mardi 30 août 2011

Tout ça, c'est de l'air!

Mon problème avec la retraite, hormis l'euphorie dans laquelle je baigne depuis que j'y suis entrée et dans laquelle je me complais béatement, c'est que je suis devenue incapable de me dépêcher. J'ai le bouton à "Arrêt" et je n'arrive pas à le changer de position.

Tenez, hier par exemple, je me suis finalement habillée à deux heures de l'après-midi et pourtant je m'étais levée à sept heures. Essayez d'y comprendre quelque chose. C'est sûr que j'ai pris le temps de lire mon journal en déjeunant. Mais j'ai aussi fait plein de petites choses plates que je ne finissais plus de finir, comme emballer un colis pour retourner des gougounes trop petites commandées sur Internet (c'est LA raison pour laquelle je déteste commander en ligne - si je ne vois pas, je ne sais pas choisir point), payer des factures, plier des serviettes. Comme vous voyez, des riens pas complexes du tout mais qui m'ont pris une éternité!

Aujourd'hui, c'était un peu mieux. J'étais encore levée tôt mais comme j'allais au cours de yoga avec la Fille, j'ai réussi à quitter la maison vers 10 h 30. Je n'y suis revenue qu'à 15 h 30 cependant. Juste à temps pour m'asseoir dans la cour et voir des choses dans le ciel. Hier soir, j'y avais aperçu un immense bourdon bleu avec d'énormes yeux qui lui sortaient de la tête et une cape rouge sur le dos. Aujourd'hui, le même bourdon est revenu mais il faisait encore plus de bruit. À un moment donné, j'ai même cru qu'il allait fondre sur moi. Finalement, comme l'espèce de chuintement se faisait décidément de plus en plus insistant, j'ai décidé de me lever de ma chaise et d'aller vérifier s'il n'avait pas tout simplement décidé d'atterrir sur le toit. Eh! non, il avait plutôt choisi la cour d'école au bout de la rue. Quand je suis arrivée près du terrain d'atterrissage improvisé, j'ai constaté que je n'étais pas la seule à avoir des visions. Une bonne partie du voisinage s'y trouvait déjà. De fait, le bourdon a même été applaudi quand il a posé aile sur le sol.

C'était vraiment impressionnant de le contempler dans tout son gigantisme. Quand il tournait la tête et qu'il dirigeait son regard sur nous, il arrivait presque à nous hypnotiser avec les spirales qui partaient de son gros iris noir. Il ne fallait pas trop s'attarder de crainte d'être transformé en statue de sel. Quand il nous montrait son arrière-train, par contre, il devenait franchement ridicule avec le minuscule bout de tissu rouge lui servant de cape et ses deux pattes franchement trop petites pour le reste de son corps. À un moment donné, il a poussé un drôle de soupir et il a commencé à s'affaisser. Là, c'est devenu un peu triste parce que le gros bourdon a cessé d'être menaçant pour devenir simplement pathétique, surtout quand il s'est laissé tomber sur le dos.

Avant qu'il ne se dégonfle complètement, j'ai tourné les talons. Et, pour ceux et celles qui ne l'auraient pas reconnue, je vous présente Super FMG, la mascotte du Festival de montgolfières de Gatineau, et elle a vraiment atterri à deux pas de chez moi!

dimanche 28 août 2011

Une journée délicieuse et vermeille


Grenouillons, grenouillettes, regardez qui habitent mon étang! Je vous présente Gertrude et Gontran prenant un bain de soleil sur l'une des pierres qui bordent le point d'eau. Mais, comme je vous l'ai déjà dit, ils ne sont pas seuls puisqu'ils voisinent une autre congénère baptisée Graziella. Tout baignait donc dans le bassin du côté des batraciens jusqu'à ce que je découvre hier après-midi deux autres représentants de l'espèce. L'Homme, la soeur Psy et moi, dans un immense effort d'imagination et de créativité, les avons affublés de noms fort originaux, soit Gaston et... Gougoune. Je sais, je sais, il y a encore un grand nombre de patronymes qui commencent par la lettre "G" mais, comment dirais-je, nous avons choisi de couper court. Je trouve quand même que c'est sympathique "Gougoune". Vous ne trouvez pas?


De son côté, Mignonne n'était pas contente. C'est que nous attendions beaucoup de monde à la maison pour souligner mon nouveau départ. Comme nous nous activions avec les préparatifs, elle ne savait plus où donner de la tête ou de la queue. Nous la dérangions en passant devant elle avec des assiettes, des ballons, des verres, des chaises, des confettis.


Désespérée de finalement trouver un coin tranquille, elle a décidé de se réfugier auprès de la Reine-Marguerite et de prendre un repos bien mérité dans la chambre d'en haut pendant que tout le monde s'énervait en bas.

Je n'aurais pu demander mieux comme journée pour réunir une gang de monde dans la cour afin de donner le coup d'envoi officiel à ma nouvelle vie. Des ballons "Bonne retraite" flottaient au-dessus de la tonnelle, les pots de fleurs avaient été stratégiquement déplacés pour présenter le jardin dans ses plus beaux atours. La température était parfaite : juste assez chaude pour être agréable mais pas trop pour nous faire suer. Les invités ont commencé à arriver. Nous avons sablé le champagne. Nous avons raconté des anecdotes... sur moi, bien évidemment. Nous avons beaucoup ri. Nous avons mangé comme des rois. Et pour ajouter à l'ambiance, nous avons eu droit à un éclairage fabuleux gracieuseté de T.Copain de la Fille. Voyez vous-même.



Et le plus merveilleux dans tout ça c'est que demain, je ne travaille pas!!!

vendredi 26 août 2011

C'est parti!

Me voyez-vous? Minuscule point noir à l'horizon. Je vogue, je dérive. Dès que la dernière amarre a été larguée, je me suis laissée porter par le vent. Et il soufflait fort. Alors me voilà, peinarde sur le pont, les pieds ballants au-dessus des flots. Très loin du rivage et, pour vous dire la vérité, je m'en fous un peu de ne plus voir les côtes. J'ai besoin d'espace. De vastes espaces.

Le soleil brille. Le vent n'est plus maintenant qu'une agréable brise qui transporte des effluves iodés à mes narines. Je hume à fond. Je remplis mes poumons de cet air vivifiant qui me fait sentir jeune, très jeune. C'est comme si j'étais redevenue la petite fille d'Arvida qui commence ses vacances d'été et qui a l'impression que ce temps de farniente ne finira jamais.

Je me sens la tête légère et pourtant je n'ai rien bu. Ne craignez rien à ce chapitre cependant. J'ai bien la ferme intention de fêter ma nouvelle vie avec familles, amies et dives bouteilles tout compris. Non, je dirais plutôt que je ressens une euphorie. C'est ça! L'euphorie de la liberté retrouvée. Finies les attaches. Terminés les comptes à rendre. Oubliées les interminables journées passées à m'ennuyer et à me dire que j'aurais beaucoup mieux à faire et à offrir que de juste avoir mon cul planté sur une chaise. Derrière moi les obligations qui n'en sont pas vraiment. Ah! je respire à plein et je n'arrête pas de vouloir que mes sens enregistrent tout. Le ciel bleu sans nuage. Les cris des oiseaux dans mes oreilles. Le bruit des vagues qui frappent le bastingage. Je vis à cent mille à l'heure et toutes, je dis bien toutes, les cellules de mon corps vibrent avec moi à l'unisson pour entamer cette merveilleuse aventure.

Je n'ai plus envie d'être pressée, ou sollicitée, ou obligée de quoi que ce soit. C'est moi le capitaine maintenant. Seule maîtresse à bord.

mercredi 24 août 2011

Larguer les dernières amarres

Demain, je lève définitivement les voiles. J'ai donc continué à préparer mon voyage pendant la journée. Je constate toutefois que boucler les valises devient de plus en plus difficile à mesure que diminuent le nombre d'amarres me permettant de demeurer encore au quai.

J'ai ainsi légué ma seule et unique plante de bureau, qui m'avait elle-même été confiée par l'Amie L. lors de son départ pour le Liban, à Pompon Brodeur. Me semble que c'était le seul choix logique compte tenu de notre passion commune et enthousiaste pour tout ce qui est vert et pousse dans nos cours et plates-bandes. Il a été maintes fois de bons conseils et il a partagé les hauts et les bas de la construction de mon bassin sans démontrer aucun signe d'impatience. Faut le faire. Et puis, il a déjà gardé ma plante lors de mes vacances de l'année dernière et celle-ci m'est revenue plus en forme que jamais. Il l'a baptisée "Quintaline". Je crois que je peux partir en paix côté jardin.

Ensuite, j'ai ôté mon nom sur le tableau des présences ou, plutôt, je l'ai déplacé pour le mettre de guingois. Quelqu'un d'autre le fera disparaître. J'ai aussi décroché l'affichette installée sur le devant de ma cloison pour m'identifier. Celle-là, par contre, j'ai décidé de l'apporter à la maison. Après tout, à moins qu'il n'y ait désir de tentative d'usurpation de mon identité, je crains bien qu'elle ne serve plus à rien.

Dans plus ardu à accomplir, j'ai enlevé le poster illustrant le joli minois d'une petite Chinoise et proclamant : "Les yeux en amande, le coeur québécois" qui m'accompagnait dans tous mes décors cléricaux depuis que la Fille fréquentait la maternelle. Il s'agissait en fait d'une publicité du ministère québécois de l'Immigration et des Communautés culturelles de l'époque que j'avais tellement aimée que j'avais réussi à obtenir un autre exemplaire du poster que j'ai fait laminer pour la maison. Celui du bureau montrait des signes de fatigue. N'empêche. J'ai eu un pincement au coeur quand je l'ai plié pour le mettre à la poubelle.

Toujours sur mon chemin de Damas, j'ai décidé tant qu'à faire de déprogrammer les boutons de mon téléphone. Pour dire vrai, j'ai seulement enlevé les petits cartons insérés sous les boutons grâce auxquels j'évitais à ma mémoire l'effort de se rappeler du numéro du coiffeur ou du vétérinaire. Juste comme je considérais que cette étape relevait plus du bien que du mal, je reçois un appel de l'Ami qui me déclare tout de go : "Réalises-tu que c'est la dernière fois que j'utilise ce numéro pour te parler? Dorénavant, je devrai penser à te joindre à la maison puisque tu ne répondras plus au bureau." Bon, on se calme là. "N'oublie pas que tu pourras aussi communiquer avec moi sur mon cell", que je lui dis pour tenter de rendre la séparation téléphonique plus facile à accepter. "Non, je n'oserai jamais. Ce ne sera pas la même chose. Je ne voudrai pas te déranger. Ce ne sera pas mon premier choix en tout cas." Fort bien. "Je comprends que l'idée du cellulaire t'angoisse," que je lui rétorque dans un deuxième effort pour le rassurer, "mais comme je serai à la retraite, il est fort possible que je ne sois pas au bout du fil à la maison. Je m'attends quand même à sortir de temps à autre de mon antre domiciliaire." "Nous verrons à l'usage," qu'il me lance avant de raccrocher.

Hum... c'est vrai que nous avons partagé d'incalculables fous rires et quelques pleurs, sans compter nos éternelles analyses des paysages culturels et politiques, lors de nos appels téléphoniques presque quotidiens des trente-quatre dernières années. Mon moment préféré demeure de loin la période des fêtes où, pendant les semaines qui précèdent Noël, nous délirons chaque matin en chantant "Chestnuts Roasting on an Open Fire" et en faussant allègrement en plus. J'imagine que nous pourrions poursuivre la tradition, moi à la maison, et l'Ami au bureau.

Enfin, j'ai effacé le fichier qui constituait mon fond d'écran depuis toujours, soit une photo de moi avec la soeur du Milieu et la soeur Psy, de dos, en maillots de bain, revenant de la plage lors de l'une de nos vacances sur le bord de la mer dans le pays de l'Oncle Sam. Nous avions peut-être 10, 9 et 5 ans sur cette photo vraiment touchante de trois petites filles avec leurs seaux et leurs pelles, marchant ensemble sur une même ligne, de la plus vieille à la plus jeune. Là, je l'avoue, j'ai eu le choc, surtout quand j'ai vu apparaître le bouquet de tulipes de Windows que j'ai choisi pour remplacer mes souvenirs.

Mais, mais, trêve de nostalgie, cette mauvaise conseillère. Me reste encore demain une dernière amarre, la plus difficile à couper : les adieux non plus aux choses matérielles, mais aux personnes qui ont partagé mon quotidien au cours des années. Déjà, certaines se sont manifestées. L'une m'a légué l'Arbre de la vie pour me rappeler que les changements successifs de couleurs des feuilles des arbres au cours des saisons sont semblables aux différents moments importants et uniques que nous sommes appelés à vivre. L'autre m'a laissé de merveilleuses notes yogiques que je ne saurai oublier : "La posture, c'est d'être fermement établi dans un espace heureux."

C'est ce que je souhaite que la retraite soit pour moi, un espace heureux!

dimanche 21 août 2011

Retraitée effarouchée

Que je vous parle d'abord de l'effaroucheur, enfin installé devant le bassin. Il a déjà fonctionné à deux reprises et il a réussi avec succès à éloigner les bêtes qui pensaient venir se régaler gratuitement de poissons frais! La mise à l'essai de l'appareil a cependant donné lieu à des scènes plutôt loufoques puisque j'ai dû jouer au raton pour évaluer l'efficacité du détecteur de mouvement. Évidemment que lorsque je passais debout devant l'appareil, cela ne fonctionnait pas. Non, je devais plutôt m'accroupir, à la hauteur de ce qui me semblait être celle d'un raton, pour me faire immanquablement asperger de trois tasses d'eau. Je peux maintenant affirmer que la douche froide aura sûrement tôt fait de décourager tout raton mal intentionné qui n'aura d'autre choix que de rebrousser chemin, bredouille. Tant pis et tant mieux.

Aujourd'hui, j'ai franchi une étape (encore une autre) vers mon passage imminent à la retraite. En compagnie de l'Homme, je suis allée vider mon bureau. Est-ce que j'ai eu un pincement au coeur? Un assez gros, dois-je tout de même confesser. On ne laisse pas impunément trente-quatre années de sa vie derrière soi sans pousser un soupir ni jeter un coup d'oeil mélancolique par-dessus son épaule. Après tout, je laisse un travail que j'aime encore passionnément. Ma seule consolation, c'est que je pourrai continuer d'écrire, peut-être même encore plus et surtout ce qui me plaît, en étant à la retraite. Je quitte également de très bonnes collègues avec qui j'entretenais des rapports réguliers et absolument agréables. Là encore, la retraite ne m'empêchera en rien de prendre le thé, d'envoyer des courriels et de faire des sorties entre amies. Au contraire.

Finalement, de quoi je me plains? Du temps qui passe et qui ne revient pas. Du temps qu'on ne peut pas reculer, même d'une seconde. Me reste à foncer, droit devant. De toute façon, jeudi c'est fini.

vendredi 19 août 2011

De protectrice faunique à effaroucheuse

Plus que quatre petits jours avant la retraite. Ça devient vraiment sérieux. La Reine-Marguerite, qui roupille à mes côtés en ce moment, est absolument sous le choc de la vitesse avec laquelle le dernier mois s'est écoulé. Elle me confiait d'ailleurs éprouver elle aussi quelque peu d'appréhension à l'approche de nos tête-à-tête bientôt quotidiens. Sa tranquillité, entre autres, risque d'en prendre un coup. Ah! mais je n'y peux rien. À compter de presque maintenant,je vais disposer de tout mon temps pour caresser, embrasser, minoucher, brosser, taquiner et faire que sais-je encore à mes deux félines préférées.

Il n'y a pas que les chattes qui s'énervent. Les espiègles aussi se demandent avec inquiétude si je planche sur de nouveaux plans pour leur habitat. Des rumeurs circulent selon lesquelles l'Homme et moi songerions à agrandir le fameux bassin afin de favoriser la survie du plus grand nombre au cours de l'hiver. Bien que le but soit noble, les espiègles craignent une surpopulation et, par le fait même, la baisse de leur qualité de vie.

J'ai dû interrompre ce blog pour cause de sommeil inopiné. Voilà cependant que je le reprends à 1 heure du matin pour cause d'invasion perpétrée par Bruno le raton tapageur et compagnie. Eh! oui, après m'être levée pour un pipi de vieille femme et future retraitée, j'ai été attirée par le manque de bruit dans l'étang, comme si la pompe ne fonctionnait plus. Ce qui était le cas. Après avoir ouvert la porte de la cour pour vérifier si poissons et batraciens se portaient bien, que vois-je ou plutôt qui vois-je émerger du bassin? Oui, eux. Immédiatement, je me précipite sur le piège que j'avais préalablement installé avant de rentrer pour la nuit et je me transforme en effaroucheuse.

Que je vous explique de ce dont il s'agit et de ce quoi je me suis inspirée. En effectuant certaines lectures sur la Toile pour tenter de trouver des moyens de rendre ma cour moins attirante pour Bruno et sa gang, j'ai appris des choses fort intéressantes. Premièrement, il est inutile et surtout inefficace de tenter d'attraper les intrus masqués dans une cage pour les relocaliser ailleurs. Selon les recherches effectuées par des experts en la matière, les ratons et les mouffettes se partagent allégrement le territoire urbain et, lorsque déplacés, ils se remplacent. Vous le savez, la nature a horreur du vide.

Deuxièmement, des lois protègent nos chers indésirables. À ceux ou celles qui seraient tentés de les empoisonner ou de leur tirer dessus, gare à vous! Les agents de la faune veillent. De toute façon, vous aurez déjà deviné que c'est une solution à laquelle je n'aurais jamais eu recours vu que je fraternise même avec les souris, surtout si elles ont pour nom Mimi! Par contre, il est possible d'utiliser un effaroucheur à détecteur de mouvement pour les décourager de transformer votre oasis de paix en un buffet permanent. Qu'est-ce qu'un effaroucheur? Un simple dispositif que l'on plante dans le gazon après l'avoir raccordé au boyau d'arrosage. Ensuite, le détecteur de mouvement fait le reste. Lorsque Bruno ou l'un de ses congénères fait mine de s'approcher, splouche, il reçoit trois tasses d'eau en pleine face!

Ce soir, l'Homme et moi avons effectué une expédition du côté du ROC pour nous procurer le machin en question qui est qualifié de miraculeux. Malheureusement, la chose se trouve encore à l'heure qu'il est dans le coffre de la voiture étant donné que nous sommes revenus trop tard pour l'installer. J'ai donc improvisé mon propre effaroucheur en accrochant le boyau après une chaise et en le pointant en direction de l'étang. Quand j'ai entendu Bruno, je me suis précipitée dehors, en jaquette, et j'ai ouvert l'arrivée d'eau. Lui et son comparse n'ont pas aimé. Ils ont immédiatement pris la poudre d'escampette. Quand je pense qu'ils étaient tous les deux dans l'étang, se pourléchant sans doute les babines en humant les sushis à portée de leurs pattes, j'en frémis!

Une demi-heure environ s'est écoulée depuis mon intervention. Je tape avec l'oreille dressée telle une Saint-Bernard dans ses montagnes enneigées. La Reine-Marguerite m'épaule toujours en dormant du sommeil du juste. Comme j'aimerais l'imiter.

À propos, vous ai-je dit que dans l'inconscience la plus totale, les espiègles ont recommencé à s'envoyer en l'air dès que le danger a été écarté? Mais peut-être qu'ils songent eux aussi à la nécessité d'avoir des petits en réserve au cas où ils seraient involontairement déplacés d'un étang à un estomac!

mardi 16 août 2011

Sous le signe de la gratitude

Blog du soir

Comme tout peut changer en l'espace de quelques heures. Après une nuit passée sur la corde à linge à surveiller Bruno le raton tapageur, je m'attendais à me sentir fatiguée toute la journée. Étonnamment non. J'avais plutôt en-dedans de moi un immense sentiment de gratitude. Pour dire vrai, il n'était pas si immense que ça ce matin. Ce sont plutôt les belles rencontres qui ont amené cette paix intérieure.

L'Amie J., d'abord, à qui je racontais mes péripéties de la veille et confiais mon anxiété à l'idée d'avoir à vivre la retraite prochaine et le voyage dans les Zuropes, m'a suggéré cette merveilleuse approche que j'ai décidé d'embrasser tout de go : "Pourquoi tiens-tu absolument à vivre les deux choses en même temps? Commence par prendre tes vacances. Après, peut-être que tu te diras que ce serait bien de ne pas avoir à reprendre le chemin du bureau et là tu prendras ta retraite." Vraiment, quelle excellente idée! Me semble que ça me laisse encore plus de place pour profiter pleinement de mon aventure à l'étranger.

Ensuite, l'Amie yogini, dans sa grande sagesse habituelle, m'a rappelé dans un petit courriel fort sympathique que je pourrais songer à commencer mes journées de retraitée en suivant les méditations guidées de Nicole Bordeleau avec, en prime, la compagnie de la Reine-Marguerite qui voudra sûrement être de la partie. Déjà, je commençais à sentir le calme descendre en moi.

Et, pendant le cours de yoga, c'est la gratitude qui m'a envahie. Je me trouvais privilégiée d'être bien vivante, là, sur mon tapis, entièrement absorbée par ma respiration et l'écoute de mon corps. Quand la période de relaxation est arrivée, je n'étais plus qu'une grosse masse de reconnaissance qui rendait grâce pour tous les bienfaits dont elle avait la chance de jouir.

La gratitude est restée imprégnée dans mes cellules et elle me remplit encore au moment où je vous écris. Il y a quelques minutes, j'étais dehors avec Mignonne dans mes bras. Elle aime quand je l'amène prendre l'air mais, comme elle est très peureuse, elle se trouve tout à fait rassurée en demeurant dans mes bras. Moi je profite de cette petite (hum!), moyenne boule de poils abandonnée et confiante pour me donner une séance de zoothérapie. Le ronronnement d'un chat, c'est tellement apaisant. J'étais donc assise dans ma chaise, sur le patio, avec ma minette sur moi. Je regardais le ciel au travers des branches de mon magnifique érable en écoutant le bruit de l'eau dans le bassin. J'étais au Présent, point.