lundi 7 juin 2010

Journée de jardinage

Pas de marche pour moi aujourd'hui. Beaucoup de courbatures cependant en raison de mes activités de jardinière. Comme il avait plu presque toute la fin de semaine, j'ai décidé de prendre congé et de mettre la touche finale à mon aménagement.

Six bonnes heures de travail plus tard, j'y suis presque arrivée. Je dois encore acheter cinq ou six sacs de paillis pour terminer de couvrir la plate-bande d'ombre avant de pouvoir enfin dire : Mission accomplie! Je ne sais pas comment j'y arriverais si je devais en plus me taper le ménage et le plumeau. Vraiment, vive Martha! Elle était d'ailleurs à la maison aujourd'hui et oeuvrait à l'intérieur pendant que je m'activais à l'extérieur. Je me sentais comme une riche propriétaire qui jardine dans son domaine pendant que les domestiques nettoient. J'avais comme un titillement de culpabilité d'avoir ainsi le luxe de me donner à plein dans ma passion sans avoir à me tracasser pour l'entretien de la maison. Ça n'a pas duré longtemps. Il faisait trop beau pour ne pas jouir totalement de cette merveilleuse journée.

Il ne faisait pas très chaud mais c'est encore mieux pour effectuer des transplantations. Eh! oui, j'ai succombé et j'ai acheté d'autres sceaux de Salomon, un plant de brunnera au feuillage différent de celui des espèces que j'ai déjà et une violette du Labrador. J'ai planté devant tout ça mes deux caissettes d'impatientes blanches et je trouve ça du plus bel effet! Je me suis aussi amusée à créer deux autres potées fleuries dont une contient un papyrus. Celle-là, je l'ai placée près du bassin d'eau et, selon la Fille, ça fait toute la différence. Je suis assez en accord avec elle.

Et savez-vous ce que je ne pouvais m'empêcher de faire pendant que je m'activais et m'éreintais dans mon sous-bois? J'allais constamment voir mes poissons! Je prenais le filet et nettoyais le bassin. J'ai traité l'eau. J'ai ajouté des petites roches dans le fond et sur les bords. Je les ai nourris. Bref, je les aime les petites bêtes de l'expertenbassin. J'espère qu'il va trouver que je m'en occupe bien lors de sa prochaine visite. Seule ombre (c'est le cas de le dire) au tableau : je n'ai pas revu le bébé tout noir. S'il est toujours là, il s'est trouvé une bonne cachette!

dimanche 6 juin 2010

L'errance d'un point de vue félin

Une réflexion, comme ça, en passant. Où ils vont errer, les chats errants? Je les nourris depuis plusieurs années et pourtant, même si je sais qu'ils ne sont que de passage, je n'arrive pas à m'habituer à leurs va-et-vient. Je voudrais tous les sauver. De temps en temps (un peu trop souvent selon l'Homme), je m'attache à certains, surtout aux habitués qui sont fidèles au poste même en plein hiver.

C'était le cas de celui que j'avais baptisé Boris. Un beau gros chat gris. L'Ami disait qu'il ressemblait à un chat bleu russe. Il avait de magnifiques yeux verts... les mêmes que Mignonne. J'aime à croire qu'il s'agit de son père car Boris avait un caractère absolument pacifique et doux. Je l'ai souvent vu se tenir avec des chats plus jeunes que lui et il ne démontrait aucune agressivité à leur égard. Il les laissait manger à côté de lui sans manifester d'impatience. J'étais d'ailleurs capable de le prendre et de le flatter sans aucun problème. Il ne sortait jamais ses griffes. Quand il faisait trop froid, je le laissais entrer dans la maison pour qu'il puisse dormir dans le portique et se réchauffer un peu. Je lui faisais un coussin avec des serviettes et, pendant son bref séjour, il fondait littéralement à mesure que la chaleur lui permettait de se débarrasser de la neige qui lui collait à la peau.

Je l'ai nourri deux étés et deux hivers. Le premier hiver, Boris a eu un abcès sur une de ses bajoues. C'était tout enflé. Quand il entrait dans la maison, je désinfectais la plaie et j'appliquais un onguent antibiotique. Un jour, l'abcès a crevé et Boris semblait aller mieux malgré le gros trou qu'il avait près de l'oreille. L'hiver dernier, il était toujours là mais j'avais senti une nouvelle bosse au même endroit au début de l'automne. Il n'a pas traversé l'hiver. Au printemps, j'ai cessé complètement de le voir. Le voisin, qui lui permettait de s'abriter sur de la laine minérale en dessous de son garage, ne le voit plus lui non plus. Je m'ennuie de ce bon gros chat.

Alors, où errent les chats errants? Où meurent-ils après leur vie de misère? Je me le demandais encore ce soir en observant les allées et venues de mes nouveaux clients félins, dont une petite chatte d'Espagne que j'ai baptisée Tournesol à cause de sa barbichette blanche sous le menton. En voilà une autre à laquelle je suis en train de m'attacher. Le cycle recommence. Dure, dure la vie de protectrice de la faune vagabonde.
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Notes pédestres : J'ai marché sous la pluie. Il faisait pas mal froid. J'ai dû mettre trois pelures pour me sentir au chaud. J'avais l'impression de retourner en automne. Le mauvais temps n'a pas nui à mes performances. J'ai gravi les escaliers d'un très bon pas et j'ai couru à grandes enjambées. Vraiment, ça a fait du bien! Et c'était une de ces sorties où j'étais complètement dans ma bulle de metal. Merci encore une fois Atreyu... j'ai de la difficulté à écouter autre chose ces temps-ci.

samedi 5 juin 2010

J'ai descendu dans mon jardin, j'aime ça quand ça grouille

Bon, bon, n'allez surtout pas penser que la marcheuse urbaine est soudainement devenue grivoise. Vous saurez que les mots de cette chanson "folklorique" conviennent parfaitement à mon propos d'aujourd'hui. En effet, ça grouille maintenant non pas dans mon jardin, mais bien dans mon bassin d'eau. Car ce qui devait arriver, arriva. L'expertenbassin venu en tournée d'inspection ce matin est arrivé accompagné d'une chaudière. Vous devinez bien sûr ce qu'elle contenait : des poissons!!

Je ne me souviens plus si je l'avais dit sur mon blog (j'y dis tant de choses que j'ai parfois des trous de mémoire), mais j'avais finalement décidé que je voulais un bassin inhabité. Pourquoi? Parce que j'aime m'y tremper les pieds et parce que les poissons, ça semblait tellement compliqué. C'était sans compter sur l'entêtement de l'expertenbassin qui tenait mordicus à trouver un nouveau foyer à ses protégés. Ces derniers habitaient jusqu'à tout dernièrement la serre du magasin où l'Homme travaille et, encore plus récemment, un bassin situé dans le centre jardin du magasin jaune en question.

Cela déplaisait profondément à l'expertenbassin qui trouvait que ses poissons risquaient de trouver la mort par négligence. Comme il ne travaille plus au magasin, il avait en effet délégué la tâche de tuteur à deux collègues qui, plein de bonne volonté, s'acquittaient honorablement de leur responsabilité. C'était jusqu'à ce qu'une décision de gestion entraîne le déménagement des poissons dans le centre jardin, endroit éloigné du département où oeuvrent les tuteurs. Panique de l'expertenbassin, également amateur avide de la faune aquatique. Se doutait-il que je serais incapable de le renvoyer avec ses poissons? Comment pouvais-je refuser asile à ces pauvres bêtes qui devaient déjà sentir l'odeur alléchante de l'eau de mon bassin au travers des parois de leur chaudière blanche?

J'ai donc dit oui. Nous voilà donc, l'Homme et moi, parents de dix poissons, soit trois coyes et sept poissons rouges dont un bébé. Selon l'expertenebassin, notre nouvelle maternité se passera sans heurts. Suffit de nourrir nos enfants à nageoires une fois par jour avec une nourriture "sèche" et une fois par semaine avec des lentilles d'eau. Il ne faut évidemment pas oublier d'enlever le surplus de nourriture une fois que les affamés se sont rassasiés. Nous devons également mettre deux sortes de produits dans l'eau pour prévenir le développement de bactéries à raison d'une fois aux deux jours pour un et d'une fois par semaine pour l'autre. Ensuite, ensuite. Ah! oui. Je suis dotée d'un beau filet dont je dois me servir très régulièrement pour enlever les feuilles et autres déchets qui tombent dans l'eau. Je ne dois pas oublier non plus de nettoyer le filtre de la pompe, nettoyage que je devrai effectuer plus fréquemment à cause de mes chers poissons. J'ai également dû acheter une plante oxygénante et je vais mettre davantage de petites roches dans le fond du bassin pour rendre, selon l'expertenbassin, mes poissons rouges absolument au bord de l'extase et de la jouissance. D'ailleurs, il semble qu'ils pourraient même pondre des oeufs sur mes cailloux et... oui, oui, je verrai ma progéniture prendre de l'expansion.

Vous voyez comme j'avais tort de croire que ce serait compliqué. Je vous reparlerai éventuellement des préparatifs d'hibernation. Je sens que ça aussi, ce sera simple!

Et parce que je vous aime et que je sais que vous vous intéressez passionnément à nos traditions ancestrales, je vous laisse avec les paroles de cet hymne aux jardiniers(!!??) de ce monde :

J'ai descendu dans mon jardin
J'aime ça quand ça grouille
C'était pour cueillir du raisin
Grouillez, grouillons, grouillette

Refrain :
J'aime ça quand ça grouille comme ça
J'aime ça quand ça grouille (bis)

C'était pour cueillir du raisin
J'aime ça quand ça grouille
Le rossignol vint sur ma main
Grouillez, grouillons, grouillette

Le rossignol vint sur ma main
J'aime ça quand ça grouille
Il me dit trois mots latins
Grouillez, grouillons, grouillette

Il me dit trois mots latins
J'aime ça quand ça grouille
Ces trois mots-là j'ai compris bien
Grouillez, grouillons, grouillette

Ces trois mots-là j'ai compris bien
J'aime ça quand ça grouille
C'est que les filles ne valent rien
Grouillez, grouillons, grouillette

C'est que les filles ne valent rien
J'aime ça quand ça grouille
Mais les garçons encore bien moins
Grouillez, grouillons, grouillette

Mais les garçons encore bien moins
J'aime ça quand ça grouille
Les gens mariés, on n'en parle point
Grouillez, grouillons, grouillette

jeudi 3 juin 2010

De l'eau au moulin

Je continue aujourd'hui sur ma lancée d'hier. Ne vous inquiétez pas, je suis réveillée. En parcourant donc le journal et sans avoir à faire d'efforts particuliers pour dénicher les articles ci-dessous, j'ai lu avidement les propos qui suivent et qui corroborent parfaitement la conclusion de mon collègue de la plume française et de votre humble marcheuse urbaine, à savoir que le moral est bas. Lisez plutôt :

Armés d'une potion magique dont le principal ingrédient est l'indifférence des citoyens, Stephen Harper et son gouvernement se permettent, encore une fois au nom de tous les Canadiens, d'exprimer de timides regrets pour les pertes de vie humaines entraînées par l'assaut de l'armée israélienne contre la flottille humanitaire qui se dirigeait vers la bande de Gaza lundi dernier.
(Christian Nadeau, Le Devoir, 3 juin 2010)

(...) mais le gouvernement conservateur traîne toujours les pieds dans le dossier de l'accès aux documents censurés sur les détenus afghans. (...) Il n'y a pas lieu de s'en étonner, mais il faut s'en désoler à double titre : le non-respect des institutions par les conservateurs n'a décidément pas de limites, la faiblesse de l'opposition - nommément les libéraux - est gênante dans ce bras de fer qui n'a pas lieu d'être et qui pourtant ne finit pas.
(Josée Boileau, Le Devoir, 3 juin 2010)

Si Jean Charest faisait une telle adresse à la nation (annoncer la tenue d'une enquête publique sur le financement des partis politiques, maintenir la loi 104 en utilisant la clause nonobstant pour empêcher les riches d'acheter le droit pour leurs enfants de fréquenter les écoles anglaises et obtenir la collaboration de tous les partis politiques du Québec pour l'adoption d'une Constitution visant à donner un fondement juridique à la nation québécoise), la Fête nationale ne serait pas que folklorique, elle serait euphorique. En effet, un horizon politique nouveau apparaîtrait et susciterait beaucoup d'espoir chez les Québécois. Cela apporterait en prime de l'oxygène à notre classe politique qui en a bien besoin. Que ça ferait du bien! Bien sûr, ceci est un rêve, le dernier refuge avant une noirceur plus permanente qui a commencé, telle la nappe de pétrole dans le golfe, à s'étendre sur tout le Québec sur le plan politique.
(Denis Forcier, Le Devoir, 3 juin 2010)

Alors, poussant notre réflexion, mon collègue de la plume française et moi-même en sommes venus à nous demander jusqu'où les journalistes devront pousser les dénonciations et les révélations pour obtenir un semblant de réaction de la population. Il semble en effet que rien dans les agissements de nos leaders politiques ne peut susciter le début d'un commencement de questionnement chez les électeurs. Tous sont-ils sombrés dans un immense bain d'indifférence? Tous sont-ils devenus sourds, aveugles et muets? C'est bien évident que la chose politique n'attire pas les jeunes. Et c'est sans doute le cynisme ou l'impuissance qui habitent les vieux.

Mon collègue a émis l'opinion, comme la Nièce littéraire l'avait déjà fait en réponse à un de mes blogs sur un sujet semblable, qu'il fallait peut-être abandonner l'idée de sauver le monde pour se concentrer sur notre petit jardin. (Oui, chère Nièce, il a, tout comme toi, utilisé la métaphore du jardinet.) J'ai réfléchi quelques minutes à cette solution. Mais je l'ai vite rejetée et voici pourquoi.

Il y a de cela quelques années, quand le Fils et la Fille étaient au primaire et au secondaire, je faisais partie des conseils d'établissement des deux écoles qu'ils fréquentaient avec l'idée, comme les autres parents qui m'accompagnaient dans cette odyssée, que j'allais pouvoir contribuer à améliorer le monde scolaire. J'ai assisté à moult réunions et débats, j'ai été frustrée à un nombre incalculable de reprises par l'intransigeance de certains directeurs ou enseignants, j'ai protesté sans succès pour faire renverser des décisions qui m'apparaissaient injustes ou dénuées de tout sens commun. J'ai gardé un goût amer de l'expérience et béni le ciel le jour où la Fille a finalement revêtu sa robe de graduation. Adieu règlements stupides, budgets insuffisants, arguments stériles! J'ai fait ma part. J'ai donné. Je n'y reviendrai pas. C'est ce que je pensais il n'y a pas si longtemps encore jusqu'à ce que je réalise que je devrai, inévitablement, renouer éventuellement avec le monde scolaire, ne serait-ce que pour me tenir au courant de ce qui va toucher un jour mes petits-enfants ou plus simplement pour les aider à faire leurs devoirs. Et c'est là que le petit jardin perd un peu beaucoup de son sens.

Nul n'est une île. Certes, il peut parfois sembler facile ou tentant de se dire que des projets de loi sur le droit d'auteur, sur le registre des armes à feu, sur les organismes qui défendent les droits des femmes, sur le calendrier scolaire, sur les jeunes contrevenants, pour ne prendre que ces quelques exemples, ne nous touchent pas et que nous n'avons que faire des modifications qu'ils apportent à notre société. Fort bien. Mais qui nous dit que nous ne serons pas un jour plagiés? Je pense ici au Pusher de metal dont le groupe doit lancer un CD sous peu. Si tout le monde le copie et personne ne l'achète, comment les membres du groupe vont-ils récupérer un peu de leur investissement? De la même façon, qui dit que nous ne serons pas à un moment de notre vie un de ces vieux placés dans des établissements où on laisse mariner les gens dans leur jus, où on ne sert que du manger mou, des patates en flocons réhydratées et des fruits en boîte et où les seules distractions offertes se limitent aux prestations piteuses de clowns imbéciles? Et je ne souhaite à personne d'entre nous d'être victime d'un acte de violence qui aurait pu être prévenu ou atténué si les policiers appelés en renfort avaient su qu'il y avait un tireur armé dans la maison.

Oui, on peut se concentrer sur notre jardinet. Et c'est important de le faire. Mais il faut aussi regarder par dessus nos plates-bandes et s'intéresser à nos voisins. Est-ce qu'ils utilisent sans vergogne des produits chimiques et des pesticides? Si c'est le cas, nos légumes risquent d'être contaminés. Plus important encore, nos enfants et nos animaux domestiques aussi.

Notre engagement ne s'arrête pas à nous, il doit comprendre les autres.

« Aucun homme n’est une île, un tout, complet en soi; tout homme est un fragment du continent, une partie de l’ensemble; si la mer emporte une motte de terre, l’Europe en est amoindrie, comme si les flots avaient emporté un promontoire, le manoir de tes amis ou le tien; la mort de tout homme me diminue, parce que j’appartiens au genre humain; aussi n’envoie jamais demander pour qui sonne le glas : c’est pour toi qu’il sonne ». (Wikipédia, John Donne)

mercredi 2 juin 2010

Rêve éveillé

J'ai trop de temps peut-être. Trop de temps pour penser. Trop de temps pour m'informer. Trop de temps pour m'interroger. Je l'ai déjà dit et je me répète : la conscience, ça use. Parfois même, ça tue.

J'en discutais justement aujourd'hui avec mon collègue de la plume française. Tous deux atteints d'une écoeurantite aiguë de la vie causée en partie, j'en conviens, par notre oisiveté prolongée, nous en sommes aussi arrivés à mettre le doigt sur une autre raison de notre baisse de moral. Oui, la morosité du climat politique, à toutes les échelles, semble nous rentrer dedans.

Je comprends que les affaires publiques n'intéressent à peu près personne. Mais, du même souffle, je ne comprends pas vraiment. Même s'il est vrai que cela demande un effort pour se tenir au courant des décisions prises par nos dirigeants, même s'il est vrai qu'il y a peu d'appelés pour défendre des idées nouvelles et beaucoup trop d'élus pour ressasser les rengaines ringardes du passé, même s'il est vrai que les choses semblent presque toutes couler dans le béton du manque de volonté, du cynisme et de l'escroquerie, nous devons garder l'espoir de pouvoir changer la grisaille de l'horizon pour l'éclatante lumière de la vérité.

Je rêve, je ne le sais que trop. Je rêve d'un pays où les citoyens allumés refusent de répéter les erreurs du passé. J'imagine un pays où tout le monde se préoccupe pour vrai des inégalités sociales, de la pauvreté, de l'éducation, de l'environnement, de la santé. J'utopise un pays qui valorise l'innovation, la créativité, la culture, les arts et, pourquoi pas, le nivellement vers le haut et l'échange de points de vue rafraîchissants et mobilisateurs.

Je vois du vert partout : des bicylettes, du transport en commun adapté aux besoins, moins de véhicules sur les routes. Je vois de l'orangé mur à mur : des gens qui prennent leur santé en main, des médecins qui acceptent de collaborer avec des thérapeutes spécialistes d'approches plus naturelles, des personnes qui font de l'exercice et qui s'alimentent correctement. Je vois du bleu pas juste au firmament : des voisins qui s'entraident et qui ne connaissent pas les chicanes de clôtures, des personnes à l'écoute des difficultés de leurs concitoyens et qui prennent les mesures nécessaires pour leur permettre de s'en sortir. Je vois du violet et pas dans les églises : les gens pratiquent leur côté zen et vivent en harmonie les uns avec les autres. Je vois du jaune éclatant comme le soleil, éclatant comme les yeux des enfants parce qu'ils sont heureux, parce qu'ils sont aimés, parce qu'ils fréquentent un système scolaire qui leur apprend leur langue et leur histoire, parce qu'ils peuvent jouer dans d'immenses parcs, parce qu'ils ont leur place à eux dans cette société idyllique. Enfin, je vois du rouge pour la passion qui anime tous les citoyens de ce pays rêvé.

Que disais-je déjà? Ah! oui, trop de temps pour rêver. Et, plus tard que tôt je l'espère, pas assez de temps pour voir le rêve se réaliser. Dommage que l'on ne se donne plus le droit de rêver. Loin d'être inutile et d'être confiné à l'évasion, le rêve permet aussi de créer dans l'imaginaire le possible à venir. Parce qu'il ne connaît pas de limites, il nous entraîne dans des contrées inexplorées et nous fait parfois découvrir des solutions originales. Si vous pensez que je suis dans la lune, chut! Ne me réveillez pas!
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Notes félines : Depuis quelques jours, ma petite Mignonne s'en donnait à coeur joie dans une des deux grosses plantes que je garde dans la maison. Il y avait sans cesse de la terre à ramasser autour du pot. Évidemment, impossible de la prendre sur le fait pour lui adresser quelques remontrances bien méritées... jusqu'à ce que je la surprenne hier soir, les quatre pattes dans le pot, en train de sauter pour essayer d'atteindre la fenêtre. J'ai compris. Derrière cette fenêtre, il y a des mangeoires pour les oiseaux, lesquels chantent à tue-tête pendant la journée et volettent d'une branche à l'autre du cèdre. Pauvre Mignonne qui entendait tout ce raffut sans être en mesure de constater de visu ce qui se passait. J'ai donc déplacé la plante pour installer une chaise près de la fenêtre. Qui vis-je s'y précipiter aussitôt? Mignonne, bien sûr, dressée sur ses deux pattes de derrière pour mieux voir l'action qui se déroule de l'autre côté de la fenêtre. Suffisait d'y penser!

mardi 1 juin 2010

D'âge et de bassin

Je suis vieille. Je sens mon âge dans les multiples courbatures qui m'affligent depuis quelques jours. Je crois que la nage dans le bassin en tenant en équilibre un bloc de ciment (non, il n'était pas attaché à mes pieds) pour y installer le nénuphar relevait tout simplement de la prouesse même pour une Marcheuse en forme. Il faut dire que cet exercice s'apparentait davantage aux arts du cirque plutôt qu'aux activités terrestres.

N'importe. Je dois terminer mon jardinage. J'ai encore quelques plantes à déplacer et d'autres à installer. J'ai même encore, le croiriez-vous, des pots vides qui attendent leur futur occupant. Alors ce soir, en revenant du boulot, je me suis lancée à corps perdu dans la grande plate-bande d'ombre, celle dont je n'avais fait le ménage qu'à la moitié. J'ai donc commencé par le bout pas encore fait et je me suis fixée une limite de deux heures de travail pendant lesquelles j'ai redressé les fleurs qui ont pour manie de s'effondrer après la moindre pluie, transplanté l'échinacée auprès de ses congénères, relocalisé trois hostas pour les rapprocher des astilbes, rajouté de la terre, tracé les limites du massif, étendu du paillis. Heureusement, il ne faisait pas trop chaud mais au bout du compte à rebours, j'étais exténuée.

J'aurais voulu avoir la force d'étendre un dernier sac de paillis mais je ne me sentais pas capable de le soulever... encore moins d'en répartir le contenu autour des heuchères, là où j'étais rendue. De toute façon, le soleil baissait et il créait un éclairage idyllique sur mon bassin. Je me suis installée sur ma grosse roche plate et j'ai emmagasiné la douce chaleur que Galarneau projetait. Je n'ai évidemment pas pu résister à me mettre les pieds à l'eau. Ah!!! c'est tellement rafraîchissant. J'ai fermé les yeux un instant et savouré pleinement ce moment extraordinaire de bien-être. Le bruit de l'eau... c'est thérapeutique.

Pendant que je vous écris, avec les fenêtres ouvertes, j'entends d'ailleurs très bien la voix de mon bassin. Elle m'appelle à la quiétude, à la paix, au plaisir de profiter pleinement de la nature. Elle me dit aussi qu'il commence à se faire tard et que je dois aller me coucher. Elle me rappelle qu'elle bercera mon sommeil jusqu'au matin. Qui aurait pensé que Michel Chartrand gazouillerait un jour dans ma cour pour accompagner mes rêves?

dimanche 30 mai 2010

Tout baigne... dans l'eau

Je n'ai pas pu résister pour le titre de ce blog à m'inspirer du dernier courriel reçu d'une amie dans laquelle celle-ci me demandait où nous en étions avec notre plan d'eau. Eh! bien, je suis fière de vous annoncer que le plan d'eau Michel Chartrand fait maintenant entendre un doux bruit cristallin!

Grâce à l'aide de l'ex-collègue de l'Homme expertenbassin, nous avons pu terminer les travaux cet après-midi. Nous avons même eu le temps d'aller acheter quelques plantes aquatiques dont un nénuphar qui m'a permis de littéralement me jeter à l'eau pour réaliser mon projet. C'est que, voyez-vous (comme dirait un ancien premier ministre du Canada qui n'était finalement pas si mal que ça quand on le compare à qui nous gouverne de nos jours), le nénuphar en question devait être installé dans la partie profonde du bassin. Comme il n'a pas encore les tiges assez longues pour que ses feuilles puissent flotter à la surface, il a fallu mettre son pot sur deux blocs de ciment préalablement immergés dans la zone en question. C'est qui, pensez-vous, qui s'est portée volontaire pour s'enfoncer dans deux pieds et demi d'eau? Oui, oui, c'est bibi! Et je peux vous dire que l'eau était froide et que c'est bien parce que je tenais absolument à voir mon nénuphar en place que j'ai décidé de plonger et de me mouiller le fond de culotte et une partie de la devanture. Brrr... Mais oublions les frissons et pensons plutôt à la nécessité de faire ce qu'il faut pour obtenir les résultats désirés.

Il ne manque maintenant que les poissons que nous ajouterons probablement la fin de semaine prochaine. Entre-temps, je contemple mon étang sans me lasser. L'Homme et moi adorons le petit bruit d'eau de la pompe que l'expertenbassin a ajusté pour qu'elle produise un jet en forme de parapluie. Absolument à se rouler par terre. J'ai également réussi à me doter d'un banc d'où je pourrai admirer mon oeuvre de plus près. Nous avons ajouté une belle grosse pierre par-dessus une autre et voilà... le tour est joué. Je pourrai même m'y asseoir pour m'y tremper les pieds quand il fera un peu plus chaud. Je serai la petite baigneuse!
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Notes pédestres : J'ai marché vendredi et samedi. Vendredi, j'inaugurais une nouvelle paire de shorts ultra-légers. C'était super confortable. Et hier, il faisait quand même un peu chaud au soleil. Et j'étais fatiguée. Et, allez savoir pourquoi, je me sentais anxieuse. Enfin, bref, j'ai marché quand même mais en ayant la désagréable impression d'avoir un lac de larmes à l'intérieur de moi. Ben aujourd'hui le lac est dans le jardin. Ça fait du bien!