

Pourquoi le sable du désert
pourquoi l'essor
et pourquoi la chute d'Icare
pourquoi les ports
pourquoi les gares
pourquoi la mort
qui se prépare
et pourquoi le vide empli jusqu'aux bords?
(Luc Estang, Du vide)

Vous ne trouvez pas que ça donne envie d'en lire plus sur certains de ces auteurs? En tout cas, cela avive certainement l'intérêt pour l'art de la poésie. Voyez plutôt :

Je dois arrêter là mon exploration créatrice
jusqu'à ce que je doive à mon tour
chercher une rime pour mettre fin au supplice
du poète incapable de terminer son discours!
(La Marcheuse urbaine)
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Notes pédestres : Un soleil radieux pour une deuxième journée de suite. Mon âme se réchauffe sous les rayons bienfaiteurs. Le vent était à écorner les boeufs mais, grâce au capuchon, les oreilles sont restées en place. Petite incursion dans le cimetière en passant. Tout était comme hier au point mort.

samedi 6 février 2010

Pour bien "perler"

Je fais des mots croisés. Presque tous les jours. Ça me vient de ma mère. Je la revois encore penchée sur la table de la cuisine. J'étais fascinée par la vitesse avec laquelle elle remplissait ces petites cases. Je me souviens, dans ce temps-là, avoir tenté en cachette de trouver la réponse à au moins une définition. Peine perdue. La grande majorité des indices ne me disaient absolument rien. Je comprenais encore moins les allusions parfois un peu tordues du concepteur. Comme disait d'ailleurs ma mère à son sujet : "Les Hannequart, ce sont les plus cochons". Aujourd'hui, je la comprends. Je ne sais pas combien de fois, après m'être désespérément creusée les méninges pour trouver la solution, je me suis exclamée : "C'est écoeurant. Ça s'peut pas où il va chercher ça!"

Je suis assez fière de constater que j'ai transmis ma passion des cases noires et blanches à la Fille. Pour elle, ça a été comme pour moi. Elle me voyait régulièrement plancher sur ces énigmes et maugréer quand je n'arrivais pas à les élucider. Un jour, elle m'a demandé comment ça marchait et elle a commencé à s'intéresser à la chose. Au début, elle acceptait facilement mon aide. Puis, quand elle est devenue plus habile, elle s'est mise à la refuser carrément... sauf quand elle se retrouvait devant un problème insoluble. J'avais alors le droit non pas de lui donner la réponse mais plutôt des indices devant la mener à trouver la réponse en question. Il paraît que je n'étais pas très bonne dans la suggestion car j'étais trop évidente dans mes énoncés et cela devenait comme si je lui soufflais la réponse et, vous l'avez sûrement déjà compris, cela mettait la Fille complètement en rogne. Le même phénomène, c'est-à-dire celui de la naissance d'un autre cruciverbiste, s'est produit pour l'Homme. Pour le moment, toutefois, ce dernier accepte encore que je lui vienne en aide. J'adore quand il s'exclame : "Mais comment ça se fait que tu sais ça?" Ça flatte toujours un peu mon ego. Et pourquoi pas?

Tout ça pour dire que la section "Amusez-vous!" du journal La Presse est fortement sollicitée à la maison. Il a même fallu établir des règles. La Fille fait les Mots fléchés, l'Homme les Mots croisés et moi les Mots croisés PLUS. Et on a le droit d'intervenir dans les plates-bandes des autres uniquement lorsqu'ils ont déclaré forfait. Ça vous tente de voir quels sont les mots fort utiles qu'on peut apprendre en faisant des mots croisés pour essayer ensuite de les ploguer dans une conversation? Voyez donc.

Tout d'abord l'art de la guerre. À l'époque médiévale, on se protégeait avec un écu (bouclier) et, à la Grèce antique, on tentait de se prémunir contre les blessures aux jambes en utilisant des cnémides (prononcer "knémides"). Et que dire de l'ypérite, liquide huileux utilisé pour la première fois en 1917 comme gaz de combat suffocant? Avouez que ça se place bien dans un 5 à 7!

Mettons que tous les vaillants guerriers du paragraphe précédent ont été occis. Il ne nous restera qu'à assister à leur obit, service religieux qui sera célébré à la date anniversaire de leur mort, et à nous recueillir devant leur orant ou statue funéraire.

Trop morbide? Passons donc à la cuisine et régalons-nous de délicieux nems (crêpes vietnamiennes), de savoureux acras (boulettes de morue antillaises) ou d'un immense tian (gratin de légumes provençal).

La faune et la flore sont également des thèmes prisés dans les mots croisés. Ainsi, j'ai appris ce matin que le sanglier habite en bauge, que l'iule, ce mille-pattes au corps cylindrique, est un arthropode, et que l'exocet est un poisson-volant. Dans un paysage bucolique, l'inule ou aunée vient ajouter de petites taches jaunes tout comme l'ive ou ivette.

Et je vous laisse en vous apprenant que j'ai fait le ménage dans mon brouillamini en me débarrassant de tous mes brimborions. Bon, c'est pas tout ça, faut que j'aille prendre quelque chose pour mon mal de tête.
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Notes pédestres : Quelle journée magnifique! Un ciel hiémal (un reste de mots croisés!) d'un bleu parfait, un soleil radieux et des trottoirs dégagés à perte de vue. C'était ce que j'appelle une journée franche parce qu'absente de zones grises. Je vibrais en marchant. C'est pourquoi, arrivée dans le parc de l'école, je n'ai pas pu résister à grimper sur un des bancs en bois et là, sur le rythme endiablé de Thou Shall Not Fear de Lazarus, j'ai tenté quelques pas de danse. J'crois pas que ça s'danse vraiment alors j'ai donné quelques bons coups de tête en suivant la musique et cela était beau et bon!

vendredi 5 février 2010

M'écoutes-tu?

Ah! les parents. Nos élites gouvernementales peuvent bien se sentir obligées de fabriquer des commerciaux pour les inciter à être davantage présents à leurs enfants. Voici deux observations recueillies aujourd'hui.

Je suis dans la salle d'attente de la clinique médicale. À côté de moi, un papa, une maman et leur petit garçon d'environ six ans. Ça fait un bout de temps qu'ils sont là. Le petit garçon a quand même été patient, je trouve, en demeurant assis bien sagement sur sa chaise. À un moment donné, il enlève une de ses bottes d'hiver et dit à sa mère : "J'sais pas c'qui se passe avec ma botte. Ça me fait mal des fois quand je mets mon pied dedans. On dirait qu'y a k'chose qui me pique". La mère demeure imperturbable. Le petit se tient maintenant devant elle et la regarde espérant sans doute qu'elle lui propose une explication quelconque ou, à tout le moins, qu'elle s'intéresse à la chose. Finalement, la mère semble se rendre compte de la présence de son fils et lui répond : "Veux-tu bien remettre ta botte dans ton pied et l'attacher tout de suite". C'était sans réplique. Et le petit garçon n'a eu d'autre choix que de remettre sa botte sans même que son problème soit reconnu.

Je suis dans la salle d'attente du Sondeur d'âme. À mes côtés, un ado d'environ quinze ou seize ans et son père. Les deux lisent, le premier un magazine, le second son journal. Tout d'un coup, l'ado laisse tomber son magazine et, regardant son père assis en face de lui, commence à lui faire part de son opinion au sujet de l'article qu'il vient de parcourir. "Tu sais, c'est drôlement intéressant ce qui est dit ici. On propose de cesser de parler de l'adolescent et d'utiliser plutôt l'expression jeune adulte". Le père poursuit sa lecture. Il ne relève même pas la tête. Mais l'ado continue : "Dans l'article, on a interviewé une jeune fille qui dit que les parents préfèrent ne pas savoir la vérité sur la vie sexuelle de leurs enfants en préférant par exemple qu'ils couchent avec leurs chums ou leurs blondes chez des amis. Comme ça, si ça ne se passe pas chez eux, c'est comme si ça n'existait pas". Toujours aucune réaction, même infime, de la part du père. L'ado ne lâche pas : "Après ça, les parents s'étonnent d'apprendre par d'autres que leurs enfants ont une vie sexuelle active". Là, c'est moi qui ai lâché mon livre pour l'écouter. Je trouvais que la conversation devenait intéressante. Pas le père. Il ne bronchait toujours pas. J'en étais à me demander si je ne devrais pas échanger avec cet ado allumé quand leur Sondeur d'âme s'est présenté pour les inviter à passer dans son bureau. En fait, c'est à l'ado qu'il s'adressait. Mais le père s'est levé et a dit au Sondeur d'âme : "Je vais y aller pour quelques minutes. Je veux savoir comment il va". Pourquoi attendre de demander à quelqu'un d'autre ce qu'il aurait sans doute pu savoir lui-même s'il avait seulement écouté son fils?

Je sais que les parents sont pris avec leurs problèmes et que la vie va trop vite. Mais justement, parce que la vie passe si vite, est-ce que ce n'est pas encore plus important de prendre le temps d'écouter les enfants pendant qu'ils sont là et qu'ils ont besoin de nous? Il vient bien assez tôt le jour où l'on n'entend plus résonner les mots : "Maman, maman, il faut que j'te parle".

jeudi 4 février 2010

200 chandelles et des poussières

Un instant que je me secoue un peu. J'ai encore les ailes mouillées et légèrement fripées. Pourtant l'atterrissage s'est déroulé sans heurts. Il y avait pas mal de brume en descendant - ce qui explique les ailes mouillées - mais le sol était recouvert de mousse et très accueillant. Je ne vois pas trop bien encore où je me trouve mais je prends mon temps pour explorer... et récupérer.

En attendant, je ne peux passer sous silence le premier anniversaire de mon blog. Si je veux être précise, je dois avouer que c'est hier que j'aurais dû en parler puisque l'aventure a vraiment débuté le 3 février 2009. Avouez tout de même que le précipice et le saut de l'ange convenaient drôlement bien pour illustrer tout le chemin parcouru. Et je vous jure que c'est par pure coïncidence que j'ai écrit ce texte. D'aucuns pourraient dire qu'il n'y a jamais de hasard dans la vie et j'aurais tendance à les croire.

Est-il nécessaire de disserter sur le passé? Seulement s'il permet d'aider à comprendre ce qui est à venir. Tant qu'à y être, si le passé est garant de l'avenir, j'ai l'intention de continuer à vous faire part de mes états d'âme et des découvertes que je ne manquerai pas de faire dans la nouvelle contrée que j'ai courageusement décidé d'examiner de plus près. Je veux également vous faire encore partager mon quotidien et, bien évidemment, mes indignations sur tout ce qui soulève mon ire. Et comme la Marcheuse urbaine n'existerait pas sans sa musique metal, vous devrez inévitablement subir mes envolées passionnées sur ces notes et ces mots qui font vibrer mon être et l'aident à mieux vivre.

J'ai aussi la ferme intention d'accorder une place plus grande à l'écriture. Je vais donc poursuivre mes tentatives dans la composition de textes de chansons metal et, surtout, me mettre sérieusement à la rédaction d'un roman. Ce dernier exercice me causera sans doute douleurs et cauchemars (c'est d'ailleurs déjà commencé), mais il me révélera également une autre facette de mon moi-même. Je vous tiendrai au courant de l'évolution du projet.

Je termine en disant merci à celles et ceux qui me lisent et je sais que certains sont très fidèles. Cela me touche énormément. C'est maintenant le temps de souffler les chandelles. Allez, tous ensemble, ppfffftttt!

mercredi 3 février 2010

Le saut de l'ange

Je suis au bord d'un précipice. Je me tiens debout là depuis quelque temps. Paralysée. Parfois, je jette un bref coup d'oeil vers le bas et j'aperçois le bout de mes pieds. J'essaie vraiment très fort de ne pas regarder ailleurs de peur de basculer vers l'avant.

Je ne me sens évidemment pas très bien. Je suis étourdie. Assez souvent. Quand ça arrive, je recule légèrement la tête pour ne pas être aspirée par le vide. J'ai aussi des nausées. Mais je sens surtout mon coeur qui bat la chamade. Je l'entends qui frappe littéralement mes côtes. Je tente d'en contrôler les battements. Je me concentre alors sur ma respiration pour ralentir le moteur emballé. Pour quelques minutes, ça marche. Je me sens un petit peu mieux. Mais ça ne dure pas.

Ce qui me dérange le plus, c'est ce poing en plein milieu de ma cage thoracique. Il m'opprime tellement fort que j'ai de la difficulté à avaler. On dirait que je n'ai plus de salive. Ça me fait paniquer et c'est pire encore. Je ferme les yeux. Juste pour quelques secondes. Pour me reprendre et ne pas piquer du nez.

Et que dire du mal de tête qui m'assaille sans répit. Bang! Bang! Il n'y a pourtant pas de mur devant moi mais c'est comme si mon crâne se frappait contre de la pierre. Je n'en peux plus. Je suis très fatiguée. Je ne dors presque pas. S'il fallait que mes jambes fléchissent et que je tombe... l'horreur!

Comment suis-je arrivée là, vous demandez-vous peut-être? Ça m'a pris moi-même un certain temps pour le comprendre. J'ai d'abord parcouru un long chemin. Très long chemin. Au début, il était plus tortueux, il empruntait des détours et il était assez ennuyeux. Après un bout de temps, toutefois, le paysage a changé. C'était beaucoup plus agréable et, surtout, l'accès était plus facile. Je me sentais plus en mesure, de toute façon, d'affronter les quelques embûches qui se présentaient encore. Et puis, à un moment donné, j'ai eu le goût de m'engager dans un sentier qui présentait des défis, certes, mais qui promettait aussi un voyage différent et passionnant. Je n'ai pas réfléchi plus de deux secondes et je me suis lancée dans l'aventure.

C'était effectivement exaltant. Je découvrais en moi des ressources insoupçonnées. Chaque jour, il me semblait que j'accomplissais quelque chose pour prendre soin de mon bien-être et me donner confiance en mes moyens. Je grandissais. J'avais le goût de faire de nouvelles expériences, de rencontrer de nouvelles personnes, tout ça pour mieux partir à la découverte d'un côté de moi que j'apprenais à connaître et à aimer parce que je lui permettais d'exister. Et, juste au moment où j'ai ressenti que je pourrais enfin prendre mon envol, je suis arrivée au bord du précipice. Le test ultime. J'ai figé.

C'est là où j'en suis. Ou plutôt où j'en étais. En effet, j'ai longuement tergiversé. J'ai même songé sérieusement à rebrousser chemin. Mais je me suis dit que je ne pouvais pas me faire ça, que je me devais de continuer à avancer. J'ai donc décidé aujourd'hui que j'allais faire le saut, peu importe, en m'assurant de bien ouvrir les bras pour embrasser le monde. À moi la liberté!
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Note au Pusher de metal : Il manque une chose à ce portrait. La toune metal qui accompagnerait le saut de l'ange. Des suggestions?