Je suis un lac. Un abîme sans fond.
Je suis une journée de pluie. L'eau déborde des gouttières.
Je suis un désert. Perdue dans l'immensité dorée. Assoiffée sans eau.
Je suis une naufragée. Frénétiquement accrochée à son bout de bois.
J'erre depuis tellement longtemps.
Je cherche sans jamais trouver.
Je souffre, torturée, emprisonnée par mes pensées.
J'attends quelque chose qui ne vient pas.
Mais je marche. Je marche pour me sauver. Pour me sauver de ma peine. Pour me sauver la peau.
Et je cours aussi. De plus en plus souvent. De plus en plus longtemps. J'entraîne mon coeur. Il bat si fort. Pour rien.
Je suis dans ma bulle. Une bulle de metal. J'ai monté le volume au max. Atreyu me crie dans les oreilles. La plus belle chanson d'amour jamais entendue. Je te l'offre, à toi l'Homme, pour ton engagement indéfectible.
Wait for You
It started with a kiss and turned out something else,
The blood coils in through my veins, I think of no one else.
I never believed in much, but I believe in this.
I'm incomplete without you, I'd kill to taste your kiss.
I'm lost and lonely,
Scared and hiding,
Blind without you.
When the the world comes crashing down and the skies begin to fall,
I'll wait for you.
When the days grow old and long and my skin turns into stone,
I'll wait for you.
When the pain it seems too much,
And my heart starts beating out of touch, I don't need a thing,
I'll wait for you.
It's all so different now, emotions burn me out.
I have a lifeless touch, this distance leaves no doubt.
I fear it all too much but part of me believes,
As the years pass away you made me recognize -
I'm lost and lonely,
Scared and hiding,
Blind without you.
When the the world comes crashing down and the skies begin to fall,
I'll wait for you.
When the days grow old and long and my skin turns into stone,
I'll wait for you.
When the pain it seems too much,
And my heart starts beating out of touch, I don't need a thing,
Cause I'll wait for you.
vendredi 30 avril 2010
mercredi 28 avril 2010
Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple
Je suis une fille ben ordinaire. Des fois, j'ai pu l'goût de rien écrire. Non, pas vraiment. Mais j'ai une vie pas mal ordinaire cependant et, comme il ne se passe pas grand-chose dans mon quotidien, j'ai un peu de difficulté à trouver des sujets de blog.
Alors, de quoipourrais-je bien vous entretenir? De l'obstination du gouvernement Harper à ne pas remettre les documents au comité parlementaire chargé d'examiner la cause des prisonniers afghans? Ou de son entêtement à ne pas vouloir verser des fonds pour subventionner l'avortement dans les pays pauvres? Ou de sa résistance à ne rien dévoiler des motifs qui l'ont poussé à écarter la ministre Guergis? Voyez-vous un point commun? Oui, bravo, il s'agit bien de son incapacité de faire preuve de transparence, de souplesse et d'ouverture. Rien de neuf sous le soleil. Passons donc à un autre appel.
Je vous rapporte un extrait de la conversation que j'ai eue avec l'Homme hier en savourant un bon café. Je tentais de lui expliquer mes états d'âme, mes angoisses, mes interrogations sur le type de personne que je devraispeut-être consulter pour m'aider à voir mieux dans mon ciboulot. Il m'écoutait attentivement. Puis il a dit, d'un ton laconique : "Je ne sais trop quoi te dire à ce sujet parce que moi, je ne saurais même pas quelle question poser." Wow! Je suis encore abasourdie et émerveillée. C'est bien vrai que les hommes et les femmes ne viennent pas de la même planète. Je ne cesse de me torturer l'esprit. Il me semble que je vis une crise existentielle depuis des siècles. Je m'énerve pour à peu près tout. Pendant ce temps-là, l'Homme ne se trouve même pas une question à se poser. C'est vraiment extraordinaire. Je suis donc une femme ben ordinaire qui vit avec un homme extraordinaire. C'est simple. Mais il fallait y penser.
____________________________
Notes pédestres : Il ventait, ventait, ventait ce soir pendant que je marchais. Cela n'avait pas l'air toutefois de déranger le moins du monde le canard et la cane que j'ai rencontrés, ni le monsieur qui les poursuivait avec un immense chaudron.
Alors, de quoi
Je vous rapporte un extrait de la conversation que j'ai eue avec l'Homme hier en savourant un bon café. Je tentais de lui expliquer mes états d'âme, mes angoisses, mes interrogations sur le type de personne que je devrais
____________________________
Notes pédestres : Il ventait, ventait, ventait ce soir pendant que je marchais. Cela n'avait pas l'air toutefois de déranger le moins du monde le canard et la cane que j'ai rencontrés, ni le monsieur qui les poursuivait avec un immense chaudron.
dimanche 25 avril 2010
Êtes-vous prêts à jouer à Mathusalem? - Chronique du soir
Il paraît qu'il faut s'attendre à vivre vieux et, pour paraphraser Woody Allen qui affirme que l'éternité, ça peut être long, surtout vers la fin, il paraît qu'être vieux, ça peut s'étirer aussi sur pas mal plus d'années que prévu.
L'auteure Lyndsay Green s'est intéressée à ce phénomène dans son livre You Could Live a Long Time : Are Your Ready? Et comme être prêt ne signifie pas uniquement d'avoir des tonnes de REER, elle a interviewé40 Canadiens de 75 à 103 ans pour obtenir quelques conseils sur l'art de vieillir en beauté. J'ai pensé vous livrer ceux que je trouve les plus intéressants.
On dit par exemple que, plus on vieillit, plus on doit être charmant, cultiver l'art de la conversation, apprendre à pardonner et s'assurer de continuer de vivre de nouvelles expériences afin d'éviter le radotage. J'imagine sans problème l'importance du charme et de la gentillesse quand on se met à dépendre sur plein de personnes pour ses besoins quotidiens. Les changements de couches risquent d'être plus rapides s'ils sont demandés avec un large sourire... même édenté!
Il faut aussi des amis, et beaucoup. Vous devinez aisément pour quelle raison. Si vous vous entêtez à ne pas mourir, ça ne veut pas dire que vos compagnons vont vous imiter pour autant. Si vous étiez l'homme ou la femme d'un seul ami, vous allez trouver les soirées plates une fois qu'il ou elle aura passé l'arme à gauche. Et, détail quand même utile, vous devez être disposé à vous faire des amis plus jeunes que vous.Ai-je besoin de vous faire un dessin pour vous expliquer ce qui vous amènera inévitablement à devoir puiser dans la fontaine de Jouvence?
Autre chose à mettre enpratique : ne pas retarder les beaux projets. Trop souvent, on reporte même de petits plaisirs en se disant qu'on aura bien le temps d'inviter des amis, d'aller manger au resto, de partir un week-end pour une escapade, d'assister à un concert, bref, de s'amuser et de vivre à plein.
J'ajoute enfin un conseil qui me semble, à mon âge, un peu étrange mais qui revêt une grande importance à mesure que les annéespassent : plus on vieillit, plus il faut se laver souvent. Est-ce pour chasser l'odeur de vieille charogne qui nous colle à la peau? On précise que ce serait surtout pour compenser notre manque de "retenue" que nous devons nous savonner plus fréquemment.
Mais, mais, vivre vieux a aussi l'envers de sa médaille. Cela veut dire accepter, accepter tout le temps. Accepter d'accompagner sur leur lit de mort son conjoint ou ses amis, quand ce n'est pas ses enfants ou même sespetits-enfants. C'est accepter d'entendre moins bien et de rater, parfois, les annonces de départ dans les aéroports. C'est se résigner, aussi, à marcher avec une canne (une concession que ma mère n'a pas accepté facilement : "C'est écoeurant de vieillir", affirmait-elle avec véhémence). C'est accepter, dans une randonnée, de ne plus être celui qui galope devant (ou, au golf, d'avoir recours à la voiturette électrique, autre concession que ma mère a dû faire à son corps défendant). C'est accepter que des mots nous échappent (pour cela, maman avait trouvé un truc : faire des mots croisés pour se garder le cerveau alerte).
Finalement, plus on avance dans le livre, moins on a le goût de vieillir longtemps en raison notamment de certains des récits qui y sont rapportés et qui touchent principalement à la maladie et aux nombreuses limites qu'elle impose parfois. La grande question qui demeure enconclusion : mais comment fait-on pour continuer de sourire et d'être charmant quand le coeur bat toujours alors que tout le reste fout le camp ou, comme disait ma mère, quand tous les morceaux lâchent les uns après les autres?
Dommage qu'on ne puisse pas demander à Mathusalem comment il s'est débrouillé pour vivre, selon l'Ancien Testament,969 années!! J'espère seulement qu'il se lavait souvent...
L'auteure Lyndsay Green s'est intéressée à ce phénomène dans son livre You Could Live a Long Time : Are Your Ready? Et comme être prêt ne signifie pas uniquement d'avoir des tonnes de REER, elle a interviewé
On dit par exemple que, plus on vieillit, plus on doit être charmant, cultiver l'art de la conversation, apprendre à pardonner et s'assurer de continuer de vivre de nouvelles expériences afin d'éviter le radotage. J'imagine sans problème l'importance du charme et de la gentillesse quand on se met à dépendre sur plein de personnes pour ses besoins quotidiens. Les changements de couches risquent d'être plus rapides s'ils sont demandés avec un large sourire... même édenté!
Il faut aussi des amis, et beaucoup. Vous devinez aisément pour quelle raison. Si vous vous entêtez à ne pas mourir, ça ne veut pas dire que vos compagnons vont vous imiter pour autant. Si vous étiez l'homme ou la femme d'un seul ami, vous allez trouver les soirées plates une fois qu'il ou elle aura passé l'arme à gauche. Et, détail quand même utile, vous devez être disposé à vous faire des amis plus jeunes que vous.
Autre chose à mettre en
J'ajoute enfin un conseil qui me semble, à mon âge, un peu étrange mais qui revêt une grande importance à mesure que les années
Mais, mais, vivre vieux a aussi l'envers de sa médaille. Cela veut dire accepter, accepter tout le temps. Accepter d'accompagner sur leur lit de mort son conjoint ou ses amis, quand ce n'est pas ses enfants ou même ses
Finalement, plus on avance dans le livre, moins on a le goût de vieillir longtemps en raison notamment de certains des récits qui y sont rapportés et qui touchent principalement à la maladie et aux nombreuses limites qu'elle impose parfois. La grande question qui demeure en
Dommage qu'on ne puisse pas demander à Mathusalem comment il s'est débrouillé pour vivre, selon l'Ancien Testament,
Sous les ponts de Paris... à Buckingham - Chronique du matin
Un léger vent entrait par la petite fenêtre de la lucarne. Au loin, je pouvais distinguer les montagnes et la lueur du soleil qui s'y cachait. C'était la fin de la journée et le début de la nuit.
Ça sentait le bois dans la pièce qui ressemblait à un grenier. Des tables rondes étaient placées tout autour de la minuscule scène. J'attendais l'Homme et l'Ami partis à la quête du café que nous n'avions pas eu le temps de prendre avant de quitter la maison. Je respirais... mieux que je ne l'avais fait depuis le matin. La lumière tamisée semblait aider mon oeil gauche qui n'avait pas cessé de m'en faire voir de toutes les couleurs dès le saut du lit. C'étaient paupière battant pour rien à intervalles irréguliers ou étincelles éphémères apparaissant à peu près continuellement. Une journée anxiogène typique quoi.
Mais là je me sentais bien. Ça m'avait détendu de rire avec l'Ami pendant le repas et je profitais des effets bienfaisants des endorphines. Et j'étais contente d'être là pour découvrir un nouveau groupe de musiciens, leTrio Paname. Finalement, la caféine présentée sous la forme d'un double cappuccino est déposée devant moi. Le spectacle peut commencer.
Dès les premières notes de l'accordéon, de la guitare et du violon, je suis transportée à Paris sur les bords de la Seine. Comme legrand-père dont on raconte l'histoire entre les chansons, je vis tranquillement au rythme des années qui passent et des succès musicaux qui les marquent. De Joséphine Baker à Lucienne Boyer, d'Édith Piaf à Charles Aznavour, de Félix Leclerc à Sidney Bechet, je me laisse porter par ces mélodies que les plus de trente ans ne peuvent pas ne pas connaître. D'ailleurs, de temps à autre, les gens dans la salle fredonnent irrésistiblement ici un couplet, là un refrain. Oui, certaines des chansons choisies remontent aux années 30 et 40 mais elles ont traversé les époques et se sont incrustées dans nos mémoires parce que nos grands-parents, puis nos parents à leur tour, nous les ont fait découvrir sur de vieux disques 78 tours et les disques vinyles qui ont suivi, ou encore se sont plu à nous les interpréter dans des mariages, des fêtes de famille ou encore plus simplement dans notre vie de tous les jours.
Il me semble d'ailleurs que les gens chantaient davantage quand j'étais jeune. À la radio, qui était beaucoup écoutée dans cesannées-là, c'était presque toujours la chanson française qui était à l'honneur. Ainsi, tous les midis, mes soeurs et moi mangions en écoutant la bande des Joyeux Troubadours et les ritournelles d'Estelle Caron et de Gérard Paradis. À l'école aussi on chantait. Nous avions un cahier, rouge si je me souviens bien, que notre professeur nous demandait d'ouvrir au moins une fois par semaine pour apprendre un nouveau refrain. Et quand nous revenions de l'école, nous chantions régulièrement nos airs préférés.
Mais là c'est la voix envoutante deVéronique Turcotte qui me ramène. Les paroles de la chanson Les amants d'un jour d'Édith Piaf emplissent la pièce de leur mélancolie :
Moi, j'essuie les verres
Au fond du café
J'ai bien trop à faire
Pour pouvoir rêver
Et dans ce décor
Banal à pleurer
Il me semble encore
Les voir arriver...
L'histoire dugrand-papa de Michel Normandeau tire à sa fin. Quelques jours avant de mourir, il demande à entendre Plaisir d'amour sur un 78 tours :
Plaisir d'amour ne dure qu'un moment
Chagrin d'amour dure toute la vie
Tout d'un coup, il dit à Michel de tout arrêter et il luiconfie : "Tu sais, les paroles des chansons ne sont pas toujours vraies. Moi j'ai eu de petits chagrins d'amour mais de belles et longues amours". C'est le dernier legs qu'il lui laisse.
Et moi je n'en reviens pas du pouvoir de la musique. J'ai voyagé pendant plus de deux heures sans quitter ma chaise et me suis posée en douceur sur les dernières notes d'un bien agréable périple. Merci Michel, Pierre et Véronique!
__________________________
Notes musicales : Le Trio Paname revient en supplémentaires les25 et 26 juin prochain , toujours au Café des artistes de la Lièvre à Buckingham. Vraiment un beau moment à s'offrir!
Et Mortör sera à Québec en compagnie du groupe Insurrection le15 mai prochain. Consultez le site du Pusher pour plus de détails!
Ça sentait le bois dans la pièce qui ressemblait à un grenier. Des tables rondes étaient placées tout autour de la minuscule scène. J'attendais l'Homme et l'Ami partis à la quête du café que nous n'avions pas eu le temps de prendre avant de quitter la maison. Je respirais... mieux que je ne l'avais fait depuis le matin. La lumière tamisée semblait aider mon oeil gauche qui n'avait pas cessé de m'en faire voir de toutes les couleurs dès le saut du lit. C'étaient paupière battant pour rien à intervalles irréguliers ou étincelles éphémères apparaissant à peu près continuellement. Une journée anxiogène typique quoi.
Mais là je me sentais bien. Ça m'avait détendu de rire avec l'Ami pendant le repas et je profitais des effets bienfaisants des endorphines. Et j'étais contente d'être là pour découvrir un nouveau groupe de musiciens, le
Dès les premières notes de l'accordéon, de la guitare et du violon, je suis transportée à Paris sur les bords de la Seine. Comme le
Il me semble d'ailleurs que les gens chantaient davantage quand j'étais jeune. À la radio, qui était beaucoup écoutée dans ces
Mais là c'est la voix envoutante de
Moi, j'essuie les verres
Au fond du café
J'ai bien trop à faire
Pour pouvoir rêver
Et dans ce décor
Banal à pleurer
Il me semble encore
Les voir arriver...
L'histoire du
Plaisir d'amour ne dure qu'un moment
Chagrin d'amour dure toute la vie
Tout d'un coup, il dit à Michel de tout arrêter et il lui
Et moi je n'en reviens pas du pouvoir de la musique. J'ai voyagé pendant plus de deux heures sans quitter ma chaise et me suis posée en douceur sur les dernières notes d'un bien agréable périple. Merci Michel, Pierre et Véronique!
__________________________
Notes musicales : Le Trio Paname revient en supplémentaires les
Et Mortör sera à Québec en compagnie du groupe Insurrection le
jeudi 22 avril 2010
En bref
Je sais bien, d'après votre éloquent silence, que vous n'en demandez pas mais je vous donne quand même des nouvelles de la Marcheuse urbaine.
Je suis en vacances cette semaine et, en plus, le Fils et la Fille sont à la maison. Vous imaginez donc que je n'ai pas beaucoup le temps d'être devant le clavier.
Vous avez bien lu au sujet de la Fille. Elle est de retour du Cambodge. Elle est arrivée aux petites heures du matin mardi. Elle va bien. Comme elle se plaît à le direelle-même : elle a sué son corps. Oui, il a fait très chaud. J'essaie encore de la convaincre de choisir quelques photos que je pourrais éventuellement mettre sur le blog. Elle a toutefois d'autres chats à fouetter pour l'instant, notamment terminer sa dernière session au Cégep.
Et moi? Je survis. En montagnes russes. Je dois admettre que je suis plutôt dans le creux du manège cependant et rarement en haut.
Je continue à marcher. J'emprunte presque toujours le parcours qui mène au cimetière. J'arrive à y trouver un certain réconfort. Je crois de plus en plus que c'est l'âge. J'ai la larme à l'oeil aux cinq minutes, le désespoir accroché à l'âme et la détestable impression que le tapis me glisse sous les pieds. C'est très instable.
Heureusement, il reste les trottoirs et le metal. Je suis justement en train d'écouter le dernier CD d'Atreyu, Congregation of the Damned. J'adore. J'ai d'ailleurs trouvé une chanson qui décrit très bien comment je me sens de ce temps-là. Lisez et savourez les mots de Gallows :
This life starts with a heartbeat,
Is it beat, beat, beat, beat, beating me down,
Like the loser I am?
I can't help but to see
That success scares the living shit out of me,
Like the loser I am.
Every time I walk away
Every word I ever say
Restless, chasing shadows
Choices, facing gallows pole
Are you hanging by a thread,
Or swinging from the rope?
Don't think we don't see your scars
Are you afraid of who you are?
Are you afraid of who you are!?
Oui, des fois j'ai peur de ce que je suis.
Je suis en vacances cette semaine et, en plus, le Fils et la Fille sont à la maison. Vous imaginez donc que je n'ai pas beaucoup le temps d'être devant le clavier.
Vous avez bien lu au sujet de la Fille. Elle est de retour du Cambodge. Elle est arrivée aux petites heures du matin mardi. Elle va bien. Comme elle se plaît à le dire
Et moi? Je survis. En montagnes russes. Je dois admettre que je suis plutôt dans le creux du manège cependant et rarement en haut.
Je continue à marcher. J'emprunte presque toujours le parcours qui mène au cimetière. J'arrive à y trouver un certain réconfort. Je crois de plus en plus que c'est l'âge. J'ai la larme à l'oeil aux cinq minutes, le désespoir accroché à l'âme et la détestable impression que le tapis me glisse sous les pieds. C'est très instable.
Heureusement, il reste les trottoirs et le metal. Je suis justement en train d'écouter le dernier CD d'Atreyu, Congregation of the Damned. J'adore. J'ai d'ailleurs trouvé une chanson qui décrit très bien comment je me sens de ce temps-là. Lisez et savourez les mots de Gallows :
This life starts with a heartbeat,
Is it beat, beat, beat, beat, beating me down,
Like the loser I am?
I can't help but to see
That success scares the living shit out of me,
Like the loser I am.
Every time I walk away
Every word I ever say
Restless, chasing shadows
Choices, facing gallows pole
Are you hanging by a thread,
Or swinging from the rope?
Don't think we don't see your scars
Are you afraid of who you are?
Are you afraid of who you are!?
Oui, des fois j'ai peur de ce que je suis.
dimanche 18 avril 2010
Cris et hurlements - Chronique du soir
Une première pour ce blog : deux chroniques pour le prix d'une. Une édition du matin et une édition du soir. Vous ne pourrez pas dire que je ne vous gâte pas. En fait, j'ai fait d'autres lectures depuis ce matin, des lectures qui ont alimenté ma réflexion sur la révolte et le combat pour la justice sociale. Je trouvais que cela s'inscrivait bien dans mes commentaires matinaux.
Je suis tombée notamment, toujours dans Le Devoir, sur le texte d'une enseignante du Nicaragua,Madame Elba Rivera Urbina, qui a été invitée par Oxfam avec huit autres femmes pour venir parler de la lutte pour la santé et l'éducation dans leurs pays respectifs. Elle fait un vibrant plaidoyer pour l'aide au développement pour l'éducation en citant son propre cas : "J'ai vécu dans l'arrière-pays du Nicaragua presque toute ma vie, et je me bats depuis plusieurs années pour la dignité. Je sais qu'il est essentiel de s'aider soi-même pour réussir. Mais je sais aussi d'expérience que sans aide au développement, des millions de personnes démunies n'auraient jamais eu droit à l'éducation, à la formation, à des traitements médicaux, à l'eau et à bien plus encore. (...) J'ai vécu dans une ferme avec ma famille jusqu'à l'âge de 18 ans. J'étais habitée du désir ardent d'aller à l'école. J'étais relativement heureuse, mais à 18 ans, je ne savais toujours pas lire! Cela faisait de moi une femme sans avenir." Elle parle ensuite de la campagne d'alphabétisation massive lancée par son pays dans les années 1980 grâce à la volonté politique du Nicaragua et à l'aide au développement de nombreuses nations soeurs.
Pour ceux qui pensent qu'on donne trop d'argent aux pays moins nantis et qui en ont assez desoi-disant se vider les poches, je vous reproduis l'invitation de cette conférencière qui participera au Sommet du Millénaire à Montréal du 20 au 22 avril :
"J'invite les sceptiques à venir vivre chez moi pendant deux mois. Je vous emmènerais dans des communautés vivant dans l'eau et la boue, chez mes collègues qui travaillent sans électricité ni téléphone, à des endroits où il n'y a pas de toilettes, de centres médicaux ni d'enseignants, dans des lieux où les gens vivent dans la précarité, sans espoir.
Si vous en avez envie, je vous offre mon salaire d'enseignante de165 $ par mois. Je vous invite à parcourir pendant des jours les montagnes en ma compagnie pour échanger et pour vivre parmi les paysans, là où les pannes d'électricité sont monnaie courante et où il faut recueillir l'eau dans des bouteilles. L'expérience vous privera peut-être d'une partie de l'énergie que vous utilisez pour contester l'aide au développement. Vous pourriez même reconnaître votre obligation morale et spirituelle envers le monde et ses plus démunis."
On croirait presque entendre un discours de Michel Chartrand. En tout cas, c'est certainement dans la même veine. Une belle façon de traduire notre solidarité en actions.
Et je finis avecPierre Foglia et sa chronique de samedi dans La Presse parce que l'Homme m'a dit en la lisant que j'étais comme Foglia. Pour moi, c'est un compliment mais je me doutais qu'il y avait quelque chose d'intense en-dessous de ça. Foglia parle de sa visite dans un centre de soins de longue durée pour aller rencontrer un des ses anciens patrons qu'il aimait beaucoup. Il ne prononce jamais le nom de la maladie dont il est atteint parce qu'il refuse de le faire mais sa description est sans équivoque : "L'effarant, c'est qu'il n'a pas changé, il s'est seulement absenté de son enveloppe, comme "naturalisé" par quelque monstrueux taxidermiste qui l'aurait laissé exactement comme avant mais aurait volé son âme." Foglia est terrorisé par cette maladie entre autres parce qu'on ne réalise pas qu'on l'a. C'est ce qui lui fait peur : ne pas savoir. Il parle ensuite d'une histoire de terroriste qui se retrouve avec des souliers de ciment et qui est jeté à la mer du haut d'un hélicoptère. Il comprend trop bien ce qui va arriver et hurle et hurle. Il hurle parce qu'il sait. Et il termine en disant que, plutôt que cette maladie, il veut être le terroriste, terrorisé, qui hurle jusqu'à la fin.
Je ne sais pas si je vais hurler jusqu'à la fin. Je vaispeut-être devenir trop fatiguée pour le faire. Mais comme je n'arriverai sans doute jamais à me taire, il est fort probable que je continue de crier. Ce seront des paroles de metal, toutefois, que je vais choisir et pourquoi pas les miennes tirées tout droit de l'underground :
ALORS, LA MORT!
On va tous crever un jour
Aussi bien s'faire à l'idée
Pour s'en aller faire la cour
À des corps décomposés
ALORS!
Alors la Mort, je te fais un doigt d'honneur
Et j'vis à cent mille à l'heure
J'respire par tous les pores de ma peau
L'oxygène qui m'f'ra bientôt défaut
On va tous creuser un jour le trou
Qu'on occupera pour l'éternité
On sentira le souff' dans not'cou
Du vent froid qui f'ra tout arrêter
ALORS!
Alors j'te dis fuck oui fuck la Mort
Va t'pogner le cul dans l'cimetière
J'irai assez vite de l'aut'bord
Pour te r'trouver six pieds sous terre
On va tous crever un jour
Aussi bien s'faire à l'idée
Avant mon dernier bonjour
À toi j'voudrais m'adresser
OUI, À TOI, LA MORT!
Alors voilà tu m'fais chier la Mort
De toi j'ai rien à branler
Moi j'vis tous les jours ma mort
J'ai pas peur d'l'éternité
ALORS, ALORS FUCK LA MORT!
_________________________________________
Notes metalliques : Il y a de tout dans l'Antre du Pusher - de la musique metal, des enfants qui dansent, des gars tatoués qui se font beau, des mamans en développement, des étudiants qui n'en finissent plus de finir leur session et dont certains peuvent causer aussi bien de Montaigne que de Zola, de la bière, des super blondes, des cheveux longs, un chien à la recherche de la Lumière, des barbes bleues... et moi!
Je suis tombée notamment, toujours dans Le Devoir, sur le texte d'une enseignante du Nicaragua,
Pour ceux qui pensent qu'on donne trop d'argent aux pays moins nantis et qui en ont assez de
"J'invite les sceptiques à venir vivre chez moi pendant deux mois. Je vous emmènerais dans des communautés vivant dans l'eau et la boue, chez mes collègues qui travaillent sans électricité ni téléphone, à des endroits où il n'y a pas de toilettes, de centres médicaux ni d'enseignants, dans des lieux où les gens vivent dans la précarité, sans espoir.
Si vous en avez envie, je vous offre mon salaire d'enseignante de
On croirait presque entendre un discours de Michel Chartrand. En tout cas, c'est certainement dans la même veine. Une belle façon de traduire notre solidarité en actions.
Et je finis avec
Je ne sais pas si je vais hurler jusqu'à la fin. Je vais
ALORS, LA MORT!
On va tous crever un jour
Aussi bien s'faire à l'idée
Pour s'en aller faire la cour
À des corps décomposés
ALORS!
Alors la Mort, je te fais un doigt d'honneur
Et j'vis à cent mille à l'heure
J'respire par tous les pores de ma peau
L'oxygène qui m'f'ra bientôt défaut
On va tous creuser un jour le trou
Qu'on occupera pour l'éternité
On sentira le souff' dans not'cou
Du vent froid qui f'ra tout arrêter
ALORS!
Alors j'te dis fuck oui fuck la Mort
Va t'pogner le cul dans l'cimetière
J'irai assez vite de l'aut'bord
Pour te r'trouver six pieds sous terre
On va tous crever un jour
Aussi bien s'faire à l'idée
Avant mon dernier bonjour
À toi j'voudrais m'adresser
OUI, À TOI, LA MORT!
Alors voilà tu m'fais chier la Mort
De toi j'ai rien à branler
Moi j'vis tous les jours ma mort
J'ai pas peur d'l'éternité
ALORS, ALORS FUCK LA MORT!
_________________________________________
Notes metalliques : Il y a de tout dans l'Antre du Pusher - de la musique metal, des enfants qui dansent, des gars tatoués qui se font beau, des mamans en développement, des étudiants qui n'en finissent plus de finir leur session et dont certains peuvent causer aussi bien de Montaigne que de Zola, de la bière, des super blondes, des cheveux longs, un chien à la recherche de la Lumière, des barbes bleues... et moi!
La révolte et l'apaisement - Chronique du matin
Dimanche matin. Il est tôt. 8 h 10. Il fait beau soleil. Les nuages semblent avoir fini de vider leur trop-plein d'amertume. Comme moi. Je dois dire que je me sens, aujourd'hui, nettement mieux que ces derniers jours où j'ai traîné morosité, anxiété, céphalée, et toute autre calamité que vous pouvez imaginer.
Qu'importe. J'ai enfin la tête dégagée mais, surtout, la mâchoire moins serrée. L'abcès a crevé hier. Quel soulagement quand ça coule! Je comprends maintenant pourquoi j'avais l'impression que j'étais pour éclater. Je me demande parfois si je vais réussir à prendre ma retraite sans y laisser ma santé mentale et/ou physique. Comme il est difficile d'être autre que ce que l'on est profondément et, par cette affirmation, j'entends comme il est difficile de se foutre de l'injustice, de l'indifférence et de l'incompétence. Pour mieux illustrer mon propos, je veux vous parler d'un grand homme qui nous a quittés cette semaine. Celles et ceux d'entre vous qui suivez l'actualité ont déjà deviné qu'il s'agit deMichel Chartrand.
Je n'en sais sans doute pas plus que la moyenne des ours sur la vie de cet homme exceptionnel. Comme beaucoup d'autres, j'ai suivi l'excellente série télé avecLuc Picard et j'ai vu plus d'une fois les imitations fort drôles de notre Dodo nationale déguisée en syndicaliste revendicatrice à la verve démesurément provocante. Mais j'ai surtout toujours écouté avec intérêt ce que M. Chartrand avait à dire sur les combats sociaux qu'il menait. Je l'ai aussi rencontré en personne au Salon du livre de l'Outaouais il y a quelques années. L'Homme avait acheté sa biographie pour l'offrir à son père, un honnête travailleur comme ceux que M. Chartrand n'a eu de cesse de défendre tout au long de sa vie. Pour enrichir le cadeau, quoi de mieux qu'une dédicace de l'auteur. Nous voilà donc en file au kiosque de l'éditeur. Pendant que nous attendions notre tour, j'ai eu le temps de me rendre compte à quel point cet homme dont j'ai toujours admiré la droiture et la détermination était d'un simplicité désarmante. Il parlait à tous facilement et semblait y prendre un grand plaisir. Une fois plantée devant lui, j'ai pu constater in persona son admiration pour les femmes car j'ai eu droit à un baise-main. C'était charmant. M. Chartrand a demandé à l'Homme pour qui était le livre et il a glissé quelques bons mots sur le dur labeur des travailleurs québécois.
Parce que je suis touchée d'une façon toute particulière par les gens que je sens entièrement passionnés par une cause ou habités par une mission, j'aimais doncM. Chartrand. Et j'aurais voulu parler de lui comme il le mérite. Ma connaissance limitée de tous les aspects de sa personne m'en empêchait. Mais j'ai trouvé hier dans Le Devoir quelqu'un qui a réussi à dépeindre qui était vraiment M. Chartrand. Voici donc le premier paragraphe de la chronique de Gil Courtemanche intitulée L'homme révolté :
Il y a ceux qui ne se révoltent jamais et laissent couler la vie, indifférents au sort des humains et parfois même aux injustices dont ils sont eux-mêmes victimes. D'autres vivent des moments de révolte, mais, incapables de lui donner un sens, ils ne peuvent traduire leur révolte en actions ou en lignes de conduite. Et puis il existe de rares personnes qu'on dirait nées avec un besoin si aigu de justice, d'équité et de bonheur qu'il leur est impossible de ne pas vivre en état de révolte permanente. On pense souvent que ces hommes révoltés vivent tristement, occupés qu'ils sont à sans cesse dénoncer les injustices, et qu'ils ne peuvent jouir des beautés de la vie. On se trompe. L'homme révolté, pour parvenir à l'équilibre sur la corde raide de la critique permanente, doit croire profondément au bonheur et à la beauté des choses. C'est parce qu'il est profondément inspiré par la beauté et le bonheur qu'il en fait sa revendication incessante. Tels étaient Camus, Éluard, Ferré et, pour moi, près de moi, en moi, l'homme dont la rencontre fut la plus déterminante pour le reste de ma vie,Michel Chartrand, notre homme révolté, mon homme révolté.
J'aime croire que je suis une femme révoltée. En tout cas, je partage avecM. Chartrand l'ardent désir de combattre les injustices et d'aider mon prochain. À cause de lui, j'ai toujours cru en la nécessité de l'action syndicale. Je n'ai jamais traversé une ligne de piquetage et je n'ai donc pas hésité à tenir une pancarte et à scander les slogans appropriés. "So, so, so, solidarité!", ça vous semble peut-être puérile comme formule mais, quand on est en gang et qu'on est convaincu de défendre notre droit à de meilleures conditions de travail (oui, même si on est des fonctionnaires), ça prend une force et une signification toute autre. En plus de trente ans de carrière à la fonction publique, j'ai dû faire face aux moqueries de la plupart de mes collègues de travail, et même parfois, à leurs commentaires déplaisants et à leurs attaques virulentes, chaque fois que notre convention collective expirait et que notre employeur se laissait tirer l'oreille pour négocier franchement. Je m'en fous. J'ai aussi combattu pour eux qu'ils y croient ou non.
Ce qui me manque en ce moment, je pense, c'est, comme le ditM. Courtemanche, de trouver des façons de traduire ma révolte en actions, mais, plus encore, si je ne veux pas y laisser ma peau, d'apprendre à apprécier et à me nourrir encore plus des beautés de la vie. Il faut un équilibre pour trouver l'apaisement. C'est la grâce que je me souhaite au plus vite!
Qu'importe. J'ai enfin la tête dégagée mais, surtout, la mâchoire moins serrée. L'abcès a crevé hier. Quel soulagement quand ça coule! Je comprends maintenant pourquoi j'avais l'impression que j'étais pour éclater. Je me demande parfois si je vais réussir à prendre ma retraite sans y laisser ma santé mentale et/ou physique. Comme il est difficile d'être autre que ce que l'on est profondément et, par cette affirmation, j'entends comme il est difficile de se foutre de l'injustice, de l'indifférence et de l'incompétence. Pour mieux illustrer mon propos, je veux vous parler d'un grand homme qui nous a quittés cette semaine. Celles et ceux d'entre vous qui suivez l'actualité ont déjà deviné qu'il s'agit de
Je n'en sais sans doute pas plus que la moyenne des ours sur la vie de cet homme exceptionnel. Comme beaucoup d'autres, j'ai suivi l'excellente série télé avec
Parce que je suis touchée d'une façon toute particulière par les gens que je sens entièrement passionnés par une cause ou habités par une mission, j'aimais donc
Il y a ceux qui ne se révoltent jamais et laissent couler la vie, indifférents au sort des humains et parfois même aux injustices dont ils sont eux-mêmes victimes. D'autres vivent des moments de révolte, mais, incapables de lui donner un sens, ils ne peuvent traduire leur révolte en actions ou en lignes de conduite. Et puis il existe de rares personnes qu'on dirait nées avec un besoin si aigu de justice, d'équité et de bonheur qu'il leur est impossible de ne pas vivre en état de révolte permanente. On pense souvent que ces hommes révoltés vivent tristement, occupés qu'ils sont à sans cesse dénoncer les injustices, et qu'ils ne peuvent jouir des beautés de la vie. On se trompe. L'homme révolté, pour parvenir à l'équilibre sur la corde raide de la critique permanente, doit croire profondément au bonheur et à la beauté des choses. C'est parce qu'il est profondément inspiré par la beauté et le bonheur qu'il en fait sa revendication incessante. Tels étaient Camus, Éluard, Ferré et, pour moi, près de moi, en moi, l'homme dont la rencontre fut la plus déterminante pour le reste de ma vie,
J'aime croire que je suis une femme révoltée. En tout cas, je partage avec
Ce qui me manque en ce moment, je pense, c'est, comme le dit
Inscription à :
Articles (Atom)
