dimanche 30 janvier 2011

Petit dimanche

Qu'il faisait beau aujourd'hui! Un merveilleux soleil. Un ciel d'un bleu éclatant. Et la neige immaculée parce que fraîchement tombée du matin. Dès que j'ai mis les pieds dehors, j'ai senti que mes trottoirs chéris ne me décevraient pas. J'ai eu presque raison. C'est que les quelques centimètres de poudre blanche n'avaient évidemment pas été déblayés. Comme il ne faisait pas très froid, l'amalgame jeunes flocons de neige et vieille gadoue rendait plus difficile la possibilité de garder le rythme. C'était donc plus exigeant pour les jambes. Qu'importe. Je respirais à pleins poumons et je souriais à mon moi-même.

Autre bonne nouvelle : j'ai retrouvé mon énergie métal. Sur la batterie déchaînée et les prouesses vocales de deux de mes groupes fétiches, soit Dark Tranquillity et As I Lay Dying, j'ai senti que mes tripes avaient le goût d'être encore concernées. J'ai chanté des bouts et je me suis laissée remplir complètement par les accents métalliques. Ça donne de la puissance en-dedans pour bien débuter la semaine.

J'arrête là avant de devenir plate. Ma marche a été le moment clé de ma journée que j'ai autrement passé à lire mon journal, faire du lavage et cuisiner. À ce sujet, j'ai pour ainsi dire raté ma soupe, qui devait être une crème de céleri et de pommes, et j'ai véritablement massacré le dessert qui lui devait être un genre de gâteau-déjeuner aux pommes. L'Homme vient de me raconter justement (car il est courageux et met sa vie en danger depuis des années en jouant au goûteur) qu'en voulant tailler ledit gâteau, il a vu la pointe qu'il avait réussi à se découper faire un bond en dehors du moule pour se déposer lourdement sur le comptoir de la cuisine. Mais l'Homme ne baisse pas les bras facilement, surtout quand il s'agit de dessert. Il a donc récupéré le morceau de gâteau qu'il a ensuite mis au micro-ondes et recouvert de yogourt glacé et de sirop d'érable. Il semble qu'avec tous ces ingrédients, c'était mangeable. Yé! Voilà le commentaire que je veux recueillir quand je me transforme en Martha-Reine de la cuisine. Mangeable! Si au moins on parlait de la personne ici, me semble que j'en tirerais une plus grande satisfaction. :))

samedi 29 janvier 2011

Oscar et les naufragés

Je pourrais vous parler des deux films que j'ai visionnés hier et aujourd'hui, deux oeuvres primées pour les Oscars, soit The King's Speech et Incendies. Mais je viens tout juste d'écouter le premier épisode du documentaire Naufragés des villes sur TOU.TV et je suis un peu chavirée. Il s'agit d'une série de reportages sur la pauvreté et sur les maux qu'elle engendre. J'avais lu quelques articles à ce sujet qui soulignaient le bon travail des auteurs qui veulent nous faire voir de quelle façon ce phénomène teinte notre société et nous faire réaliser sa proximité. Car on ne parle pas ici de gens qui sont à l'autre bout du monde, mais plutôt de personnes que nous pouvons côtoyer tous les jours.

Outre le fait de nous présenter des données sur la pauvreté et de nous permettre de profiter des commentaires de chercheurs dans le domaine, les réalisateurs ont demandé à deux volontaires de tenter l'expérience de vivre pendant deux mois comme des pauvres. Ces volontaires devront tout quitter et accepter de se débrouiller sans rien d’autre qu’un sac à dos et un chèque d’aide sociale de 592,08 $ en poche. Au cours du premier épisode, nous les suivons pendant qu'ils sont en quête d'un toit pour la nuit et, idéalement, pour le mois.

Pas facile de voir Emmanuelle Chapados jeune diplômée en communication, être obligée de passer la nuit à la gare d'autobus de Montréal parce qu'il n'y aucun logement de libre pour l'accueillir même parmi les ressources d'urgence. Même si Pierre Gingras, consultant en marketing, est plus chanceux parce qu'il se trouve un appartement en colocation, il n'en reste pas moins que sa petite chambre minable se trouve à des années-lumières du bel appartement lumineux qu'il habite à Québec. Et ce n'est là que le début de leurs tribulations.

Je retiens notamment qu'il y a un peu plus de trois millions de pauvres au Canada et qu'un Montréalais sur quatre vit sous le seuil de la pauvreté. J'ai été particulièrement touchée par une remarque du narrateur de cette semaine, Urbain Desbois, qui affirme que ce sont rarement les gens riches qui tendent la main aux pauvres. Ce sont plutôt les pauvres qui aident les pauvres. Il ajoute que les pauvres ne jugent pas quand ils te viennent en aide. Ils te prennent où tu es et t'acceptent comme tel.

Comme vous voyez, je me suis vite éloignée du tapis rouge de Hollywood pour m'enfarger dans les trous du tapis élimé de la pauvreté. Ça brille moins de l'extérieur mais ça resplendit de l'intérieur.

vendredi 28 janvier 2011

Zénitude, quand donc m'habiteras-tu?

J'angoisse à un niveau presque toujours élevé ces jours-ci. Par conséquent, je ne suis pas du monde, monde que je n'endure qu'avec grand-peine car je ne m'endure souvent pas moi-même. Bref, mes relations interpersonnelles sont plus difficiles. Rebref, j'ai eu un dîner très moche avec l'Homme et la Fille hier.

J'ai eu le temps de me rattraper un peu avec l'Homme depuis et de battre ma coulpe. Par contre, la Fille ayant de nouveau quitté veaux, vaches, cochons et couvées pour une période plus ou moins déterminée, je suis restée avec mon malaise. J'y repensais encore ce matin en lisant mon journal quand je suis tombée sur cette citation du moine boudhiste Arnaud Desjardins cité dans la chronique de Josée Blanchette : "Oui, chacun de nous peut se transformer. Si nous progressons sur le chemin de la sagesse, nous voyons que notre bonheur et notre malheur dépendent de nos interprétations. Nous sommes heureux lorsque le monde correspond à notre attente du moment et plus il y correspond, plus nous sommes heureux."

J'ai interrompu immédiatement ma lecture pour la partager avec l'Homme qui tentait vainement de son côté de parcourir la section "Sports" de l'autre quotidien que nous recevons : "Tu vois, c'est ça qui est arrivé hier. Le monde n'a pas correspondu à mes attentes. Je voulais de l'empathie, des tapes sur l'épaule et des visages compatissants. Je voulais sentir que l'on comprenait mes angoisses existentielles. Au lieu de ça, j'ai reçu un message boomerang m'enjoignant plutôt durement de régler mes problèmes moi-même. Pourtant, je ne demandais pas une solution, seulement de la compassion."

J'ai poussé un soupir. J'avais encore de la peine. J'ai repris ma lecture. La citation était plus longue que je l'avais cru : "Or, il se trouve que nous n'avons qu'un pouvoir très limité pour faire en sorte que cette correspondance s'établisse. Le plus souvent, le monde ne correspond pas à ma demande et j'en souffre. Cette situation s'amplifie dans les relations avec autrui..." Tu parles! S'cusez mon intempestive réaction. Je laisse le moine poursuivre : "Mais, nous pouvons renverser la perspective : et si c'était à nous de correspondre à chaque moment à l'indiscutable vérité du monde?"

C'est là que je me suis rendue compte de l'ampleur du chemin à parcourir. Pas étonnant que je recherche toujours la zénitude. Je ne regarde pas à la bonne place. J'appréhende le monde en fonction de moi au lieu de me définir face au monde. Je travaille beaucoup sur le lâcher prise mais ce n'est pas encore assez. Pourtant, je sais que c'est là que la paix intérieure va commencer. Je sais aussi que, pour pleinement profiter de ma retraite (et de ma vieillesse), je devrai rendre modeste mon ego pour m'ouvrir davantage au monde. Et je devrai aussi accepter modestement ce que les autres sont disposés à m'apporter. Dernière chose : je ne devrai pas oublier non plus de cultiver la reconnaissance pour tous les petits bonheurs que la vie me réserve. Ouf! Voilà tout un programme de vie ou, plus justement, le programme de toute une vie!
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Notes pédestres : Parlant de petit bonheur, c'en était un aujourd'hui d'arpenter les trottoirs. Je me croyais au printemps avec la température clémente et les oiseaux qui chantent. Curieusement, c'est la deuxième journée que je marchais sans ma musique. Je ne sais pas ce qui se passe. Peut-être que j'ai besoin de m'intérioriser au lieu de m'énergiser.

mercredi 26 janvier 2011

La vie (ou la mort) au bureau - L'invincible Vanessa

(Sixième épisode du feuilleton clérical le plus enlevant du Web. Pour rattraper les aventures précédentes de Vanessa, voir la colonne de gauche du blog.)

Consternation! Jeannot le clown venait d'être emmené par la police. Elle aurait bien dû sans douter. Il n'avait tout simplement pas l'étoffe pour éliminer Vanessa.

Lors de la rencontre au café du coin deux semaines auparavant, elle et le clown-tueur avaient convenu qu'il serait plus facile de faire disparaître Vanessa en exécutant le complot machiavélique directement au bureau. En effet, la béni-oui-oui était un véritable bourreau de travail exécutant principalement ses tâches pendant la nuit. Les complices en étaient venus à la conclusion qu'ils pourraient ainsi se débarasser en toute quiétude de l'empêcheuse de tourner en rond. Restait à trouver le mode d'emploi pour que la future victime soit exécutée sans bavure.

D'âpres discussions surgit tout de même un plan à exécuter. Il fut convenu qu'après avoir aidé Jeannot le clown à franchir les barrières de sécurité et à emprunter l'ascenseur, elle le conduirait à l'endroit du crime à perpétrer, c'est-à-dire la fameuse grosse poubelle verte située dans le corridor en face de la petite cuisine. C'est en effet là qu'elle avait décidé d'abandonner la dépouille de sa rivale. Cela ne l'inquiétait pas outre mesure de tenter une nouvelle fois de transformer Vanessa en déchet puisque Jeannot le clown serait là pour assurer la réussite de son projet qui lui permettrait enfin de retrouver son inaction, finalement bienheureuse, d'autrefois.

Le soir dit, elle laissa Jeannot le clown près de la poubelle et se dirigea vers son bureau où, bien évidemment, la poupée gonflable vaquait tranquillement à ses tâches cléricales. "Pas surprenant que le patron ne cesse de me gratifier de primes au rendement, cette marionnette remplie d'hélium ne connaît pas la fatigue", marmonna-t-elle en s'approchant doucement. "Allez ma vieille, c'est fini le zèle. Tu as outrepassé les consignes. Toi qui devais me faciliter la vie, tu es devenue une emmerdeuse de première classe. Pour te remercier de m'avoir donné plus de travail mais surtout d'avoir fait en sorte que je me suis tournée en ridicule au party de Noël, je t'ai concocté une surprise de mon cru. J'espère que tu aimes rire." Et elle roula jusqu'à son meurtrier la poupée assise sur sa chaise.

En voyant les gros totons de sa victime, Jeannot le clown poussa un couac approbateur dans sa trompette. "Wow! j'comprends que cette jolie demoiselle t'indispose. C'est sûr qu'elle ne passe pas inaperçue," s'exclama-t-il, un léger filet de bave dégoulinant le long de sa bouche exagérément accentuée par un rouge criard. "Bon, bon, reviens-en. T'as intérêt à reprendre ton sang-froid. Je te rappelle que si tu veux être payé, cette jolie demoiselle, comme tu dis, doit être mise à la rue. T'as donc intérêt à t'activer", lui rétorqua-t-elle en tournant les talons. Pendant qu'il exécuterait sa sale besogne, elle irait effacer toute trace compromettante dans le bureau.

Poussant un soupir de dépit, Jeannot le clown entreprit de soulever Vanessa afin de pouvoir mieux procéder à son démembrement. "Mais c'est que tu fais pas dans le poids plume", ahana-t-il en sortant un couteau de sa besace clownesque. Ce n'était pas évident de tenir cette grosse poupée d'une main et de tenter de lui découper un bras de l'autre. Ce qui devait arriver arriva donc. En voulant soulever Vanessa un peu plus haut pour se donner une meilleure prise, Jeannot le clown n'avait pas vu qu'il était à deux doigts du signal d'alarme. Mais Vanessa si. Sa main accrocha le levier et une sirène se déclencha automatiquement. Pris de panique, le tueur bouffon laissa tomber la poupée sur le plancher et se précipita vers l'escalier de secours.

Totalement sidérée par le bruit strident de la sirène, elle sortit précipitamment de son bureau pour aller voir ce qui se passait. Vanessa était étendue par terre, toujours en vie. Par ailleurs, elle eut le temps d'apercevoir Jeannot qui s'enfuyait les jambes à son cou. Prévoyant l'arrivée imminente des gardiens de sécurité, elle réussit à installer l'invincible Vanessa sur sa chaise et à la ramener à son bureau. C'est de sa fenêtre qu'elle assista ensuite à l'arrestation de son complice.

Aux forces de l'ordre qui l'interrogeaient, elle jura haut et fort qu'elle n'avait eu connaissance de rien car trop concentrée sur son travail. Les autorités conclurent que Jeannot le clown, surpris par la présence d'une employée sur l'étage, avait décidé de rebrousser chemin sans accomplir le méfait pour lequel il était entré par effraction dans l'immeuble. Et le signal d'alarme? Une anomalie? Une défectuosité? À ce jour, on se perd en conjectures. On a bien relevé des empreintes digitales sur le levier mais on a été incapable de retracer à qui elles appartenaient. Le mystère perdure.

mardi 25 janvier 2011

En prime, la déprime!

J'ai acheté le magazine L'Itinéraire quand je suis allée à Montréal en fin de semaine. Pour ceusses et celles qui ne connaissent pas, il s'agit d'une publication qui contient principalement des articles rédigés par des journalistes de rue. Elle est vendue par des camelots qui sont des travailleurs autonomes. Grâce à cette initiative, des personnes de la rue améliorent leur situation. Je me fais un point d'honneur de me procurer le magazine et, souvent, de discuter aussi avec le camelot. Je découvre presque toujours des gens formidables qui ne demandent qu'à échanger et à jaser pendant quelques minutes. J'aime.

Dans la section intitulée Mots de camelots de ce numéro, j'ai gardé en tête le texte de Gilles Bélanger qui parle de la déprime du mois de janvier. J'ai parcouru une première fois rapidement son article sans trop m'arrêter à penser qu'il pouvait s'appliquer à moi. Mais, mais, c'était sans compter sur les bobines mnémoniques! Depuis hier, je me demande si je ne suis justement pas atteinte de cette fameuse déprime.

Pour quelles raisons, je vous interpelle, pourrais-je donc avoir le moral entre les deux jambes? Nonobstant mes inquiétudes totoniques, rien ne devrait troubler les eaux calmes de ma mer(mère?) intérieure. Et pourtant. Je trouve plein d'affaires qui me tombent sur les nerfs et qui m'empêchent d'approfondir la zénitude à laquelle j'aspire tant.

Prenez le froid, par exemple. Je sais que ça fait seulement quelques jours qu'il sévit. J'en ai tout de même ras-le-bol. Comme si ce n'était pas suffisamment pénible d'avoir à prendre l'autobus en pleine nuit (maudite noirceur!), je dois maintenant me transformer en ours polaire pour être en mesure d'affronter la température sibérienne. Je peux vous dire en tout cas que je n'ai vu aucune banquise menacée de fonte prématurée autour de moi. Rien que du frette.

Et la lumière, ou plutôt son absence, joue aussi sur mes humeurs. C'est sûr que ce n'est pas une révélation pour moi, mais je constate néanmoins une augmentation de mon désir de rester cachée sous les couvertures et en pyjama toute la journée. Dur, dur donc de trouver le courage de me lever tous les matins. Des fois je regarde vers le bassin, réduit à un minuscule trou d'aération sous la respiration artificielle du bulleur, perdu dans ma cour toute enneigée et je sens un grand désespoir m'envahir. Comme si cette immobilité allait s'éterniser. Bon. C'est le temps de passer aux conseils de Gilles.

Voici donc ce que notre cher camelot recommande "à toutes les personnes qui connaissent la déprime de janvier et pour qui cette déprime se prolonge souvent jusqu'au printemps". Il nous conseille sagement de vivre un jour à la fois, de s'occuper et de ne pas rester seul. Je pense que c'est faisable. J'oserais même dire que c'est applicable pour tous les genres de déprime. Qui aurait dit que je trouverais une panacée dans la rue? Comme quoi on ne sait jamais d'où vient notre salut.
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Notes pédestres : Je crois que ces notes s'imposent ce soir après deux jours de grelottement intensif. La température s'était adoucie à la fin de la journée. J'ai retrouvé mes trottoirs, ma musique, ma bulle. C'était bon. Me semble que le moral est moins au ras des pâquerettes, lesquelles se font plutôt rares ces temps-ci!

dimanche 23 janvier 2011

Deux images, deux mille mots

J'aime assez quand des images de ma vie quotidienne reviennent me hanter ou, plus exactement, m'entraîner dans les méandres des bobines enregistrées par mon cerveau. Quand elles refont ainsi surface, je sais que je dois y revenir sinon elles ne voudront pas se laisser classer dans les archives, archives auxquelles j'espère être en mesure d'avoir accès encore longtemps :).

La première photo donc, pas très drôle, je l'ai prise jeudi après-midi. Je m'étais absentée du bureau pour tenter d'abaisser mon niveau d'anxiété lequel avait grimpé d'un cran après la première rencontre de mon groupe de discussion sur la retraite le soir précédent. C'est que, voyez-vous, dans un élan du coeur que je n'ai évidemment pas pu contrôler, je me suis soudainement surprise à exprimer aux autres participantes à quel point je souffrais de mon inaction cléricale. Comme vous le savez, je suis sur la ligne de touche depuis un bout de temps maintenant et je me rends compte que je commence sérieusement à souffrir de la situation. Disons que, ne serait-ce que pour cette reprise de conscience, je suis déjà satisfaite d'avoir accepté de faire partie de ce groupe pilote.

Léger aparté, comme j'en ai parfois l'habitude, pour revenir à jeudi après-midi. Je suis en train de parcourir mes trottoirs chéris toute heureuse de pouvoir le faire en plein jour et au gros soleil. Je suis partie depuis environ quinze minutes et je me prépare à arpenter deux longues rues. J'en suis à la moitié de la première quand je passe, presque sans la voir, devant une petite chatte d'Espagne roulée en boule contre le banc de neige. Mon coeur s'arrête. Je vois bien qu'elle est complètement immobile, donc morte. Je vous l'écris et j'ai les larmes qui me montent aux yeux. Je sais, je sais, je suis hyper sensible, mais vous connaissez aussi mon amour indéfectible pour les félins. Son pelage était tout beau et luisant, ce qui m'a amené à conclure qu'il ne s'agissait sans doute pas d'un chat abandonné mais probablement d'un pauvre minou de maison qui avait été mis dehors pour sa promenade quotidienne. J'imagine que l'animal a été frappé par une voiture. Je dois vous dire que je ne me suis pas attardée à examiner le cadavre. J'essayais seulement de reprendre la route en contenant mes émotions. Je pensais à un moment donné que j'étais pour m'effondrer. Je sais, je sais, c'est fort comme réaction, mais vous ne savez pas à quel point je peux faire grimper ma tension artérielle. Ma zénitude n'est la plupart du temps qu'une utopie que je tente vainement de transformer en réalité. Dur, dur, d'être coooool!!

La deuxième image dont je veux vous parler est un peu plus vivante... ou presque. Hier midi, j'étais à Montréal en compagnie entre autres de l'Homme, du Fils et de la Fille. Nous étions dans un restaurant chinois pour le dim sum - repas au cours duquel un assortiment de bouchées cantonaises cuites à la vapeur ou frites, sucrées ou salées, sont traditionnellement présentées sur des chariots qui sont déplacés de table en table par des serveurs (définition du dictionnaire). Nous étions tous assis autour d'une table ronde quand j'ai soudainement remarqué que, de ma place, j'avais une vue imprenable sur un immense aquarium dans lequel se trouvaient de gros poissons. Ils n'avaient pas l'air d'avoir beaucoup d'espace pour nager. En tout cas, ils se déplaçaient très, très lentement. Vous me voyez venir, non? J'ai immédiatement fait un rapprochement avec mes barracudas adorés qui doivent fort probablement, surtout aujourd'hui à moins 20 degrés Celsius (moins 30 degrés avec le facteur éolien!), être complètement immobiles dans leur bassin.

Tous les jours, l'Homme ou moi allons nous assurer que le bulleur fonctionne et que le trou d'aération n'est pas bouché. Des fois, je m'inquiète (oui, encore!) parce que j'ai peur de donner de l'oxygène à une tombe. Ce serait tellement dommage car, malgré le fait qu'ils sont absolument malcommodes, mes barracudas ont conquis mon coeur d'amante des bêtes. Ce sera un triomphe sans précédent de les voir émerger au printemps. C'est ce que je me souhaite : continuer de croire que la vie est plus forte que tout!

mardi 18 janvier 2011

Ultime beauté

Que je trouve injuste quand la nature revêt ses plus beaux atours de ne pas être capable de la décrire comme elle le mérite! Ce soir, il neigeait à plein ciel lorsque je suis sortie sur les trottoirs. Le temps était doux. Après le froid sibérien, c'était le retour du confort ouaté. Au début, la neige ressemblait davantage à de la grêle, puis à de la pluie. Mais, après une heure, alors que je revenais à la maison, elle avait repris la forme que je préfère, celle de gros flocons blancs. Ils étaient des milliers à tomber. C'était tellement beau de les voir atterrir en tournoyant et en tourbillonnant. J'avais l'impression d'assister à un spectacle avec effets spéciaux. Deux fois, je me suis arrêtée pour contempler leur danse. J'ai même laissé tomber les écouteurs pour me remplir du silence paisible de la chute des confettis. J'ai aussi tendu ma main dégantée pour tenter d'en attraper quelques-uns. Hélas! ils fondaient dès qu'ils touchaient mes doigts ne laissant qu'une pauvre goutte d'eau là où, une fraction de seconde auparavant, tout un univers de dentelle miniature s'ouvrait à moi.

Toute entière absorbée par le calme étouffé de la neige qui se déposait doucement au sol, je me suis rappelée la fois où, en revenant de l'école - j'avais peut-être une dizaine d'années - je me suis carrément agenouillée dans le banc de neige devant la maison pour rendre grâce d'avoir la chance de contempler quelque chose d'aussi beau. Je me souviens que je me sentais prête à exploser de l'intérieur devant la grandeur du spectacle qui s'offrait à moi et je n'avais pu imaginer une autre façon d'exprimer l'appel plus grand que nature qui m'avait totalement envahi.

Je ne voulais plus rentrer ce soir. Je me sentais si bien. J'en étais même prête à accepter le fait qu'un jour je ferais corps avec cette nature qui me dépasse et qui m'éblouit depuis toujours. Sans doute parce que c'est là que tout commence et que tout finit.
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Notes métalliques : Sur un autre registre complètement, je vous donne des nouvelles brèves du Pusher de metal. Il m'a envoyé hier soir un lien pour que je puisse écouter le nouveau vidéo de son groupe Mortör sur YouTube. Parce que je sais à quel point certains d'entre vous partagez ma passion pour cette musique des tripes, je suis heureuse de vous transmettre l'information. La chanson Death from Above est tirée de leur plus récent album Metal Ride. Mettez la gêne de côté et osez!