Je trépigne parce que je suis obligée d'attendre encore quelques jours avant de reprendre la route. Je m'impatiente encore plus en voyant les progrès de ma guérison. Ainsi, aujourd'hui, c'était franchement mieux. Je ne boîte pratiquement plus. Je peux même appuyer sur toute ma plante de pied sans ressentir de grosse douleur. C'est très encourageant. J'éprouve encore de la difficulté à me tenir sur le bout des orteils mais comme je ne suis pas attendue pour une tournée avec les Grands Ballets, cela ne devrait pas me décourager outre-mesure! Et si je faisais plutôt partie des personnes pour qui la cortisone peut faire des miracles? Ce serait drôlement bien.
J'essaie donc de prendre mon mal en patience. Comme la température n'est pas clémente, cela m'aide à ne pas me précipiter trop vite sur les trottoirs. Et comme m'a dit la soeur du Milieu ce soir, j'ai toujours la possibilité de marcher dans ma tête. Quand elle m'a passé cette remarque qui se voulait amusante, je n'ai quand même pas pu empêcher un léger frisson me parcourir l'échine. Pendant un bref instant, cela m'a ramenée en arrière. En effet, au cours des années, j'ai fait pas mal plus de millage dans ma tête que dans la ville. Et j'ai appris à mes dépens que cet exercice pouvait parfois présenter pour moi un certain danger pour ne pas dire un danger certain.
Je me rends bien compte maintenant que je prends l'air régulièrement à quel point la tête est un milieu renfermé. Cela peut être utile pour se concentrer sur un problème ou pour regrouper ses pensées. Quand on n'en sort jamais, toutefois, on finit par s'asphyxier, la qualité de l'air laissant de plus en plus à désirer. Et tout le monde sait que lorsque notre cerveau manque d'oxygène, on n'est pas à notre meilleur pour dire ou faire quoi que ce soit!
J'ai souvent manqué d'oxygène. Je n'ai pas honte de le dire. Je me bouffais moi-même. Je restais là à ressasser les mêmes peurs, les mêmes angoisses, les mêmes idées noires. Comment aurais-je pu faire autrement? L'air était vicié et étouffant. J'avais fermé toutes les portes et placardé les fenêtres. L'extérieur était bien trop menaçant. Pourquoi ai-je décidé un jour de rompre avec ce milieu aliénant pour laisser entrer la lumière? Tout simplement parce que le statu quo n'était plus possible. Ce que je vivais dans ma tête était devenu plus épeurant que tout ce que je pouvais imaginer des dangers qui se trouvaient en dehors de ma boîte crânienne.
Depuis, je marche dehors pour aérer le dedans. Simplement écrire ces mots suscite en moi l'envie presque irrésistible d'enfiler mes espadrilles pour aller respirer l'air frais de la vie. Si vous saviez... tous les jours je rends grâce pour mes deux pieds. Je les ai connectés à mon cerveau pour que chacun de leurs pas entrouvre une porte, lève un store... fasse la lumière.
_______________________
Notes amicales : Demain c'est la fête du Pusher de Metal. Alors, tous en choeur et sur un air de metal : Cher Yosterdude c'est à ton tour de te laisser parler d'amour! :))
dimanche 31 mai 2009
vendredi 29 mai 2009
Une journée sur Terre
J'entre dans l'autobus ce matin et, comme à l'habitude, je me dirige vers l'arrière. J'aime bien, quand il y a de la place, m'asseoir sur le grand banc latéral qui s'y trouve. Mais, avant d'y arriver aujourd'hui, j'ai bien été obligée de prêter attention à un jeune homme assis près d'une des fenêtres. Et pourquoi, me demandez-vous, a-t-il attiré mon regard? C'est que sa tête était coiffée d'un imposant chapeau de papier qui ressemblait à une couronne et sur lequel était inscrit le mot "King". Voilà pour un début de journée plutôt inhabituel!
Comme je me dirigeais par la suite vers le bureau, je rencontre...non, pas mon balayeur matinal, mais un jeune homme à bicyclette qui freine brusquement pour s'arrêter devant moi. Il me demande alors si je parle anglais et si je le comprends bien. Devant mon oui sans équivoque à ses deux questions, il se met à me raconter son histoire. Sa femme enceinte qui a faim. Ses démarches auprès des différentes banques alimentaires qui ne peuvent pas l'aider parce qu'il n'est pas encore inscrit sur leur liste. Le CLSC qui va pouvoir lui fournir des oeufs, du lait et du jus d'orange mais seulement lundi. La fin de semaine qui s'annonce longue avec un estomac vide. Je l'écoute attentivement et je lui dis : "What do you want from me?". Il m'avait déjà précisé qu'il ne voulait pas d'argent. Alors il me répond qu'il cherche une personne de bonne volonté qui pourrait l'accompagner au magasin pour lui acheter quelques victuailles. Je n'ai fait ni une, ni deux. J'ai sorti 10 $ de ma poche et je les lui ai remis. Il m'a regardée en me disant qu'il allait pleurer. Il m'a même embrassé la main. Comme je m'informais si c'était assez, il m'a répondu qu'il aurait eu besoin d'un peu plus mais que c'était déjà très bien. Je lui ai donné plus de sous. Il m'a demandé mon nom et m'a souhaité une bonne journée en me faisant une accolade. Comme il repartait à vélo, je me suis retournée pour lui demander aussi son nom. "My name is Benjamin". - "Well, Benjamin, I hope that I will meet you again". Il est reparti et m'a laissée seule sur le trottoir avec mes larmes. C'était à la fois irréel et d'une réalité crue. Oui, mes amis, pas besoin d'aller bien loin pour trouver des gens qui ont faim. Il y en a aussi à nos portes et plus que nous ne pouvons même l'imaginer.
Comme je vous le mentionnais hier, j'ai terminé ma journée chez le Doc. Il était de fort bonne humeur et, comme toujours, d'une absolue et totale gentillesse. J'avais la Fille pour me tenir la main et le Doc pour me rassurer. Que demander de mieux? Ça a fait mal quand même mais j'ai pensé à la soeur du Milieu et j'ai été brave.
Est-il trop tôt pour citer le capitaine Haddock? "Elle s'en va, elle s'en va ma douleur au pied!" À suivre.
Comme je me dirigeais par la suite vers le bureau, je rencontre...non, pas mon balayeur matinal, mais un jeune homme à bicyclette qui freine brusquement pour s'arrêter devant moi. Il me demande alors si je parle anglais et si je le comprends bien. Devant mon oui sans équivoque à ses deux questions, il se met à me raconter son histoire. Sa femme enceinte qui a faim. Ses démarches auprès des différentes banques alimentaires qui ne peuvent pas l'aider parce qu'il n'est pas encore inscrit sur leur liste. Le CLSC qui va pouvoir lui fournir des oeufs, du lait et du jus d'orange mais seulement lundi. La fin de semaine qui s'annonce longue avec un estomac vide. Je l'écoute attentivement et je lui dis : "What do you want from me?". Il m'avait déjà précisé qu'il ne voulait pas d'argent. Alors il me répond qu'il cherche une personne de bonne volonté qui pourrait l'accompagner au magasin pour lui acheter quelques victuailles. Je n'ai fait ni une, ni deux. J'ai sorti 10 $ de ma poche et je les lui ai remis. Il m'a regardée en me disant qu'il allait pleurer. Il m'a même embrassé la main. Comme je m'informais si c'était assez, il m'a répondu qu'il aurait eu besoin d'un peu plus mais que c'était déjà très bien. Je lui ai donné plus de sous. Il m'a demandé mon nom et m'a souhaité une bonne journée en me faisant une accolade. Comme il repartait à vélo, je me suis retournée pour lui demander aussi son nom. "My name is Benjamin". - "Well, Benjamin, I hope that I will meet you again". Il est reparti et m'a laissée seule sur le trottoir avec mes larmes. C'était à la fois irréel et d'une réalité crue. Oui, mes amis, pas besoin d'aller bien loin pour trouver des gens qui ont faim. Il y en a aussi à nos portes et plus que nous ne pouvons même l'imaginer.
Comme je vous le mentionnais hier, j'ai terminé ma journée chez le Doc. Il était de fort bonne humeur et, comme toujours, d'une absolue et totale gentillesse. J'avais la Fille pour me tenir la main et le Doc pour me rassurer. Que demander de mieux? Ça a fait mal quand même mais j'ai pensé à la soeur du Milieu et j'ai été brave.
Est-il trop tôt pour citer le capitaine Haddock? "Elle s'en va, elle s'en va ma douleur au pied!" À suivre.
jeudi 28 mai 2009
À la demande générale...
... je blogge même si vous ne me méritez pas. Même si, par l'absence de vos commentaires, chers lecteurs, j'ai l'impression d'envoyer mes messages non plus dans le cyberespace mais bien dans le triangle des Bermudes!
Qu'ai-je à me plaindre cependant? Oui, qu'ai-je à revendiquer une interaction avec mon public puisque, comme me le faisait remarquer la soeur Psy, "tu n'écris pas pour nous lire, c'est nous qui te lisons". Hum! il me semblait que cela sonnait mieux quand elle me l'a dit au téléphone. Tant pis, je l'avais avertie qu'elle pouvait être citée et c'est fait.
À part ça, quoi de neuf chez vous? Moi je compte tuer le veau gras en fin de semaine car le Fils, celui que je croyais avoir perdu, oui le Fils est revenu. Il arrive demain soir et je suis d'un enthousiasme maternel débordant. Je le soupçonne d'avoir un peu cédé au chantage-de-la-mère-qui-s'ennuie-à-mourir. Qu'à cela ne tienne! Je revendique l'utilisation de toute arme qui me permet d'avoir le Fils et la Fille auprès de moi.
Ah! justement, je pourrais aussi vous donner des nouvelles de la Fille et de son projet d'été. J'ai encore mes préoccupations, c'est sûr, mais je ne peux m'empêcher de l'admirer pour sa détermination et son sens de l'organisation. Elle a acheté ses billets. Elle a monté la tente pour s'assurer que tous les morceaux étaient là. Et, surtout, elle s'est procuré des cartes d'appel, et ce, sans que je le lui demande. Cela veut dire qu'elle a l'intention de me donner des nouvelles de temps à autre. Je m'en réjouis grandement car je sais que je vais m'inquiéter et échafauder, à cause de cela, quelque scénario catastrophique dont j'ai le secret. J'imagine déjà les manchettes : "Une avalanche écrase des cueilleurs de cerises" ou "Des ours affamés envahissent les fermes de la vallée de l'Okanagan et dévorent tout sur leur passage y compris des jeunes travailleurs venus à B.C. (prononcer bici) pour ramasser de l'argent pour leurs études" ou "D'honnêtes étudiants se font arnaquer par de purs inconnus qui ont caché des joints dans leur sac à dos". Je m'arrête là... pour l'instant.
En terminant, je vous demande d'avoir une bonne pensée pour l'humble Marcheuse urbaine qui recevra demain une injection de cortisone entre les deux orteils (j'ai pas dit oreilles, mais orteils!!).
La question reste entière. Va-t-elle se mettre à écrire comme un pied?
Qu'ai-je à me plaindre cependant? Oui, qu'ai-je à revendiquer une interaction avec mon public puisque, comme me le faisait remarquer la soeur Psy, "tu n'écris pas pour nous lire, c'est nous qui te lisons". Hum! il me semblait que cela sonnait mieux quand elle me l'a dit au téléphone. Tant pis, je l'avais avertie qu'elle pouvait être citée et c'est fait.
À part ça, quoi de neuf chez vous? Moi je compte tuer le veau gras en fin de semaine car le Fils, celui que je croyais avoir perdu, oui le Fils est revenu. Il arrive demain soir et je suis d'un enthousiasme maternel débordant. Je le soupçonne d'avoir un peu cédé au chantage-de-la-mère-qui-s'ennuie-à-mourir. Qu'à cela ne tienne! Je revendique l'utilisation de toute arme qui me permet d'avoir le Fils et la Fille auprès de moi.
Ah! justement, je pourrais aussi vous donner des nouvelles de la Fille et de son projet d'été. J'ai encore mes préoccupations, c'est sûr, mais je ne peux m'empêcher de l'admirer pour sa détermination et son sens de l'organisation. Elle a acheté ses billets. Elle a monté la tente pour s'assurer que tous les morceaux étaient là. Et, surtout, elle s'est procuré des cartes d'appel, et ce, sans que je le lui demande. Cela veut dire qu'elle a l'intention de me donner des nouvelles de temps à autre. Je m'en réjouis grandement car je sais que je vais m'inquiéter et échafauder, à cause de cela, quelque scénario catastrophique dont j'ai le secret. J'imagine déjà les manchettes : "Une avalanche écrase des cueilleurs de cerises" ou "Des ours affamés envahissent les fermes de la vallée de l'Okanagan et dévorent tout sur leur passage y compris des jeunes travailleurs venus à B.C. (prononcer bici) pour ramasser de l'argent pour leurs études" ou "D'honnêtes étudiants se font arnaquer par de purs inconnus qui ont caché des joints dans leur sac à dos". Je m'arrête là... pour l'instant.
En terminant, je vous demande d'avoir une bonne pensée pour l'humble Marcheuse urbaine qui recevra demain une injection de cortisone entre les deux orteils (j'ai pas dit oreilles, mais orteils!!).
La question reste entière. Va-t-elle se mettre à écrire comme un pied?
mercredi 27 mai 2009
Cent milles à pied, ça use, ça use...
De guerre lasse, je suis allée consulter le Doc au sujet de mon fameux pied. Il fallait vraiment, mais vraiment, que je sois désespérée pour avoir effectué cette démarche (notez ici le jeu de mots encore une fois involontaire mais tellement approprié au contexte). En effet, cela voulait dire plusieurs heures d'attente à la clinique et, pour une hypocondriaque, je peux vous assurer qu'il ne s'agit pas du meilleur endroit où mettre les pieds (deuxième jeu de mots en deux phrases, serait-ce un exploit?).
Bref, je me suis tapée la pré-attente qui consiste à se rendre environ une heure avant le début du sans rendez-vous afin de faire la file le long d'un mur en attendant l'inscription des futurs bénéficiaires de soins de santé. Quand est venue l'heure de soumettre carte blanche (remarquez ici l'emploi de "carte blanche" au lieu de "patte blanche" et la subtile mention qui est ainsi faite de la carte d'assurance-maladie - vraiment, je n'en rate pas une!), un homme claudiquant a passé devant tout le monde pour se présenter le premier au guichet. Il a vite soulevé l'ire générale car il n'avait pas fait le mur comme tous les autres. À sa défense, il invoquait qu'il ne pouvait rester debout et qu'il attendait en bas depuis longtemps. Cette explication ne l'a pas empêché d'être chassé manu militari par la préposée à l'inscription et les futurs bénéficiaires mécontents d'être dupés par un des leurs.
La pré-attente étant terminée, je me suis ensuite tapée l'attente réelle qui a duré un peu plus de deux heures. Au cours de cette période, j'ai eu le temps de fraterniser avec les bénéficiaires numéros 3 et 6. Le numéro 3 avait l'air très mal en point. La veille, il était allé à l'urgence de l'hôpital qu'il avait quittée précipitamment après avoir arraché la perfusion qu'on lui avait faite. Il ne voulait pas attendre trente-quatre heures avant de voir un médecin! Il nous a appris, au bénéficiaire 6 et à moi-même, qu'il était aussi parti de l'hôpital parce qu'il avait été mis au courant de l'arrivée d'une personne soupçonnée d'avoir contracté le fameux virus porcin. Devant le plan d'action déployé par le personnel infirmier (tout le monde paniquait et fuyait le prétendu porc - cela rassure mon esprit hypocondriaque de voir à quel point une pandémie serait bien gérée), il n'avait pas voulu rester et s'exposer au risque d'attraper le virus.
J'ai eu également le temps de contempler je ne sais plus combien de ventres rebondissants de femmes enceintes et d'entendre hurler je ne sais plus combien de jeunes bébés venant de femmes qui ne l'étaient plus. L'une d'entre elles se mettait allègrement dans la bouche la suce qu'elle donnait ensuite à son rejeton (geste profondément dégoûtant selon moi et franchement antihygiénique), une autre se pâmait devant la beauté de son petit (je trouvais qu'il ressemblait à un nain de jardin) et lui prédisait une carrière de sapeur-pompier, et une dernière balançait le siège de son bébé dans tous les sens pour tenter d'endormir son chérubin. En parlant d'angelots, il y a deux petits démons dont j'aurais volontiers étouffé la mère qui était totalement incapable de les contrôler. Les monstres se permettaient même de fouiller directement dans le sac des patients (j'emploie ici le terme dans le sens de personnes qui perdent leur temps et qui ne disent mot).
Enfin, j'ai été appelée. J'ai vu le Doc. Il me propose une injection de cortisone qu'il pourrait me faire vendredi. Il soupçonne le syndrome de Morton. D'après lui, une seule injection pourrait faire disparaître mon problème mais il ne peut pas me garantir que la douleur ne reviendra pas. Et le Physio me propose un traitement au vinaigre pour la semaine prochaine. Il soupçonne un début de calcification osseuse. D'après lui, je devrai attendre une semaine ou deux, à raison de trois traitements par semaine, avant de voir un changement. J'ai la chienne pour ce qui est de l'injection et l'incrédulité pour le vinaigre. En fait, je ne sais plus sur quel pied danser!
Bref, je me suis tapée la pré-attente qui consiste à se rendre environ une heure avant le début du sans rendez-vous afin de faire la file le long d'un mur en attendant l'inscription des futurs bénéficiaires de soins de santé. Quand est venue l'heure de soumettre carte blanche (remarquez ici l'emploi de "carte blanche" au lieu de "patte blanche" et la subtile mention qui est ainsi faite de la carte d'assurance-maladie - vraiment, je n'en rate pas une!), un homme claudiquant a passé devant tout le monde pour se présenter le premier au guichet. Il a vite soulevé l'ire générale car il n'avait pas fait le mur comme tous les autres. À sa défense, il invoquait qu'il ne pouvait rester debout et qu'il attendait en bas depuis longtemps. Cette explication ne l'a pas empêché d'être chassé manu militari par la préposée à l'inscription et les futurs bénéficiaires mécontents d'être dupés par un des leurs.
La pré-attente étant terminée, je me suis ensuite tapée l'attente réelle qui a duré un peu plus de deux heures. Au cours de cette période, j'ai eu le temps de fraterniser avec les bénéficiaires numéros 3 et 6. Le numéro 3 avait l'air très mal en point. La veille, il était allé à l'urgence de l'hôpital qu'il avait quittée précipitamment après avoir arraché la perfusion qu'on lui avait faite. Il ne voulait pas attendre trente-quatre heures avant de voir un médecin! Il nous a appris, au bénéficiaire 6 et à moi-même, qu'il était aussi parti de l'hôpital parce qu'il avait été mis au courant de l'arrivée d'une personne soupçonnée d'avoir contracté le fameux virus porcin. Devant le plan d'action déployé par le personnel infirmier (tout le monde paniquait et fuyait le prétendu porc - cela rassure mon esprit hypocondriaque de voir à quel point une pandémie serait bien gérée), il n'avait pas voulu rester et s'exposer au risque d'attraper le virus.
J'ai eu également le temps de contempler je ne sais plus combien de ventres rebondissants de femmes enceintes et d'entendre hurler je ne sais plus combien de jeunes bébés venant de femmes qui ne l'étaient plus. L'une d'entre elles se mettait allègrement dans la bouche la suce qu'elle donnait ensuite à son rejeton (geste profondément dégoûtant selon moi et franchement antihygiénique), une autre se pâmait devant la beauté de son petit (je trouvais qu'il ressemblait à un nain de jardin) et lui prédisait une carrière de sapeur-pompier, et une dernière balançait le siège de son bébé dans tous les sens pour tenter d'endormir son chérubin. En parlant d'angelots, il y a deux petits démons dont j'aurais volontiers étouffé la mère qui était totalement incapable de les contrôler. Les monstres se permettaient même de fouiller directement dans le sac des patients (j'emploie ici le terme dans le sens de personnes qui perdent leur temps et qui ne disent mot).
Enfin, j'ai été appelée. J'ai vu le Doc. Il me propose une injection de cortisone qu'il pourrait me faire vendredi. Il soupçonne le syndrome de Morton. D'après lui, une seule injection pourrait faire disparaître mon problème mais il ne peut pas me garantir que la douleur ne reviendra pas. Et le Physio me propose un traitement au vinaigre pour la semaine prochaine. Il soupçonne un début de calcification osseuse. D'après lui, je devrai attendre une semaine ou deux, à raison de trois traitements par semaine, avant de voir un changement. J'ai la chienne pour ce qui est de l'injection et l'incrédulité pour le vinaigre. En fait, je ne sais plus sur quel pied danser!
mardi 26 mai 2009
Ce qui importe vraiment
En écoutant une reprise d'une de mes émissions préférées ce soir, j'ai versé une larme attendrie. C'était en fait l'émission qui met fin à la série, celle où tous les membres de la famille de Raymond - puisqu'il s'agit de l'émission Everybody Loves Raymond - réalisent à quel point, malgré les chicanes, les taquineries et les difficultés du quotidien, ils s'aiment plus qu'ils ne veulent bien se l'avouer. Et aussi à quel point leur vie de famille, même avec ses failles, constitue un ancrage dont ils ne peuvent se passer.
Cela a fait ressurgir en moi des images de nos fêtes de famille où l'on se retrouve tous autour d'une table pour partager un bon repas. Il y a des rires, des éclats de voix, de l'agitation, du va-et-vient et, à travers tout ça, des plats qui se passent, des verres de vin qui se versent. La conversation monte parfois mais ce n'en est que plus agréable parce qu'on sait bien qu'on argumente souvent juste pour le plaisir de le faire. Et ce que j'essaie de toujours fixer dans ma mémoire en ces occasions, ce sont nos enfants assis tous ensemble et heureux de se retrouver. Ceux-là qui vont être un jour appelés à perpétuer nos rires.
Dans l'émission de ce soir, la famille a reçu comme une décharge électrique. Raymond devait subir une intervention mineure à l'hôpital. Dans la salle d'attente où étaient réunis les membres de sa famille, on voit entrer une infirmière qui annonce à sa femme que le médecin éprouve de la difficulté à réveiller Raymond. Il semble qu'il ait mal réagi à l'anesthésie. Pendant un très bref instant, on laisse planer le pire. Et là, on constate que la femme de Raymond, qui a toujours des reproches à lui adresser, et son frère, qui est jaloux de lui notamment à cause de la préférence dont il semble jouir auprès de leur mère, deviennent absolument paniqués à l'idée de perdre Raymond. C'est comme si, tout d'un coup, ils réalisaient la place importante que Raymond occupe dans leur vie. C'est comme s'ils se rendaient soudainement compte qu'ils aiment profondément Raymond.
De la même façon, je constate qu'il m'arrive à moi aussi de prendre pour acquis que les gens de ma famille vont toujours être là. Et, à cause de ça, je ne prends pas le temps de rendre grâce pour la chance inouïe qui est la mienne d'être entourée de personnes aussi extraordinaires. Mais, plus encore, de la chance de tout simplement avoir une famille que j'aime et qui m'aime. N'est-ce pas là l'essentiel? N'est-ce pas là une richesse incroyable? N'est-ce pas là ce qui importe vraiment?
__________________________
Notes pédestres : Entraînement pénible pour deux raisons aujourd'hui - la difficulté de rester dans ma bulle et la douleur au pied. J'ai encore du travail à faire!
Cela a fait ressurgir en moi des images de nos fêtes de famille où l'on se retrouve tous autour d'une table pour partager un bon repas. Il y a des rires, des éclats de voix, de l'agitation, du va-et-vient et, à travers tout ça, des plats qui se passent, des verres de vin qui se versent. La conversation monte parfois mais ce n'en est que plus agréable parce qu'on sait bien qu'on argumente souvent juste pour le plaisir de le faire. Et ce que j'essaie de toujours fixer dans ma mémoire en ces occasions, ce sont nos enfants assis tous ensemble et heureux de se retrouver. Ceux-là qui vont être un jour appelés à perpétuer nos rires.
Dans l'émission de ce soir, la famille a reçu comme une décharge électrique. Raymond devait subir une intervention mineure à l'hôpital. Dans la salle d'attente où étaient réunis les membres de sa famille, on voit entrer une infirmière qui annonce à sa femme que le médecin éprouve de la difficulté à réveiller Raymond. Il semble qu'il ait mal réagi à l'anesthésie. Pendant un très bref instant, on laisse planer le pire. Et là, on constate que la femme de Raymond, qui a toujours des reproches à lui adresser, et son frère, qui est jaloux de lui notamment à cause de la préférence dont il semble jouir auprès de leur mère, deviennent absolument paniqués à l'idée de perdre Raymond. C'est comme si, tout d'un coup, ils réalisaient la place importante que Raymond occupe dans leur vie. C'est comme s'ils se rendaient soudainement compte qu'ils aiment profondément Raymond.
De la même façon, je constate qu'il m'arrive à moi aussi de prendre pour acquis que les gens de ma famille vont toujours être là. Et, à cause de ça, je ne prends pas le temps de rendre grâce pour la chance inouïe qui est la mienne d'être entourée de personnes aussi extraordinaires. Mais, plus encore, de la chance de tout simplement avoir une famille que j'aime et qui m'aime. N'est-ce pas là l'essentiel? N'est-ce pas là une richesse incroyable? N'est-ce pas là ce qui importe vraiment?
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Notes pédestres : Entraînement pénible pour deux raisons aujourd'hui - la difficulté de rester dans ma bulle et la douleur au pied. J'ai encore du travail à faire!
lundi 25 mai 2009
Ce qui reste
C'est l'humanité qui m'a raccrochée aujourd'hui. En effet, quand je repense à ma journée et à toutes les frustrations qu'elle m'a causées, la seule chose qui me revient en tête et qui me permet d'esquisser un sourire intérieur en sentant un petit bonheur m'envahir, ce sont les merveilleuses personnes qui ont croisé mon chemin.
Mon premier merci s'adresse donc à ce gentil monsieur préposé au balayage des trottoirs sur la promenade du Portage. Je le rencontre tous les matins dès que le printemps se pointe le bout du nez. À 6 h 30, il est déjà à son poste. Inlassablement, il ramasse mégots et papiers que les fêtards de la veille ont négligemment laissé tomber. Il est toujours souriant et de bonne humeur. Rien ne lui fait davantage plaisir qu'un bonjour en passant et, si on veut ajouter une cerise sur le sundae, on lui fait un brin de causette. Il s'accote alors sur son balai et il se met à discuter du temps qu'il fait, bien sûr, mais aussi du Festival des tulipes, des Grands Feux du Casino et des OVNIS. Il paraît qu'il en voit fréquemment...
Mon deuxième merci c'est à l'Ami que je le dois. Sans son coup de téléphone quotidien, je ne sais pas ce que je deviendrais. Habituellement, j'ai le temps de préparer mon café avant que le combiné ne carillonne. Je reconnais tout de suite son numéro sur l'afficheur et je n'ai pas besoin de réciter mon nom et celui de mon service pour dire tout de suite bonjour à l'Ami. Et nous commençons la journée en parlant d'actualité, ou de ceux que nous aimons et certainement de ceux que nous aimons moins. Nous déconnons un bon coup et nous sommes ensuite prêts à rembarquer dans la galère.
Et, enfin, un merci bien spécial aujourd'hui à la dame qui s'occupe de l'entretien sur notre étage. Elle m'avait appris il y a quelques semaines que son mari avait un cancer du colon. Eh! bien, en la croisant cet après-midi dans le corridor, je lui ai demandé des nouvelles et elle m'a dit que les spécialistes étaient très confiants parce que le cancer avait été pris à temps. Nous avons discuté longuement et elle était visiblement tellement contente en envisageant la guérison de son mari. Je la trouve si attachante et je l'admire de travailler aussi fort encore à son âge.
Dire que pendant ce temps, dans une galaxie près de chez nous, on s'énerve pour des dossiers...
Mon premier merci s'adresse donc à ce gentil monsieur préposé au balayage des trottoirs sur la promenade du Portage. Je le rencontre tous les matins dès que le printemps se pointe le bout du nez. À 6 h 30, il est déjà à son poste. Inlassablement, il ramasse mégots et papiers que les fêtards de la veille ont négligemment laissé tomber. Il est toujours souriant et de bonne humeur. Rien ne lui fait davantage plaisir qu'un bonjour en passant et, si on veut ajouter une cerise sur le sundae, on lui fait un brin de causette. Il s'accote alors sur son balai et il se met à discuter du temps qu'il fait, bien sûr, mais aussi du Festival des tulipes, des Grands Feux du Casino et des OVNIS. Il paraît qu'il en voit fréquemment...
Mon deuxième merci c'est à l'Ami que je le dois. Sans son coup de téléphone quotidien, je ne sais pas ce que je deviendrais. Habituellement, j'ai le temps de préparer mon café avant que le combiné ne carillonne. Je reconnais tout de suite son numéro sur l'afficheur et je n'ai pas besoin de réciter mon nom et celui de mon service pour dire tout de suite bonjour à l'Ami. Et nous commençons la journée en parlant d'actualité, ou de ceux que nous aimons et certainement de ceux que nous aimons moins. Nous déconnons un bon coup et nous sommes ensuite prêts à rembarquer dans la galère.
Et, enfin, un merci bien spécial aujourd'hui à la dame qui s'occupe de l'entretien sur notre étage. Elle m'avait appris il y a quelques semaines que son mari avait un cancer du colon. Eh! bien, en la croisant cet après-midi dans le corridor, je lui ai demandé des nouvelles et elle m'a dit que les spécialistes étaient très confiants parce que le cancer avait été pris à temps. Nous avons discuté longuement et elle était visiblement tellement contente en envisageant la guérison de son mari. Je la trouve si attachante et je l'admire de travailler aussi fort encore à son âge.
Dire que pendant ce temps, dans une galaxie près de chez nous, on s'énerve pour des dossiers...
dimanche 24 mai 2009
De l'anxiété à l'excès...cela fait deux X
La journée avait plutôt bien commencé. Comme hier, dès 8 h ce matin, j'arpentais les rues du quartier. J'avais les mollets un peu plus lourds, cependant, pour monter et descendre mes escaliers. Je crois que les longues heures de jardinage avaient laissé leurs traces.
C'est dans l'après-midi que cela s'est gâté. Un soupçon d'hypocondrie mêlé à une goutte d'anxiété et je venais d'obtenir le mélange parfait pour jouir de la vie en pensant qu'elle va se terminer d'une minute à l'autre. J'ai d'abord tenté de diluer cette combinaison explosive en allant à pied faire quelques courses. Je cherchais entre autres une doublure pour le rideau de douche. Je vous préviens tout de suite que cette partie de mon récit est totalement non intéressante selon les dires de la Fille à qui j'ai raconté ma folle équipée.
Je disais donc que je cherchais une doublure pour le rideau de douche. Je ne veux jamais payer cher pour cet article car je refuse de le laver lorsqu'il commence à se tacher. Je préfère le jeter tout simplement et en acheter un autre. Avouez que voilà tout un engagement envers l'environnement! Je n'ai pas seulement le pouce vert, j'ai aussi le geste vert...la poubelle.
Je me suis donc dirigée en premier lieu au Dollarama. Il y avait bien le modèle que je voulais mais il coûtait 7 $. Étonnant comme prix, non? Je ne sais pas pourquoi je pensais que ce magasin ne vendait rien qui valait plus cher que, disons, 5 $. En tout cas, j'ai refusé de dépenser aussi follement mon argent et j'ai pris la décision de braver la morosité de l'affreux Rossy.
Ce magasin, qui a dans ses belles années occupé un local convenable au petit centre commercial du quartier, a maintenant déménagé toute sa précieuse marchandise dans le sous-sol. Descendre les escaliers qui mènent à cet antre du mauvais goût et du profond désespoir représente un exploit en soi. Je peux déjà vous dire que cela n'a rien fait pour améliorer l'état dans lequel je me trouvais. Mais j'étais déterminée à réaliser l'aubaine du siècle. J'ai donc traversé le tourniquet et me suis retrouvée dans la caverne d'Ali Baba.
Comme j'y étais déjà allée, je n'ai pas eu trop à me promener dans les allées bondées d'objets de mauvaise qualité égale et de provenance asiatique semblable. J'ai quand même dû m'adresser à une jeune vendeuse occupée à perdre son âme en tentant de mettre de l'ordre dans ce qui me semblait justement être des rideaux de douche qu'elle avait étalés par terre en plein milieu de la place. Son regard a semblé s'allumer à la mention "doublure de rideau de douche", mais il s'est tout de suite éteint quand j'ai précisé que je voulais le modèle avec oeillets de métal. De toute évidence, ce n'était pas le modèle qu'elle vendait le plus souvent. De plus, le mot "oeillet" semblait tout juste lui évoquer l'idée d'une fleur. C'est ce qu'elle m'a proposé d'ailleurs : un rideau avec des fleurs! Je l'ai remerciée et ai finalement trouvé toute seule le rideau tant convoité qui se vendait, tenez-vous bien, au prix incroyablede 5,40 $ .
Tenant mon précieux butin entre les mains, je me suis rendue aux caisses, plus précisément à la seule et unique caisse qui était ouverte et à côté de laquelle une dizaine de personnes attendaient patiemment de s'acquitter de leurs achats. La préposée au trésor de Rossy a vainement demandé du renfort à une collègue qui semblait être responsable de l'intendance de la caverne cette journée-là. Malheureusement, celle-ci avait visiblement perdu tout désir d'être choisie comme employée du mois. Elle est arrivée en se traînant les pieds, l'air tout à fait écoeuré d'avoir écopé d'une sentence à vie non méritée, et elle a répondu à la pauvre caissière débordée : "Arrange-toi avec les clients, moi je m'en vais en pause". Et c'est ce qu'elle a fait. N'empêche. Je me suis trouvée presque ridicule d'attendre plus de quinze minutes pour ma doublure de rideau de douche avec oeillets de métal, mais comme elle était à un prix défiant toute concurrence...
De retour à la maison après toutes ces émotions, je me sentais toujours aussi menacée d'avoir à régler mes arrangements funéraires plus vite que prévu. J'ai donc décidé de cuisiner pour me changer les idées fixes. J'ai fait deux pains aux bananes, vingt-quatre muffins aux dattes et une salade de chou-fleur. Je me suis arrêtée en voyant l'amas de vaisselle sale sur le comptoir!
Heureusement que je suis aussi Pusher de calories à mes heures. J'ai donc envoyé l'Homme porter une partie de mes excès culinaires au Pusher de metal. Au fait, je me demande si ce dernier a une doublure de rideau de douche avec oeillets de métal??!!
C'est dans l'après-midi que cela s'est gâté. Un soupçon d'hypocondrie mêlé à une goutte d'anxiété et je venais d'obtenir le mélange parfait pour jouir de la vie en pensant qu'elle va se terminer d'une minute à l'autre. J'ai d'abord tenté de diluer cette combinaison explosive en allant à pied faire quelques courses. Je cherchais entre autres une doublure pour le rideau de douche. Je vous préviens tout de suite que cette partie de mon récit est totalement non intéressante selon les dires de la Fille à qui j'ai raconté ma folle équipée.
Je disais donc que je cherchais une doublure pour le rideau de douche. Je ne veux jamais payer cher pour cet article car je refuse de le laver lorsqu'il commence à se tacher. Je préfère le jeter tout simplement et en acheter un autre. Avouez que voilà tout un engagement envers l'environnement! Je n'ai pas seulement le pouce vert, j'ai aussi le geste vert...la poubelle.
Je me suis donc dirigée en premier lieu au Dollarama. Il y avait bien le modèle que je voulais mais il coûtait 7 $. Étonnant comme prix, non? Je ne sais pas pourquoi je pensais que ce magasin ne vendait rien qui valait plus cher que, disons, 5 $. En tout cas, j'ai refusé de dépenser aussi follement mon argent et j'ai pris la décision de braver la morosité de l'affreux Rossy.
Ce magasin, qui a dans ses belles années occupé un local convenable au petit centre commercial du quartier, a maintenant déménagé toute sa précieuse marchandise dans le sous-sol. Descendre les escaliers qui mènent à cet antre du mauvais goût et du profond désespoir représente un exploit en soi. Je peux déjà vous dire que cela n'a rien fait pour améliorer l'état dans lequel je me trouvais. Mais j'étais déterminée à réaliser l'aubaine du siècle. J'ai donc traversé le tourniquet et me suis retrouvée dans la caverne d'Ali Baba.
Comme j'y étais déjà allée, je n'ai pas eu trop à me promener dans les allées bondées d'objets de mauvaise qualité égale et de provenance asiatique semblable. J'ai quand même dû m'adresser à une jeune vendeuse occupée à perdre son âme en tentant de mettre de l'ordre dans ce qui me semblait justement être des rideaux de douche qu'elle avait étalés par terre en plein milieu de la place. Son regard a semblé s'allumer à la mention "doublure de rideau de douche", mais il s'est tout de suite éteint quand j'ai précisé que je voulais le modèle avec oeillets de métal. De toute évidence, ce n'était pas le modèle qu'elle vendait le plus souvent. De plus, le mot "oeillet" semblait tout juste lui évoquer l'idée d'une fleur. C'est ce qu'elle m'a proposé d'ailleurs : un rideau avec des fleurs! Je l'ai remerciée et ai finalement trouvé toute seule le rideau tant convoité qui se vendait, tenez-vous bien, au prix incroyable
Tenant mon précieux butin entre les mains, je me suis rendue aux caisses, plus précisément à la seule et unique caisse qui était ouverte et à côté de laquelle une dizaine de personnes attendaient patiemment de s'acquitter de leurs achats. La préposée au trésor de Rossy a vainement demandé du renfort à une collègue qui semblait être responsable de l'intendance de la caverne cette journée-là. Malheureusement, celle-ci avait visiblement perdu tout désir d'être choisie comme employée du mois. Elle est arrivée en se traînant les pieds, l'air tout à fait écoeuré d'avoir écopé d'une sentence à vie non méritée, et elle a répondu à la pauvre caissière débordée : "Arrange-toi avec les clients, moi je m'en vais en pause". Et c'est ce qu'elle a fait. N'empêche. Je me suis trouvée presque ridicule d'attendre plus de quinze minutes pour ma doublure de rideau de douche avec oeillets de métal, mais comme elle était à un prix défiant toute concurrence...
De retour à la maison après toutes ces émotions, je me sentais toujours aussi menacée d'avoir à régler mes arrangements funéraires plus vite que prévu. J'ai donc décidé de cuisiner pour me changer les idées fixes. J'ai fait deux pains aux bananes, vingt-quatre muffins aux dattes et une salade de chou-fleur. Je me suis arrêtée en voyant l'amas de vaisselle sale sur le comptoir!
Heureusement que je suis aussi Pusher de calories à mes heures. J'ai donc envoyé l'Homme porter une partie de mes excès culinaires au Pusher de metal. Au fait, je me demande si ce dernier a une doublure de rideau de douche avec oeillets de métal??!!
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