lundi 30 novembre 2009

AH1N1... Bingo!

Ça y est. Je suis à mon tour inoculée. Et en même temps que moi, l'Homme, le Fils et la Fille. Il nous reste maintenant à attendre les ordres du Maître Suprême lorsqu'il se décidera à mettre en fonction la puce implantée dans nos systèmes.

Pour l'instant, nous ne ressentons rien de particulier. L'Homme, d'ailleurs, a l'intention de se plaindre car il revendique le droit à un effet secondaire! C'est ça qui arrive quand on a la peau comme du cuir de boeuf : il n'y a pas grand-chose qui peut nous faire mal. La Fille semble aussi se porter allègrement. Le Fils et moi, on a mal au bras. C'est tout.

Pour tout vous dire, je suis contente que ce soit derrière nous car, plus le temps passait et plus j'avais tendance à remettre encore une fois tout en question. Ce n'est pas que je doute de l'efficacité du vaccin. C'est plutôt de nos instances politiques dont je me méfie. Depuis le début de cette soi-disant pandémie qui n'a pas fait tant de morts finalement (et c'est tant mieux), on a multiplié les déclarations ambigües. Une journée, nous étions tous pour en mourir. Le lendemain, nous allions nous en sortir parce que la AH1N1 n'était pas plus mortelle que la grippe saisonnière. Une semaine, nous étions invités à nous présenter en masse dans les centres de vaccination : "Nous ne refuserons personne." La semaine suivante, nous étions renvoyés dans nos foyers comme des lépreux : "Respectez les groupes à risque. Soyez civilisés. Faites la ligne à compter de deux heures du matin pour avoir un coupon pour vous faire vacciner à quatre heures de l'après-midi."

Et sur l'innocuité du vaccin, ce n'était guère mieux : "Il ne présente aucun risque sérieux." Un mois plus tard : "Tout un lot de vaccins a été rappelé après qu'on eut observé un nombre beaucoup plus élevé de gens présentant des effets secondaires graves." Et sur la disponibilité des doses, que dire : "À cause de la préparation des vaccins sans adjuvant pour les femmes enceintes, la compagnie Glaxo Smith Kline a ralenti sa production et le gouvernement fédéral ne pourra pas envoyer autant de doses que prévu aux provinces." La semaine dernière : "Le gouvernement fédéral a commandé trop de vaccins. Il négocie avec la compagnie Glaxo Smith Kline pour arriver à une entente à ce sujet (je ne sais trop de quelle sorte d'entente on parle ici puisque l'article donnait dans le nébuleux. Est-ce que le gouvernement voudrait être remboursé??)."

J'ai finalement cédé aux publicités alarmistes qui occupaient en fin de semaine des pages entières du journal. En effet, on y voyait notamment la photo (très sérieuse) du directeur de la Santé publique nous enjoignant de nous faire vacciner. Je n'ai pas pu m'empêcher en le regardant de penser à l'article dont je faisais mention plus haut. Est-ce qu'il veut vraiment que je tende le bras pour m'éviter d'être malade ou bien est-il uniquement animé de l'intention mercantile de ne pas rester avec trop de doses sur les bras??

Je trouve dommage que tous les mensonges dont on nous abreuve continuellement font en sorte que nous sommes devenus aussi cyniques (moi en tout cas). Je suis convaincue que l'on ne veut pas mon bien-être, mais seulement mon bien, point final. Et je considère que c'est entre autres la raison pour laquelle les gens refusent de se faire vacciner en aussi grand nombre que le gouvernement l'aurait souhaité. À force d'entendre crier au loup, on n'y croit plus!

dimanche 29 novembre 2009

C'est le temps d'une dinde, dinde... (air connu)

À la demande générale, je vous livre aujourd'hui deux de mes recettes préférées du temps des fêtes : le boeuf bourguignon de soeur Berthe et les beignes de Madame Desjardins.

Mais d'abord un peu d'histoire avant de sortir bols et chaudrons. Pour les jeunes de moins de 50 ans, soeur Berthe Sansregret est une parfaite inconnue. C'est, si je puis dire, l'ancêtre(!) de soeur Angèle. Je sais, je sais, cela ne vous aide sans doute pas plus. Que pourrais-je vous dire d'intéressant à son sujet? C'était (elle est décédée en 2003 à l'âge de 91 ans) une soeur de la Congrégation Notre-Dame et une enseignante en art culinaire à l'École supérieure des arts et métiers. Dans les années 1970, elle animait une émission de télévision à Télé-Métropole. C'est elle qui m'a appris à réussir de la pâte à tarte et à faire du pain maison. Laissez-moi d'ailleurs vous raconter une anecdote familiale au sujet de ce fameux pain. La recette de soeur Berthe permettait de cuisiner deux pains à la fois. Je m'attelais à la tâche tôt le matin. Toute la journée, nous sentions le levain et visualisions son effet. La plupart du temps, les pains étaient prêts à être cuits dans la soirée. Je me souviens que toute la famille attendait impatiemment que je les sorte du four pour que nous puissions tout de suite nous tailler de belles grosses tranches de pain chaud sur lesquelles nous étendions, bien sûr, du beurre à profusion. Il n'y a rien pour battre cette odeur! À la demande de la Fille, à qui je partageais cette "tranche" de vie, je vais peut-être me remettre à la "boulange" d'ici Noël.

Je vous donne la recette non sans vous citer un extrait de la préface du livre dont elle est tirée et qui s'intitule Les recettes de soeur Berthe - Cuisine d'automne : "Après avoir formé des centaines et des centaines de cuisinières qui font les délices de leur grand-père, de leur mari, de leur fiancé, de leur concubin ou de leur papa-en-sucre, cette femme vraiment dynamique (...) trouve le temps (...) d'entreprendre la publication de ses meilleures recettes, de ses conseils judicieux et de ses secrets du métier." Non, mais que les hommes étaient gâtés en 1973!

Boeuf bourguignon

Portions : 6
Cuisson : 2 h 30

Marinade
  • 1 bouteille de vin rouge
  • 1 petite carotte
  • 1 oignon
  • 2 échalotes
  • 1 branche de céleri
  • 1 gousse d'ail
  • persil, thym, laurier
  • 6 grains de poivre
  • 1 clou de girofle
Ingrédients
  • 2 livres de boeuf coupé en gros cubes
  • 1/4 tasse de beurre
  • 1/4 tasse de farine
  • 2 gousses d'ail
  • bouquet garni (thym, persil, feuille de laurier)
  • 1 c. à table de concentré de tomate
  • eau ou bouillon
  • sel et poivre
  • 1/2 livre de lard salé
  • 1 livre de petits oignons
  • 1 livre de champignons
Préparation
  1. La veille, mettez la viande dans un plat avec tous les ingrédients de la marinade.
  2. Égouttez, essuyez la viande et faites-la dorer dans le beurre et l'huile.
  3. Ajouter ensuite les légumes de la marinade et 1/4 de tasse de beurre.
  4. Laissez cuire 20 minutes sans couvrir.
  5. Ajoutez la farine. Mélangez sur feu vif afin de dorer la farine.
  6. Recouvrez la viande avec le vin rouge. Portez à ébullition, ajoutez de l'eau pour couvrir, le concentré de tomate, l'ail, le bouquet garni, sel, poivre.
  7. Couvrez et laissez cuire au four à 325 degrés F environ 2 heures.
  8. Coupez le lard en cubes, dorez à la poêle.
  9. Dans le gras du lard, faites revenir les oignons.
  10. Dans une autre poêle, faites sauter les champignons au beurre.
  11. Une demi-heure avant la fin de la cuisson, ajoutez au boeuf les cubes de lard, les oignons et les champignons.
**Un conseil de la Marcheuse cuisinière : la journée où je mets la viande à mariner, je prépare aussi les lardons, les champignons et les oignons. Quand tout est cuit, je range le tout au frigo. Le lendemain, je n'ai donc qu'à préparer le boeuf pour le mettre au four (ce qui est déjà une corvée en soi) et à ajouter les condiments déjà prêts. C'est une astuce qui, je trouve, me rend la tâche plus facile.**

Et maintenant les beignes. J'ai longtemps fait une recette qui avait été donnée à ma mère par une de ses amies. C'était une bonne recette mais un peu compliquée. Un jour, une de mes amies m'a donné la recette de sa belle-mère Madame Desjardins. Celle-ci était une cuisinière hors pair. Elle avait même participé une fois à un concours de dégustation de beignes dans le cadre d'une émission à la radio de Radio-Canada où les animateurs avaient jugé que ses beignes étaient les meilleurs. Depuis, c'est devenu notre recette.

Beignes
  • 2 oeufs
  • 1 tasse de sucre
  • 2 c. à table de graisse Crisco
Mélanger.
  • 1 tasse de babeurre
  • 3 tasses à 3 tasses 1/2 de farine
  • 2 c. à thé de poudre à pâte
  • 1 c. à thé de bicarbonate de soude
Mélanger jusqu'à ce que la pâte soit consistante et ne colle pas. Faire cuire à grande friture.

Glaçage
  • 1 livre de sucre à glacer
  • 1/2 tasse d'eau bouillante
  • quelques gouttes de vanille
Tremper les beignes dans le sucre lorsqu'ils sont encore chauds. Les faire égoutter 1 minute.
Vous pouvez aussi tremper les beignes dans du sucre à fruits ou les décorer d'un peu de chocolat fondu.

Donne de 3 à 3 1/2 douzaines

**Un conseil de la Marcheuse cuisinière : faites donc la recette en double ou même en triple. Ce n'est pas beaucoup plus long et, comme il faut pas mal d'organisation pour la réaliser, aussi bien que ça en vaille le coup!**

samedi 28 novembre 2009

Revue de presse

J'aime particulièrement les samedis matins. Parce que j'ai le temps. Le temps de prendre mon café et de lire tranquillement mon journal. Seul hic : j'en sors de plus en plus souvent révoltée, outrée, prête à monter aux barricades. Des exemples, en voici!

Pages 2 et 3 du premier cahier du journal La Presse :
L'"espion" qui vit dans une église

Encore une triste histoire d'un immigrant, russe cette fois, et de sa famille qui se voient refuser le droit de légaliser leur situation même s'ils vivent au Canada depuis 1999. Le gouvernement reproche à Mikhail Lennikov d'être une menace pour la sécurité nationale parce qu'il a été espion pour le KGB il y a plus de vingt ans à la fin du régime communiste. Les fonctionnaires du ministère de l'Immigration, qui prétendent que M. Lennikov vient d'un pays communiste comme ils l'ont si délicatement admis dans une de leurs décisions, nient qu'ils agissent selon des motifs politiques. Pourtant, M. Lennikov ne voulait même pas être espion; il a été forcé de le devenir et il a vite cessé de l'être dès qu'il a pu s'échapper des griffes de cette organisation. En plus, il n'a jamais effectué de réelle mission car il avait été recruté pour ses talents de... traducteur! Mais notre gouvernement, toujours animé de paranoïa, continue de croire qu'il pourrait être dangereux. Dans la même foulée, personne ne surveille M. Lennikov dans son asile religieux et personne ne l'a empêché de se rendre de Vancouver à Ottawa en mai dernier pour tenter de faire valoir ses droits auprès des ministres conservateurs. Il a même pu entrer au Parlement et s'asseoir dans les tribunes du public de la Chambre des communes. La sécurité nationale... mon oeil!

Page 5 du même cahier du même journal :
La chronique de Pierre Foglia - Des asperges en novembre

Le chroniqueur s'attaque au Bien incurable, expression empruntée au philosophe français Philippe Muray. Il s'agit de toutes ces belles actions que l'on pose, particulièrement à ce temps-ci de l'année, pour tenter de remédier à la pauvreté et à la misère. Le problème, c'est que nous sommes engagés dans un cercle infernal. Il n'y a pas de cure. Malgré le Bien. Et le chroniqueur, fort justement, fait remarquer que les gouvernements ont délaissé leurs responsabilités au fil des années pour confier le soulagement de la misère aux guignolées! J'ai été très touchée lorsqu'il a parlé du contenu d'une boîte destinée à une famille de quatre personnes dans un comptoir alimentaire. Elle comprenait des denrées fournies notamment par les supermarchés qui se délestent de leurs produits pas frais. J'ai été émue aussi par l'histoire de ce curé qui a pris la direction de la première section francophone d'Habitat pour l'Humanité et qui a réussi à remettre une maison construite par des bénévoles à une famille à faible revenu : quatre enfants et un revenu de 28 000 $ par année. Ça ne doit pas créer un malaise pour ces parents lorsqu'ils constatent la surconsommation totalement déréglée dans laquelle nous plonge le fameux temps des fêtes!

Mais, mais, tout n'était pas noir sur cette page puisqu'on y apprenait aussi que Lance et compte sera porté au grand écran et que Lady Gaga donnait le coup d'envoi de sa tournée au Centre Bell hier soir. Voilà qui me réconcilie avec l'humanité, surtout qu'à la page suivante on annonce le retour du Grand Prix à Montréal. Ouf! et moi qui avais vraiment peur qu'on ne puisse plus jamais avoir le bonheur d'être pollué par le bruit et les émanations d'essence des bolides qui tournent et tournent et tournent.

Page 8 du même cahier du même journal :
Le pouvoir du tablier

Heureusement, ma lecture m'a également permis d'apprendre l'existence de deux organismes vraiment formidables, soit La Tablée des chefs et Cuisiniers sans frontières. La Tablée permet à des chefs reconnus d'enseigner la cuisine à des jeunes qui sont laissés à eux-mêmes par les centres jeunesse une fois qu'ils atteignent l'âge de 18 ans. Ils doivent alors se trouver un nouveau toit et un emploi pour payer le loyer. Vous imaginez sans peine que leurs revenus ne leur permettent pas toujours de manger décemment. Si vous ajoutez à cela le fait qu'ils ont reçu un bien pauvre héritage alimentaire, vous comprendrez tout de suite qu'ils se retrouvent très rapidement bénéficiaires des banques alimentaires ou victimes des mets tout préparés qui sont beaucoup plus chers et moins bons pour la santé que les aliments cuisinés à la maison, d'où l'importance d'apprendre à se débrouiller derrière les fourneaux.

Pour ce qui est de Cuisiniers sans frontières, il s'agit d'une initiative du chef Jean-Louis Thémis qui a fondé l'organisme en 2003. Il oeuvre principalement à Madagascar mais il pense étendre ses activités au Bénin. Il est parti un jour avec ses chaudrons parce qu'il en a eu assez de voir l'extrême pauvreté à la télévision. Grâce à la formation qu'ils reçoivent, les élèves de Cuisiniers sans frontières acquièrent les connaissances nécessaires pour travailler en cuisine ou même à leur compte. Qu'il s'agisse de la Tablée des chefs ou de Cuisiniers sans frontières, nous sommes en présence de la métaphore de la canne à pêche, remplacée ici par le tablier!

Page 16 du même cahier du même journal :
L'opposition réclame les documents

Le harcèlement se poursuit pour Richard Colvin. L'opposition va-t-elle réussir à obtenir les documents qui viendraient étayer son témoignage et prouver que les représentants du gouvernement étaient au courant de la torture des prisonniers afghans? À suivre... En attendant, il faut continuer de se farcir les mensonges des Conservateurs et espérer que leurs nez se mettent à allonger...

Vous savez ce que je trouve le plus difficile? Accepter que je ne peux pas être le sauveur de toutes les causes.

Vous savez comment j'arrive à vivre un peu plus en paix avec moi-même? En mettant la main à la pâte et en offrant mon aide à des organismes de la communauté. C'est peut-être une goutte d'eau dans l'océan mais, avec des milliards de gouttes, on évite le desséchement!
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Notes pédestres : C'est encore et toujours au beau fixe sur les trottoirs. Aujourd'hui, il y avait un magnifique soleil et du vent. Une très belle journée pour la Marcheuse urbaine!

mercredi 25 novembre 2009

Le calme plat

Rien de spécial dont je peux vous entretenir. La routine quoi. Pas de notes pédestres parce que intermittentes averses. Pas même d'occasion d'utiliser mon expression favorite. C'était soir d'épicerie. C'était soir de lavage. C'était... plat.

Alors, vous n'y échapperez pas. Qu'est-ce qui me donne toujours le goût de continuer malgré la platitude? Oui, le metal. Je vous redis que la dernière livraison du Pusher m'emballe. Même si je me l'envoie dans les oreilles depuis plusieurs semaines, je ne m'en lasse pas. Je songe même à me procurer un album d'un des groupes qui figurent dans ma sélection car je crois que le Pusher a pris soin d'inclure surtout de nouvelles tounes, du moins c'est ce que prétend le Fils et il connaît ça pas mal plus que moi. Alors, cher Pusher, si tu as une suggestion pour un album que tu as peut-être plus aimé que les autres, je suis ouverte à toute proposition honnête!

Voici donc les paroles d'une chanson du groupe Vanna que j'aime vraiment beaucoup (j'ai l'impression de jouer au DJ!) en raison du mélange des voix et de la batterie :

Safe to Say

Let's leave this place behind
When we finally decide
What it's gonna take
To make you feel alive
What it's gonna take
To open up your eyes
TO OPEN UP YOUR EYES

It's time to get out of this town
This torture (this torture)
Your fear holds you down
Be blessed and move forward
Move forward
Silent and sound

These words
Don't always come out right
But I feel that
We're wasting time
Letting go of the troubles we're still holding tight

These words
Don't always come out right
But I feel that
We're wasting time
Are we wasting time?
Are you still holding tight?

It was only fair
To look towards the sky
To breathe in the air
To wade in the shadows
With empty hands
No sense of pride
Would you give up if
We've all given up
Till the east is ours
We drew the lines that divide
Strapled these badges
Of pain to ours sides
TO OUR SIDES

We've all had our enemies
We're leaving the past behind
I don't feel like I'm losing sleep
I know you can see it in my eyes
We've all had our enemies
We're leaving the past behind
I don't feel like I'm losing sleep
I hope you can see it in my eyes
You can see it in my eyes
You can see it in my eyes

I'll leave my heart here
By your bedside
If you swear that your eyes won't stray
To be honest, open and hoping
To find the words to say
I'll leave my heart here
By your bedside
If you swear that your eyes won't stray
And honestly, honestly I only let go for the sake of you

Allez sur YouTube! Vous ne le regretterez pas.

mardi 24 novembre 2009

Tout à fait

J'adore cette expression. Je ne sais trop pour quelle raison mais, chaque fois que je l'entends, je considère que la personne qui l'utilise se trouve soudainement entourée d'une aura. L'aura de la reconnaissance. En effet, répondre "tout à fait" après que votre interlocuteur vient de régurgiter parfaitement une de vos brillantes théories ou un de vos doctes raisonnements témoigne qu'il a saisi votre pensée, qu'il est entré dans votre monde, bref, qu'il est sur votre longueur d'ondes. Et j'imagine aussi la satisfaction que l'on ressent d'avoir été compris. Comme ce doit être gratifiant de lancer un "tout à fait" juste un peu condescendant, mais quand même aimable, à la personne qui a trouvé les ressources intellectuelles nécessaires pour se hisser à votre niveau!

J'aimerais tellement avoir l'occasion de servir cette expression à quelqu'un. Mais il semble que je ne suis jamais dans le bon contexte. Ou que je n'ai jamais développé un point de vue suffisamment innovateur ou complexe pour avoir à l'expliquer. Ou que je ne me trouve jamais en face de gens qui seraient à ce point absorbés par mes paroles qu'ils n'auraient qu'une envie, soit celle de me les répéter pour vérifier qu'ils ont bien enregistré la sagesse ou l'importance de mes propos. Pourtant, je me vois très bien en train d'observer les clignements d'yeux complices, les hochements de tête significatifs, les acquiescements monosyllabiques qui me fourniraient la preuve que j'ai atteint les neurones de mon interlocuteur. Après, tout devrait baigner dans l'huile. Séduit par mes solides arguments, il me les reservirait dans ses pauvres, mais justes, mots. Et moi, je l'écouterais calmement. Je le regarderais se débattre pour ne pas perdre le fil de mon éblouissante démonstration. Je sourirais d'un air entendu mais pas trop. Je devrais respecter l'élève après tout. Et quand, enfin, il terminerait sa phrase avec le point d'interrogation cherchant l'approbation de l'expert, j'inclinerais doucement la tête et je lancerais un ferme "tout à fait". Là, son visage s'illuminerait. Je viendrais d'offrir au disciple la brève illusion qu'il peut aspirer à la perfection.

Quoi? Qu'ouis-je? Qu'entends-je? Qu'acoustiquais-je? Vous trouvez que je n'y vais pas de main morte dans le manque de simplicité? Vous croyez que j'erre en pensant qu'il faut absolument détenir la vérité pour utiliser cette fabuleuse expression? Vous me trouvez pédante pour ne pas dire franchement snob?

Tout à fait!

dimanche 22 novembre 2009

Changement d'air

Je suis allée me promener dans la grande ville en fin de semaine. Eh! oui, j'ai rendu visite au Fils. C'était vraiment super! En plus, c'était le Salon du livre. L'Homme et moi avons donc bravé la foule pour satisfaire notre passion de lecteurs. Ce fut tout un choc pour nous qui sommes habitués au Salon du livre de l'Outaouais, beaucoup plus modeste, ai-je besoin de vous le préciser. À Montréal, on rencontre des célébrités à tous les coins de page! Toute personne qui a signé un écrit pendant l'année s'y trouve... ou presque. Le plus difficile, c'est d'arriver à s'approcher des kiosques. C'est tellement frustrant. Tous ces livres que l'on voudrait toucher, ouvrir, humer, ils sont là, à portée de la main. Et pourtant, ils sont parfois inatteignables.

J'ai trouvé un truc que je compte réutiliser pour une prochaine visite : il faut déjà avoir une idée de ce que l'on veut car, malheureusement, bouquiner s'avère à peu près impossible pour les raisons invoquées plus haut. Comme j'avais entendu certains reportages ou lu des articles sur les nouveautés présentées au Salon, je m'étais fait un mini-plan d'attaque. Ainsi, je tenais absolument à acheter le livre de Bruno Blanchet, La frousse autour du monde, volume 2, pour la Fille. Mais plus encore, je voulais rencontrer Bruno et lui parler. Je m'étais renseignée. Il devait être au Salon en même temps que nous. Dès que nous avons mis les pieds dans l'antre livresque, j'ai dit à l'Homme : "On file tout droit au kiosque de La Presse pour acheter le livre et se mettre en ligne pour la séance de signature." Ce que nous avons fait. Cependant, contrairement à notre salon régional, les auteurs les plus populaires à la foire montréalaise ne signent pas à leur kiosque mais bien dans une salle qui leur est réservée. À l'entrée de ladite salle, on te remet un numéro pour tenter d'ordonner tout ça. J'ai dû exercer ma patience puisque Bruno a d'abord répondu aux questions de son public totalement conquis par son charme pendant un peu plus d'une heure. Ensuite, ce fut la fameuse séance de signature animée par une coordonnatrice formée sans aucun doute dans les cliniques de vaccination de M. Bolduc! En effet, les numéros, qui devaient faciliter l'exercice, sont venus tout compliquer, la chère dame ayant distribué deux séries différentes de numéros qui ne se suivaient pas nécessairement. Je sais, ça ne semble pas clair. Ce ne l'était pas non plus pour les personnes présentes qui essayaient tant bien que mal de comprendre pourquoi on partait du numéro 499 pour se rendre au numéro 485 pour ensuite reprendre au numéro 957 et se rendre au numéro 980! Un vaccin avec ça?

Peu importe. J'y suis arrivée. De toute façon, quand je décide de faire quelque chose pour mes enfants, rien ne peut m'arrêter. Je deviens une véritable tigresse prête à bondir sur tout obstacle qui se trouve sur ma route. J'ai donc dit d'entrée de jeu à Bruno quand je suis finalement arrivée devant lui : "Je fais rarement la file pour quelqu'un." J'ai rapidement enchaîné en lui parlant de la Fille et de son expédition à BiCi. Évidemment, j'aurais dû m'en douter, Bruno avait lui aussi été cueillir des cerises et dans le même village que la Fille à part ça! Et Bruno, qui croit qu'on apprend en voyageant plein de choses qu'on n'apprend pas sur les bancs d'école... Et la Fille qui, loin d'être vaccinée contre le voyage, en a plutôt attrapé la piqûre. Voyez-vous un lien ici? Moi oui.
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Notes livresques : Vous pouvez suivre les aventures de Bruno Blanchet toutes les semaines dans la section "Voyages" du journal La Presse ou sur Cyberpresse.

Notes pédestres : J'ai marché, sans doute pour la dernière fois avant l'hiver, sur le bord de la Rivière-des-Prairies ce matin. J'y ai testé mes orthèses. Oui, j'ai encore des problèmes de pieds... ou plutôt de jambes. C'est ça qui arrive quand on décide de se mettre en forme. C'était quand même très bien. Il y avait plein, plein de coureurs, à peu près aucun cycliste et une Marcheuse : moi!!!

jeudi 19 novembre 2009

La honte et la fierté : d'un océan à l'autre à l'autre

J'oscille. Mais la balance penche davantage du côte de la honte. Je viens de lire un compte rendu du témoignage présenté par Richard Colvin devant un comité parlementaire à Ottawa au sujet de la torture des prisonniers afghans. Vous savez ces prisonniers remis par les soldats canadiens aux services secrets de leur pays. Vous imaginez la suite. Privation de sommeil, chocs électriques, abus sexuels et même viols. Rien ne leur a été épargné (et rien ne leur est sans doute encore épargné aujourd'hui). Et qu'est-ce que notre gouvernement répond aux déclarations de ce diplomate? En fait, il répète la même réponse qu'il sert depuis que cette horrible situation a été mise au jour. Il nie. Il nie tout en bloc. Il ne sait rien. Et ce même si M. Colvin, pendant son séjour d'un an et demi en Afghanistan, a fait parvenir près d'une vingtaine de rapports à environ 75 personnes du gouvernement. Et pas n'importe qui. Des personnes haut placées comme le grand patron des Forces armées canadiennes et le sous-ministre des Affaires étrangères. Peu importe. Notre gouvernement continue de nier. Et ce courageux diplomate met sa tête sur le bûcher pour révéler la vérité.

Et ça continue de pencher vers la honte. Cette fois, c'est Loto-Québec qui met son poids dans le plateau. Cette brillante société d'État, toujours désireuse d'accroître ses gains sur le dos des contribuables, a l'intention d'offrir à la population du poker et du pari sportif en ligne dès l'été 2010. Dans un but louable, bien évidemment. Elle veut en effet protéger les joueurs des sites non sécuritaires et leur permettre d'exercer leur dépendance en toute quiétude. Que cette initiative fasse en sorte de remplir également les coffres de l'État n'est que pure coïncidence. Et que le poker suscite l'engouement d'un nombre grandissant de jeunes constitue le moindre de ses soucis. Après tout, est-ce qu'elle ne dispose pas d'excellents programmes pour venir en aide aux joueurs compulsifs? Je n'ai d'ailleurs jamais rien compris à cette double mission. C'est comme si on goinfrait quelqu'un au point de le rendre obèse pour lui proposer ensuite de s'inscrire aux Weight Watchers! Qu'est-ce qui cloche dans ce raisonnement tordu? Sans doute une propension marquée à jouer à l'autruche.

Malheureusement, nos gouvernements ne sont pas les seuls à s'enfouir la tête dans le sable. Nous le faisons tous collectivement en sanctionnant des comportements totalement répréhensibles. C'est sûr qu'avec la tête dans le sable, on n'entend pas grand-chose. Et c'est bien difficile de parler aussi. Alors, quand il s'agit de dénoncer, mieux vaut s'y prendre de bonne heure pour se sortir du trou!

Pour la paix de mon âme (et la stabilisation de ma tension artérielle), j'ai au moins eu le bonheur cette semaine de faire la découverte d'une section du Toronto Star intitulée Acts of Kindness, que l'on pourrait traduire par "Bonnes actions". On y trouve répertoriés des messages envoyés par les lecteurs qui racontent des bonnes actions dont ils ont été les témoins ou les récipiendaires. La rubrique, depuis cinq ans, a recueilli plus de 2 000 histoires! C'est un véritable baume pour le coeur. Si vous avez le temps ou le vague à l'âme ou encore si vous êtes désespérés de faire partie de la race humaine, rendez vous sans hésitation sur le site du Star à www.thestar.com/topic/ActsofKindness et prenez un bain de fierté. Même dans la langue de Shakespeare, l'effet est instantanément calmant. Et quel bonheur de se laisser anesthésier par la bonté plutôt que par le mensonge!
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Notes pédestres : J'ai eu la bonne idée ce soir de gravir mon Everest à moi pour améliorer mon cardio et aller me chercher un bon souper à mon restaurant libanais préféré. Il pleuvait juste assez. Et c'était doux. Seul hic : je me suis laissée emporter dans mes achats à la fruiterie et j'ai exercé mes biceps plus que je ne l'aurais souhaité en transportant mon sac un peu trop rempli!