mercredi 22 juillet 2026

On ne s'endure plus les deux fesses collées ensemble!

 


Dans le Journal de Québec il y a quelques jours, je lisais un article qui posait une question existentielle pour notre monde actuel : "Y a-t-il trop d'écureuils dans nos habitats urbains?". C'est que, voyez-vous, ces rongeurs immondes osent creuser des trous dans les jardins, dans les pots de fleurs, dans les plates-bandes afin d'y cacher des provisions pour l'hiver à venir. Ce sont de véritables nuisances! Et je ne parle pas ici de leur propension à se prendre pour des oiseaux et à dévaliser les mangeoires, ou pire, carrément à les ronger.

J'entends vos cris d'orfraie et je les recueille. Quand j'étais encore proprio, j'ai eu moi-même maille à partir avec ces petites bêtes que l'Homme et moi nous amusions à baptiser du nom de Kroutchfer. Allez savoir pourquoi mais c'est le patronyme que l'Homme m'a appris à utiliser lorsque nous avons fait du camping ensemble pour la première fois. C'est resté et tous les écureuils et tamias rayés qui ont croisé notre route par la suite étaient tous désignés ainsi, et ils le sont encore quand ils se promènent sur la pelouse devant notre terrasse. Alors, oui, ces petites bêtes sont venues détruire nos mangeoires jusqu'à ce que nous trouvions un modèle totalement à leur épreuve. Et c'était fabriqué au Québec en plus! Le fait qu'ils venaient manger les graines qui tombaient au sol ne nous a jamais dérangés. Nous poussions même l'audace à les fournir en arachides toute la saison froide durant. 

Malgré le fait qu'un de nos voisins nous avait déjà fait le reproche de trop les apprécier, lui qui les qualifiaient littéralement de "rats", jamais je n'ai songé que des animaux que nous côtoyons depuis toujours puissent susciter autant de haine. Comprenez moi bien, je ne nie pas qu'ils peuvent parfois être la cause de dégâts. C'est juste l'ampleur du sentiment suscité par leur présence qui me gêne. Je m'en suis d'ailleurs rendue compte lors d'une excursion cette semaine dans un parc près de chez nous. L'Homme et moi devisions avec un habitant du coin que nous avions intercepté pour nous aider à trouver le début du sentier pédestre. Pendant qu'il nous donnait ses indications, un gentil tamia a traversé la piste juste devant nous. Et le voilà parti à décrier les ravages de ces sales bêtes dans son jardin et sur le terrain de son voisin qui, s'il consacrait plus de temps à le nettoyer, ferait en sorte de diminuer le trafic des rongeurs autour de chez lui. Je n'ai rien dit. Quand je suis revenue à la maison, j'ai vu plein de terre à côté d'un de mes pots de fleurs. La plante n'était pas abimée. J'ai sorti mon balai et j'ai ramassé le tout. Je me demande si un plant d'arachides va pousser à côté de mon pétunia...

Dans Le Devoir en fin de semaine, on parlait du chant des oiseaux dans nos villes. À cause du bruit incessant de l'activité humaine. ces pauvres bêtes doivent maintenant hurler pour se faire entendre. Je ne savais pas que leurs cris servaient aussi à repérer un représentant de l'autre sexe ni à délimiter leur territoire. C'est donc très important qu'ils puissent s'entendre gazouiller. On penserait que le chant des oiseaux, c'est apaisant. Oh que non! Ça dérange beaucoup au contraire. Ça nous réveille le matin, surtout quand les corneilles crient très fort en passant d'un arbre à l'autre. Vivement la musique dans les écouteurs ou la radio à plein volume pour enterrer tout ça! J'ai connu quelqu'un dont le mari voulait faire abattre les arbres devant leur maison pour ne plus entendre ce tintamarre matinal. Moi qui souris quand j'entends les oiseaux chanter au moment de mon réveil. Je m'ennuie tellement d'avoir les fenêtres fermées l'hiver et d'être privée du bruit de la nature. En ce moment, j'écris porte et fenêtre grandes ouvertes en me laissant bercer par l'agitation du vent dans les arbres. C'est absolument merveilleux et ce l'est encore plus quand s'ajoute à ce souffle paisible l'éclat des cris des enfants qui jouent pas loin. Encore là, je ne fais pas l'unanimité puisque des enfants qui s'amusent, ça dérange aussi. Des fois, les gens ne veulent pas vivre près d'une école ou encore voir débarquer une garderie à côté de chez eux. J'ai vécu une trentaine d'années à un coin de rue d'une école primaire et je m'ennuyais l'été des cris des enfants dans la cour. J'avais toujours hâte à septembre pour entendre la rentrée et les cloches qui dictaient l'arrivée, le départ et les récréations. Comme le dit si bien Dans Bigras dans une de ses chansons : "Si tu me surprends à fermer les fenêtres parce que le bruit des enfants me monte à la tête, tue-moi!".

Est-ce qu'on est rendu là? On dirait qu'on ne supporte plus rien. On dirait qu'on ne sait plus comment vivre ensemble. Tout nous tape sur les nerfs et on s'enferme. Devant nos écrans qu'on consulte frénétiquement. On se coupe de liens réels. Certains peinent à répondre au téléphone : "Mais qu'est-ce que je vais dire? Pourquoi qu'on m'appelle? Je laisse sonner. Tant pis". On s'enferme mais on se referme surtout. Les autres deviennent nos ennemis, surtout quand ils ne font pas ce que je veux. Entretenir des relations?  Pas le temps. Jamais le temps. Dire bonjour aux personnes croisées pendant la journée? Inutile. Retourner au travail en présentiel et être obligé de parler à des collègues? La croix et la bannière. On attend l'autobus en ligne, le nez rivé sur nos téléphones "intelligents" à côté des itinérants qui envahissent les espaces publics faute de services appropriés. Qu'importe. On ne voit rien. On n'entend rien. 

On veut juste la paix, la sainte paix, c'est-tu possible ça? Mais est-ce bien de paix qu'on parle ici ou de solitude? Qu'est-ce qu'on nous apprenait déjà dans le temps? Ah oui, l'humain n'est pas fait pour vivre seul. Dans ce cas, il devrait être capable d'apprécier le chant des oiseaux, de chérir les animaux, de protéger la nature, de prendre soin des autres. Levons la tête vers le ciel. Respirons un bon coup. Cultivons la joie, une semence dont la plante est particulièrement difficile à récolter par les temps qui courent. Mais, surtout, de grâce, endurons-nous!



jeudi 16 juillet 2026

Un 7 mai de l'an 2026

 


Papa est mort. Cet homme a été présent dans ma vie pendant 70 ans! J'ai été drôlement chanceuse de l'avoir aussi longtemps. Oui, je dis chanceuse d'avoir pu profiter de ses connaissances, de ses valeurs, de ses expériences. Oui, j'affirme chanceuse d'avoir pu l'entendre me raconter comment ça se passait dans les années dont je ne me souviens même pas. Oui, tellement chanceuse d'avoir eu une belle vie de famille et de n'avoir jamais manqué de rien. Enfin, extrêmement chanceuse d'avoir été là pour ses dernières années de vie, d'avoir pu l'accompagner dans la maladie et les pertes que cela engendre, mais surtout de l'avoir vu faire preuve de courage et de résilience, et de continuer envers et contre tout à être reconnaissant pour tous ses petits bonheurs quotidiens.

Papa est mort. Je suis maintenant officiellement orpheline. Ça fait drôle. C'est moi l'aînée maintenant. Celle qui se retrouve sur la ligne de front comme maman se plaisait à le dire. Une autre belle expression que je chéris. Les soeurs et moi, on les répète souvent les "dictons" de maman, comme une façon de la garder encore et toujours avec nous. De ce temps-là, on se rappelle que "le coffre-fort suit pas le corbillard!". Quelle image efficace quand même pour dire que l'argent ne fait pas le bonheur et surtout ne change rien à la fin qui nous attend toutes et tous!

Papa est mort. Et j'étais là, avec la soeur Psy, pour recueillir son dernier souffle. Je ne sais pas encore comment j'ai fait pour rester jusqu'à la fin. Quand maman est morte, j'étais dans le corridor de l'hôpital. C'est là que j'ai attendu la nouvelle de son décès. Je crois bien que vingt-neuf ans plus tard, j'étais enfin prête. Pourtant je ne me sentais pas plus courageuse. C'est juste les années qui passent je crois. Avoir traversé le départ de mes tantes, oncles, cousins et cousines, amis et amies, voisins et voisines, félins et félines. Oui, mes chats m'ont aidée aussi à apprivoiser la mort. Ma Mignonne chérie entre autres a fait en sorte que je sois à ses côtés pour traverser de l'autre côté. On ne s'habitue pas à la peine, ni au fait que la fin doit arriver. C'est juste l'acceptation qui arrive je crois. En tout cas, aussi paradoxal que cela puisse l'être, je suis infiniment reconnaissante à mon papa d'avoir fait en sorte, comme Mignonne, que je sois avec lui pour ne plus entendre son souffle. C'est à la fois une douleur horrible et un privilège exceptionnel. C'est un déchirement total : vouloir que la souffrance se termine une fois pour toutes pour la personne aimée et vouloir encore entendre une autre respiration parce qu'on ne veut pas que la relation se termine pour nous.

Alors, voilà. Papa est mort. Cet homme qui m'a coûté beaucoup de sous en thérapie, ben, j'avais fini par faire la paix avec lui, dans ma tête mais surtout dans mon coeur. C'est juste que j'ai vieilli... et lui aussi. Quand on s'aime, on accepte er on comprend mieux les manquements. Quand on devient parent, on se rend bien compte qu'on est juste des humains qui font de leur mieux, avec leurs bons (et moins bons) coups.

Papa est mort mais il m'a laissé beaucoup. Grâce à lui, je sais l'importance d'avoir des valeurs, de les défendre et de se tenir debout. Grâce à lui, je sais que les femmes sont égales aux hommes et qu'elles peuvent faire et décider ce qu'elles veulent (merci aussi à maman pour ça!). Grâce à lui, je sais c'est quoi une famille tissée serrée (merci d'ailleurs à la fantastique équipe Grand-Papa Pierre qui s'est composée spontanément de nos neveux et nièces venus aussi veiller avec nous notre papa adoré). Grâce à lui, je sais c'est quoi vivre de vraies vacances en famille avec des parents disponibles pour jouer avec nous, je sais c'est quoi des vrais Noëls avec tout le monde autour de la table qui rit et se taquine, je sais c'est quoi des bbq où on mange les meilleures côtelettes de porc au monde. Oui, grâce à lui, je sais surtout c'est quoi être aimée.

Papa est mort. Il me reste maintenant à dire comme lui : "Vive la vie, vive l'amour, vive la compagnie!"


vendredi 13 mars 2026

Une porte se ferme, une fenêtre s'ouvre

 


Je suis tombée sur la glace au mois de janvier. Heureusement, rien de cassé. Plus de peur que de mal comme on dit. Mais je suis restée vraiment craintive de tout ce qui ressemble de près ou de loin à une surface glissante. Un genre de traumatisme, quoi! Pour vrai, j'ai dû réapprendre à marcher dehors en hiver. Mes pas étaient tellement hésitants les premières fois. Faut dire que comme j'avais encore de la douleur dans le bas du dos, je marchais pas mal raide! Rien pour aider ma cause. Moi qui adore parcourir mes trottoirs chéris, je faisais de toutes petites incursions d'environ une demi-heure. Très, très lentement.

Ça fait réfléchir ce genre de chose. Surtout au vieillissement je dirais. J'avais toujours été chanceuse côté chute et je l'ai encore été malgré tout. N'empêche. J'ai eu peur d'être privée d'un plaisir incommensurable, celui de déambuler à mon gré. Je ne suis pas prête à faire ce deuil. Mais est-on vraiment prête, avec les années qui passent inexorablement, à abandonner nos habitudes, nos routines, nos activités? Je pense qu'on ne l'est jamais. On est juste forcé de le faire. Et, avec chaque petit deuil, vient une peine, soit la reconnaissance indéniable de la réalité du temps qui passe. 

Deux jours après ma chute, l'Homme et moi apprenons que la Popote roulante cessera ses activités pendant un bout, le temps de faire des rénos pour réparer les dégâts causés par un incendie en septembre dernier. Ouf! Tout un choc ça aussi. Et un soulagement dans mon cas, dois-je l'avouer, car je voyais bien que j'étais hors jeu pour une bonne période après ma chute. Du jour au lendemain, on s'est donc retrouvés pas mal désoeuvrés. C'est qu'avec la Popote, on sortait deux avant-midis par semaine. Cela structurait notre emploi du temps ces jours-là. 

Alors, depuis, j'ai récupéré et j'ai réfléchi. J'ai aussi beaucoup ralenti. Je ne sais pas si c'est le froid de la saison, la période de récupération, ou juste la fatigue accumulée, mais j'ai commencé à aimer ça pas mal de ne plus avoir à me lever tôt pour sortir par toutes sortes de températures. Depuis que l'Homme est à la retraite, notre plaisir coupable a toujours été de savourer notre café, de lire nos journaux et de déjeuner tout l'avant-midi comme dit la soeur Psy en se moquant un peu de notre lenteur. Que voulez-vous, c'est un plaisir dont on ne peut profiter lorsqu'on travaille encore. Il en va tout autrement à la retraite. Des fois, je dis à l'Homme que je ne le trouve pas rapide. Il me répond invariablement qu'il a couru toute sa vie jusqu'à sa retraite et que c'est là son nouveau rythme : "N'essaie pas de me faire aller plus vite, c'est impossible". Cette phrase avait l'heur de m'irriter, maintenant je la comprends.

Quand j'ai pris ma retraire en 2011, je me suis lancée tête première dans le bénévolat. J'attendais ce moment depuis longtemps. Je me trouvais complètement inutile comme fonctionnaire. Moi, je ne voulais pas juste pousser du papier, je voulais changer les choses (le monde en fait, mais je me suis vite rendue compte que cette mission n'était pas à ma portée). Qu'importe. J'ai trouvé mon créneau. Pendant quelques années, j'ai bénévolé  jusqu'à cinq jours par semaine, de 8h à 16h. J'avais trouvé une autre job! Pas grave, j'adorais ça m'occuper du dépannage alimentaire à la Soupière de l'Amitié. J'ai tellement grandi, j'ai tellement appris. Je suis devenue une meilleure personne. Et j'ai gagné en confiance. Moi qui n'avais jamais voulu superviser des employés, voilà que je gérais une équipe de bénévoles. Et, contrairement aux initiatives régulièrement laissées lettre morte au gouvernement, j'ai appris qu'on pouvait présenter des projets et les voir se réaliser deux semaines plus tard! C'est ainsi qu'est né le Petit marché de la solidarité qui nous permettait de distribuer nos surplus une fois par semaine. Pourquoi s'arrêter là quand les gens nous font confiance? J'ai décidé ensuite d'organiser un Réveillon de la solidarité le 24 décembre. J'ai encore appris. J'ai trouvé des bénévoles, des commanditaires, des locaux, j'ai embrigadé ma famille, mes amis et tout le monde qui voulait bien nous prêter main-forte. À ce jour, le Réveillon se tient toujours grâce à l'engagement de personnes au grand coeur, la gang d'Itinérance Zéro pour ne pas la nommer!

Après la Soupière, je me suis tournée vers le CHSLD. J'ai participé à la tenue des déjeuners mensuels, des bingos hebdomadaires et d'autres activités ponctuelles. Évidemment que je me suis attachée aux personnes qui vivaient dans le milieu. J'ai encore grandi. J'ai beaucoup pleuré sur le sort de nos aînés. J'ai tenté dans la mesure du possible de leur apporter de la douceur et de l'amour dans cette fin de parcours qui est loin d'être rose.

Et j'ai eu le grand privilège de connaître aussi la belle gang d'Itinérance Zéro. Là j'ai cuisiné des muffins comme une vraie malade! J'ai trouvé des recettes pour utiliser les tonnes de bananes qu'on faisait congeler et les autres ingrédients qu'on recevait de Moisson Outaouais. J'ai rencontré dans cet organisme des personnes engagées, totalement respectueuses des gens aidés. Chaque semaine, 60 muffins sortaient de ma cuisine et étaient livrés par l'Homme (toujours enrôlé dans mes projets).

La pandémie est arrivée. Tout a fermé. Nous avons quitté notre région pour nous rendre à Québec. La première chose que j'ai dit à la soeur Psy en arrivant chez elle : "Faut que tu me trouves du bénévolat à faire. Je ne peux pas rester les bras croisés à la maison". C'est ainsi que nous sommes débarqués (l'Homme avec moi comme de bien entendu) au Patro Roc-Amadour. Encore une fois, un milieu avec des personnes généreuses, attentionnées et désireuses elles aussi de changer les choses. Me rendre dans les maisons pour livrer la Popote a été une autre occasion pour moi d'apprendre. Pas facile de se retrouver face à la solitude, à la maladie, à la misère, à la vieillesse. Encore une fois, j'ai laissé une partie de mon coeur et de mon âme dans des rencontres qui m'ont marquée à jamais. 

J'ai commencé à écrire ce blog sans trop savoir comme d'habitude où cela m'amènerait. Je vois bien que je suis en train de faire mes adieux à une partie de ma vie que j'ai adorée, littéralement. J'ai maintenant 70 ans. Je suis devenue mamie d'une adorable petite-fille. Et je suis aussi la fille d'un papa qui se trouve dans le très grand âge. J'ai envie de profiter de ces deux extrêmes. Pour cela, j'ai besoin d'avoir une liberté dans mon emploi du temps qui n'est pas possible lorsqu'on s'engage dans le bénévolat. Je tiens également à continuer mes marches, mes cours de yoga, mes ateliers de méditation. Je veux micro-jardiner sur ma terrasse quand le printemps va se montrer le bout du nez. Et, comme l'Homme, mon minet chéri, j'ai envie d'un rythme plus lent pour vivre pleinement la gratitude, savourer la douceur des jours qui passent.

Pas adieu, mais certainement au revoir!





dimanche 11 janvier 2026

Un peu, assez, trop?


Le monde ne va pas bien. C'est le moins que l'on puisse dire. Cela me rend malade d'anxiété. Il m'arrive maintenant d'écouter les nouvelles et de pleurer. Plus capable de voir des personnes souffrir. Je voudrais toutes les prendre dans mes bras et leur dire que je suis là et que je les aime. J'aimerais pouvoir les aider à avoir la vie meilleure dont elles rêvent toutes. Je souhaiterais les convaincre qu'il y a encore de l'espoir et de la compassion. Mais je doute. 

"Arrête d'écouter les nouvelles si ça te fait aussi mal". C'est ça qu'on dit aux gens comme moi. Car je fais partie de ces faibles qui se laissent émouvoir pour tout et pour rien. Vous savez, je n'écoute pas les nouvelles en boucle toute la journée mais je m'informe. Je veux pas seulement savoir, je veux comprendre. Oui, comprendre comment entre autres on peut arriver à se laisser toucher juste un peu. Savoir comment mesurer la dose exacte de notre empathie, celle qui permet de continuer à dormir sans s'inquiéter des humains qui dorment dans les ruines de la guerre ou sur les trottoirs de nos villes. Comment sentir juste un peu la détresse d'une maman qui voit son enfant mourir de faim dans ses bras ou le chagrin d'un papa qui enterre un membre de sa famille. 

Oui, comment arriver à être juste assez. Assez forte pour assister régulièrement au spectacle de personnes qui viennent s'enquérir de la possibilité de recevoir une aide alimentaire mais qui ne l'obtiennent pas toujours, qui se butent à des portes fermées, à des services qui débordent et à des intervenants épuisés d'avoir à dire non. Assez solide pour ne pas imaginer ce que ce doit être d'avoir le ventre vide et de rêver, comme une personne démunie me l'a déjà raconté, à la dernière pomme qui reste dans le frigo. Tu sais que si tu la manges, c'est fini. Y aura plus rien. Mais ton ventre crie famine. Il t'empêche de dormir. Alors tu te lèves et tu dévores le fruit défendu. Tu manges même les pépins. Et, après, ben, après tu pleures parce que tu sais qu'il ne reste rien à manger.

Même si je n'ai jamais connu une telle situation de dénuement, je me souviens de l'époque de vaches maigres que l'Homme et moi avons traversée au début de notre vie à deux. Jamais assez de sous pour faire toutes les rangées de l'épicerie. Fallait tout compter à la cenne près pour être en mesure de payer une fois arrivés à la caisse. Et je me souviens d'un soir où nous étions sortis pour marcher un peu. Nous nous sommes retrouvés devant la pâtisserie du quartier. Et là, nous avons eu le goût démesuré de savourer un dessert, nous avons eu une envie irrésistible de nous gâter un peu. C'était peut-être un jour ou deux avant la paye. Il nous restait 2 $. Le prix d'une pâtisserie (ça fait longtemps, cette histoire). On a discuté un peu sur le fait que ce n'était pas raisonnable de dépenser inutilement ce qui nous restait. On a choisi d'écouter le non bon sens et on a croqué la pâtisserie défendue. Après, nous aussi on a pleuré parce qu'on savait qu'il ne nous restait plus rien. Peut-être que c'est à cause de ça que je n'arrive pas à être juste assez

Faut-il vraiment avoir souffert pour comprendre la souffrance de l'autre? Je me pose la question. Les gens qui n'ont jamais manqué de rien seraient-ils donc incapables de constater la détresse des personnes démunies? Et les gens qui n'ont jamais vécu la guerre seraient-ils donc insensibles à l'horreur des bombes qui tuent? Est-ce que par peur de perdre ce que l'on a, il faut se blinder pour demeurer aveugle à la misère de ceux qui nous entourent? Je ne sais pas. J'essaie de comprendre ce qui pousse quelqu'un à en vouloir toujours plus, à ne jamais se satisfaire d'avoir juste ce qu'il faut.

Ce qui m'amène à une autre réflexion que j'entends de plus en plus souvent : on aide peut-être trop. Et, ce faisant, on ne rend pas service aux personnes aidées qui se fient ainsi aux miettes qu'on veut bien laisser tomber de nos tables pour ne rien faire pour s'en sortir. Oui, paraît qu'on peut aider trop. Est-ce qu'on peut aussi partager trop, être trop solidaire, se montrer trop compatissant et, tant qu'à faire, aimer trop?

Si vous voulez mon avis, on pourrait toutes et tous être un peu plus attentifs aux personnes qui nous entourent. On pourrait les considérer assez pour leur sourire, les aider au besoin, les écouter et se montrer solidaire. Enfin, on ne pourra jamais, jamais trop ouvrir notre coeur à nos soeurs et frères humains!



mercredi 13 août 2025

Avoir les yeux ouverts ou fermés

 


Ce n'est pas la première fois que je m'épanche sur l'état du monde et j'imagine que ce ne sera pas la dernière. Aujourd'hui, en parcourant le journal, je me suis surprise à tendre ma main vers celle d'un pauvre homme en train de mourir du choléra au Soudan. On entend pas beaucoup parler de ce coin du monde et pourtant... Là aussi c'est la guerre, la fuite en avant vers des camps de réfugiés, ce sont des enfants tués, des femmes violées, des vies méprisées et, en plus, une épidémie mortelle. Les mesures d'hygiène à prendre semblent pourtant simples : se laver les mains avec du savon et boire de l'eau propre avec précaution. Dans des abris de fortune où justement il n'y a ni savon, ni eau propre!! Des fois, j'en ai tellement assez de ces stupidités lancées à la va-comme-je-le-pense-sans-réflexion-aucune. C'est partout. 

Prenez notre voisin américain préféré par exemple. Lui aussi a trouvé un moyen simple de régler un problème compliqué : envoyer la Garde nationale détruire les camps des sans abris et mettre les criminels en prison pour rendre sa beauté virginale à la ville de Washington devenue, selon lui et ses élucubrations, la ville la plus dangereuse au monde! Rien de moins.

Je ne sais pas si vous avez écouté la conférence de presse où il a annoncé ces mesures draconiennes et totalement injustifiées. Il a parlé des personnes démunies de façon tellement méprisante que je n'arrivais pas à croire que l'on pouvait descendre aussi bas en occupant un poste aussi haut. Il affirmait littéralement que toutes ces personnes qui ont grandement besoin de notre solidarité et de notre empathie ne servent à rien et n'apporteront jamais rien à la société. Il les enjoignait de quitter la ville le plus rapidement possible (pour aller où je vous le demande) et il conseillait par ailleurs aux criminels de rester sur place pour qu'on puisse les arrêter et les emprisonner. Belle affaire!

Alors je pleure car je ne vois pas d'espoir. Et je prie mais de plus en plus souvent sans conviction aucune. Je me dis que Lui, là, s'il existe, il doit rire de moi. Mais je n'ai que ça ma foi pour me permettre de continuer. Je me demande souvent ce que je fais ici sur cette planète. Peut-être que je m'y trouve par erreur? Car à quoi peuvent bien me servir cette sensibilité à fleur de peau, ce désir irrépressible d'aider et de sauver le monde, cette indignation persistante devant l'injustice et l'incompréhension, ce regard aiguisé devant les beautés et les laideurs de notre société, cet état d'alerte constant devant la souffrance, la solitude et le manque d'amour? À part me tirer toutes les larmes de mon pauvre corps fatigué, vraiment je ne vois pas. On dirait que je ne joue pas dans le bon film. Je me retrouve en plein milieu d'un drame d'horreur alors que je devrais plutôt aider une quelconque mère Teresa dans une mission humanitaire. C'est pas drôle de toujours se sentir à côté de la plaque.

Devant mon désarroi matinal, l'Homme m'a dit avec sagesse : "On peut juste être le meilleur possible avec chaque personne rencontrée pendant une journée". C'est un peu court mais je dois admettre que c'est vrai. J'ai donc fait ce que je sais faire de mieux quand j'angoisse : j'ai cuisiné trois douzaines de muffins en me réjouissant à l'avance du plaisir que j'aurais à les partager. Mes voisines d'en haut, notamment, m'ont écrit un gentil mot pour me remercier. Ça m'a fait chaud au coeur. 

Je persiste et signe, cependant, et je m'entête à garder les yeux ouverts. Malgré la peine. Malgré le découragement. Malgré le désespoir. Je ne peux pas faire autrement. Pour moi, fermer les yeux, ce serait trahir mon essence propre et aussi trahir mes frères et soeurs humains. Je termine donc avec la photo déchirante de cette personne qui souffre et je serre virtuellement cette main tendue avec tout l'amour dont je suis capable. 



samedi 19 juillet 2025

Clins d'oeil

 


Je reviens des balançoires. J'emprunte le sentier qui longe la haie des graminées. Pour une fraction de seconde je baisse la tête et je le vois, caché en partie sous le pied d'une plante. Un genre d'escargot ou de limace. Qu'importe. Ce qui me stupéfait c'est sa beauté parfaite. Et ce don que j'ai d'être attentive à ce qui vit autour de moi. Cette petite découverte me réjouit car elle me permet une fois de plus d'être émerveillée par la magnificence de la nature. Bénie suis-je de voir!




"Ne laisse pas le bruit du monde étouffer la voie douce de l'Espérance" (pape Léon XIV)

Je suis inquiète car il ne va pas trop bien ces temps-ci. Alors j'appelle même si j'ai toujours l'impression que je dérange. Comme prévu, il me répond que tout va très bien et qu'il écoute le baseball. Durée de la conversation : 3 minutes et demie. Je raccroche. Je suis triste. Je veux croire que tout est correct et je sais que je dois respecter ce désir de garder tout un peu caché. N'empêche.

J'ai un autre appel à faire. À une personne du même âge mais qui celle-là n'a aucun lien de parenté avec moi. Au fil des mois qui passent, c'est devenue mon amie. Aujourd'hui elle m'a même dit qu'elle me considérait comme une soeur. Je l'adore. On se confie toutes sortes de choses sur nos vies. Pas toujours des choses importantes, mais des fois oui. Elle me parle de son sentiment d'inutilité, de sa solitude parfois, du temps qui n'en finit plus de passer. Elle me remercie toujours de mes appels presque quotidiens. Elle me dit qu'elle les apprécie beaucoup. Moi aussi j'adore lui parler. Je suis persuadée qu'elle me fait autant de bien que je peux lui en faire. Toutes les deux on s'encourage, on rit beaucoup aussi. Cet après-midi, quand j'ai raccroché, j'ai réussi à sourire en repensant à ma conversation précédente. Un sacré clin d'oeil ça pour me rappeler que ce n'est pas toujours auprès de notre famille immédiate qu'on trouve le réconfort. Bénie suis-je d'être capable de développer des liens significatifs avec le monde qui m'entoure!


"Que je ne cherche pas tant à être aimé qu'à aimer." 
"C'est en donnant que l'on reçoit" 
(François d'Assise)

J'ai mal au cou. Je me plains souvent de ça et des autres douleurs musculaires que je ressens. Aujourd'hui c'était une autre de ces journées avec le cou raide, la tête pesante, le genou sensible et le pied mariton. Mais bon ça ne m'a pas empêché de cuisiner quatre douzaines de muffins et d'aller marcher pour changer d'air. De retour à la maison, je commence à emballer tous ces muffins et je me demande bien à qui je vais pouvoir donner une partie de ma production. J'ai déjà des clients réguliers mais ça ne suffira pas. Et là je pense à mes voisines qui éprouvent de gros problèmes de santé. Elles sont tellement fantastiques toutes les deux à s'entraider. De véritables exemples de courage et de résilience. Vite mon cell et j'envoie un texto pour m'enquérir de leur intérêt. Je suis aux anges : elles acceptent mon offre. Je vais livrer tout de go.

Elles m'invitent à entrer pour jaser un peu. Elles me racontent certaines de leurs péripéties en fauteuil roulant que ce soit pour se rendre au travail ou encore aller visiter un haut lieu touristique censé être accessible. C'est époustouflant les temps d'attente, les coûts, les difficultés rencontrées. Et que dire des douleurs qu'elles endurent toutes les deux au quotidien. Voilà que j'ai soudainement moins mal au cou. J'ai juste envie de les prendre dans mes bras. Je prends le temps de leur dire que je les trouve extraordinaires et que je vais les approvisionner en muffins tant qu'elles le voudront bien.

Je retourne à la maison le sourire aux lèvres, les yeux encore mouillés et miraculeusement guérie. Bénie suis-je de t'avoir Toi, là-haut, pour me faire ces clins d'oeil remplis d'amour!

dimanche 6 juillet 2025

Foi estivale

 


Église Saint-Dominique. Grande Allée. Québec. La messe commence bientôt. En attendant, on écoute l'artiste du jour, un violoniste, jouer une oeuvre de Bach. Tous les étés, depuis maintenant 34 ans, la grand'messe du dimanche à 10 h 30 permet aux fidèles de se recueillir accompagnés des notes des musiciens invités. Un très beau complément à l'acte de prier.

Assise sur mon banc en bois, je respire avec ravissement l'odeur des cierges et des restes d'encens. J'admire encore une fois le décor fabuleux de ce bâtiment avec les arches, les vitraux et les statues. Je respire profondément. Je savoure avec toute la conscience dont je peux faire preuve ce moment de recueillement, cette pause bienfaitrice de l'agitation quotidienne. Et là, les larmes montent. Le relâchement des tensions sans aucun doute. Le soulagement de me retrouver dans un refuge encore immuable. 

Les souvenirs aussi montent, surtout qu'il y a beaucoup d'enfants aujourd'hui venus suivre un cours de catéchèse pendant la messe. Je me revois avec le Fils et la Fille à l'église Saint-Jean-Marie-Vianney au bout de la rue où nous habitions à Gatineau. C'était bien avant que l'archevêché la vende pour la transformer en logements. Faut c'qui faut quand nos églises sont désertées. Et je m'inclus dans cet exode massif.

Mais, avant, quand je trouvais que la vie était plus facile, nous allions à la messe tous les dimanches même avec les enfants. Quand ils étaient très jeunes, on s'installait en arrière pour ne pas trop déranger. Puis, avec le passage des années, on s'approchait de plus en plus de l'action. Je me souviens encore avec nostalgie du Fils qui prenait toujours le temps de lire avec moi les réflexions données à la fin du Prions en Église pour mieux vivre notre semaine. Encore maintenant, je cherche cette section pour la parcourir en pensant à toi mon Fils. 

La journée où maman est décédée, la soeur Psy et moi avons quitté l'hôpital en état de choc. C'était les premières minutes de notre nouvelle vie sans notre mère adorée. On ne savait plus trop quoi faire, quoi dire, où diriger nos pas. Je me souviens que la soeur Psy s'est alors tournée vers moi pour me demander: "Où aimerais-tu aller?" Sur le coup, la seule chose qui m'est venue en tête c'est de vouloir me retrouver dans une église. C'est ce que nous avons fait. À Saint-Roch. Mon chagrin n'était pas moins grand mais il était maintenant contenu dans plus grand que moi. Les larmes pouvaient couler sans gêne. De toute façon, me disais-je, combien de personnes sont venues ici avant moi et combien d'autres viendront encore après moi verser toutes les larmes de leur corps pour tenter de soulager une peine incommensurable? Je me sentais entourée, accueillie, comprise par toutes ces statues qui me tendaient les bras en m'offrant leurs visages remplis d'amour. Il a bien fallu sortir à un moment pour poursuivre notre route mais nous avions maintenant un peu de baume sur nos coeurs meurtris.

J'ai arrêté de pratiquer sans trop savoir pourquoi. Ah! oui, l'église vendue. Il fallait dorénavant se rendre un peu plus loin de chez nous dans une autre église. La paroisse a aussi changé de nom. Et il fallait s'habituer à voir des personnes qui ne demeuraient pas dans les rues avoisinantes de notre maison. Il fallait aussi absolument prendre la voiture pour aller à la messe. Moi j'adorais marcher. Mais, bon, ce sont de pauvres excuses. J'ai donc arrêté de pratiquer. Pas tout d'un coup. Progressivement. Et puis, un jour, plus rien sauf à Noël. Des fois aussi pour des mariages ou des funérailles.

Je ne pratique plus mais je n'ai jamais arrêté de prier par contre. Je dirais même que je prie davantage avec les années. Tous les jours en fait. Je nourris ma foi autrement. Ainsi, j'ai écouté très longtemps l'émission La Victoire de l'Amour à la télé. Tous les matins à 5h30 avant d'aller travailler. Je trouvais que ça débutait bien mes journées. J'ai recommencé dernièrement à l'écouter mais je l'enregistre car je ne suis guère matinale depuis la retraite. Je lis aussi des textes sur la spiritualité pour me faire réfléchir et travailler à être la meilleure version de moi-même. 

Cependant, tout cela ne me donne pas l'appartenance à une communauté. Ni le privilège de m'arrêter une heure pour penser à celles et ceux que j'aime et dont je me préoccupe, à prier avec toute la ferveur dont je suis capable pour mes soeurs et frères qui souffrent partout dans le monde et à demander au Seigneur de changer nos coeurs de pierre en coeur de chair. 

Infiniment reconnaissante donc je suis pour ma foi estivale qui me permet de renouer avec mes racines les plus profondes et les plus solides.


Te ressembler chaque jour un peu plus

Te continuer dans nos maisons, nos rues

Être ton corps qui revit aujourd'hui

A chaque endroit où servent tes amis

- - - - - -

Devenir grand en se faisant petit

En s'abaissant pour mieux donner sa vie

En se penchant sur un malade ami

Sur un enfant qui pleure dans la nuit

vendredi 4 juillet 2025

À quoi ça sert?

 


C'est la valse-hésitation. Je vais marcher. Ou je vais écrire. Marcher m'aiderait sans aucun doute à évacuer un peu de mes préoccupations et encouragerait ainsi l'esprit sain dans un corps sain. Hélas, trop de mots se bousculent dans ma tête. Je dois absolument faire le ménage dans mes idées avant de pouvoir profiter pleinement de mes trottoirs chéris.

À quoi ça sert? Depuis deux jours que ces quatre mots trottent dans ma tête. Je suis encore et toujours survoltée par l'état du monde qui ne cesse de se détériorer. Une montée de lait récente m'ayant attiré comme solutions le calme qu'on doit afficher devant la tempête et l'impérieuse nécessité de résister à tout prix à l'idée de jouer au sauveur qui arrive trop tard a fait en sorte que je bouillonne toujours. Et je ne cesse de me demander mais à quoi ça sert que je m'insurge?

Pourquoi est-ce que je m'énerve autant devant les drames qui se jouent constamment devant mes yeux? D'autres personnes voient les mêmes choses et ne semblent pas s'indigner pour autant. 

Si ton frigo est plein, pourquoi te préoccuper des files de personnes qui attendent de recevoir les restes donnés généreusement par nos épiciers trop contents de se débarrasser des céréales, des biscuits et des croustilles dont personne ne veut, de ces conserves à la date d'expiration passée depuis belle lurette ou de ces fruits et légumes tellement défraîchis que j'ai entendu l'autre jour une bénévole dire à une bénéficiaire : "Je dois vous donner au moins trois casseaux de framboises si vous voulez en avoir au moins deux ou trois qui seront bonnes à manger." Je ne la blâme nullement. Elle avait raison. Mais bon, si ton frigo est plein et que tu peux acheter ce que tu aimes, pourquoi t'en faire avec ce genre de détails? Pire, je t'entends déclarer : "Au moins, on leur donne quelque chose à manger et, en plus, c'est gratuit!" Bravo la solidarité!

Si tu dors au chaud dans ton logement ou ta maison, pourquoi tu t'inquiéterais des familles qui n'ont pas trouvé de loyers abordables? Pourquoi ça te dérangerait que des personnes couchent à la belle étoile sur les bancs de parc, sous les viaducs, dans le métro, dans l'entrée des immeubles? J'entends ta seule réaction : "Faut les déplacer, c'est pas des endroits où dormir, ils doivent aller ailleurs, ce n'est pas sécuritaire et ils sont sales." Fort bien. Mais où doivent-ils se rendre? On promet des logements abordables qu'on attend toujours, on manque de ressources pour accueillir les gens démunis, pire, on coupe le financement des organismes censés les aider. Bravo l'empathie!

Si tu vis dans un pays en paix, si tu n'as pas besoin de fuir ton milieu de vie pour sauver ta peau, si tu es un citoyen à part entière avec les papiers officiels qu'il faut pour éviter d'être emprisonné, déporté ou tué, pourquoi tu ne pourrais pas continuer à siffloter tous les matins? Après tout, la vie est belle. Ouais, la tienne mais pas celle des millions de personnes qui meurent de faim, de soif, qui reçoivent quotidiennement des bombes sur la tête, qui pleurent leurs morts, qui n'ont plus l'espoir de s'en sortir un jour. Bravo le partage!

Bon, je n'écris pas pour que tu te sentes coupable. En fait, je suis plutôt jalouse. J'aimerais tellement ça lâcher prise, simplement apprécier ce que j'ai et poursuivre ma route comme si de rien n'était. De toute façon, la tâche est titanesque. Je ne peux à moi seule changer les mentalités, nourrir toutes celles et tous ceux qui ont faim (ça fait beaucoup de muffins à cuisiner!) et héberger les sans-abris. C'est d'un mouvement mondial dont nous avons besoin. Une révolte de citoyens engagés désireux de se libérer une fois pour toutes de ce système de consommation machiavélique qui enrichit les riches, appauvrit les pauvres et nous entretient dans une dépendance malsaine en nous privant de notre autonomie. Je t'entends encore : "C'est comme ça que ça fonctionne. On n'a pas le choix. C'est difficile de faire bouger les choses. Ça pourrait demander du courage, de la conviction, une force inébranlable." Oui, tu as tout compris. 

À quoi ça sert de s'indigner? À se sentir encore humain. 

dimanche 8 juin 2025

Chercher et trouver le beau


 

Je suis en train de fleurir la terrasse pour l'été. J'essaie de composer mon décor de paradis. Mon espace de ressourcement, de recueillement, d'émerveillement. Je remplis mes pots avec les plantes que j'ai choisies très minutieusement à la pépinière, très longuement surtout. Tout cela accompagnée de l'Homme qui se promène dans les rangées avec le panier. Il n'a pas le pouce vert, ni un intérêt particulier pour tout ce qui tourne autour de la chose horticole. Mais il vient avec moi et jamais il n'émet le moindre signe d'impatience. Il me rappelle seulement de temps à autre les dimensions de l'espace dont je dispose maintenant pour exercer ma passion. Faut dire que je m'emporte facilement dès que je mets les pieds dans l'endroit magique. Quand je vois toutes ces plantes différentes, toutes aussi belles les unes que les autres, je capote. Plus le choix est grand, plus mon enthousiasme augmente. Je ne me possède plus. Je redeviens une enfant qui ne veut qu'une chose : créer son décor de rêve. 

Avec force patience, avec moult essais et erreurs, je suis arrivée à comprendre mieux l'esprit du jardinage. Cela vient avec un grand respect de la nature, de ses limites, de ses particularités et de ses caprices. Maintenant, je tiens un journal de bord où je colle toutes les étiquettes des plantes que j'achète chaque année. J'indique dans quel pot je les ai plantées. J'ajoute des détails sur leur développement ou leur difficulté à s'implanter dans le milieu que j'ai choisi pour elles. Quand cela ne fonctionne pas bien, ce n'est pas leur faute mais la mienne. Pas assez ou trop de lumière, pas assez ou trop d'eau, pas assez ou trop d'engrais, pas assez ou trop d'attentions. Jamais je n'abandonne de réchapper la plante qui s'étiole, qui me crie son désespoir d'être au mauvais endroit. Je persiste jusqu'à la fin car je veux y croire.

J'ai presque terminé de tout transplanter. Comme d'habitude, j'ai trop acheté et les pots qui me restent sont un peu petits. Mais, bon, je m'entête. Ça va aller. Je lève mon regard pour contempler mon oeuvre et je la vois. Petite fleur bleue perdue dans la pelouse. Une merveille là, sous mes yeux. "Mais qu'est-ce que tu fais là?" que je lui demande. "Tu es une pensée, si je ne m'abuse. Est-ce que tu serais le bébé d'une plante que j'ai eue sur ma terrasse l'été dernier?" Si j'avais à parier, je dirais que oui. Ne faisant alors ni une ni deux, je m'empare de ma truelle et je tente tant bien que mal d'extirper ma découverte de son écrin vert. Pas facile de démêler les racines de la plante et celles du gazon. J'y arrive et je trouve un pot pour ma protégée. Et là, j'y vois tout de suite un clin d'oeil de ma belle Mignonne morte en mai dernier. Elle adorait se vautrer dans l'herbe autour de la terrasse. Je ferai tout mon possible pour te sauver mais, même si je n'y arrive pas, je dis d'avance merci à ma belle Mignonne d'être ainsi venue me saluer.


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Quelle belle journée pour marcher! Petite brise, beau soleil. Je suis sur mon parcours habituel. J'ai emprunté la rue qui monte et je suis passée devant la maison du Monsieur-aux-drapeaux. Aujourd'hui c'est le fleurdelisé qui flotte fièrement au vent. Il change de pavillon selon les fêtes officielles des pays. C'est lui qui me l'a dit. J'ai oublié le nombre de drapeaux qu'il possède mais il en a beaucoup. J'aime quand le hasard de mes ballades m'amènent aussi à faire jasette avec ceux et celles que je croise. Je sais, c'est surprenant mon intérêt pour les gens!

Bon, je poursuis mon chemin. Je me rends compte que la fontaine de la belle maison du coin est maintenant en fonction. L'eau qui chante a retenu mon attention. Je tourne à droite et je me retrouve devant la maison du Monsieur-qui-fait-des-tables-avec-des-troncs-d'arbre-découpés. Je le sais car j'en ai acheté une lors d'une autre de mes marches. Son oeuvre trône dorénavant dans mon salon. Je constate qu'il y a un amoncellement de bois dans son entrée. Il va sans doute récidiver bientôt.

Me voilà sur la rue plus achalandée que j'arpente avant de tourner à gauche pour me diriger vers la piste cyclable que j'emprunte mais plus loin. Je préfère déambuler d'abord sur la longue rue qui la jouxte et admirer les aménagements paysagers. Nostalgie toujours de la maison et du plaisir immense de voir arriver la saison du jardinage. Je me ressaisis. J'ai une terrasse, c'est mieux que rien.

Et là, le long d'une clôture, je les vois. Des iris versicolores comme ceux qui bordaient l'étang dans ma cour. Avalanche de souvenirs. J'adore ces fleurs qui s'épanouissaient toujours aux environs de l'anniversaire du Fils. Mon coeur se remplit d'un mélange de joies et de peines. Habituellement, les iris en fleur cela voulait dire visite du Fils pour une longue fin de semaine de retrouvailles et de célébrations. C'est terminé tout ça. Il a fallu passer à autre chose. Ouais, cette chose qui s'appelle la solitude des vieux. L'Homme et moi apprenons péniblement mais de plus en plus sereinement à vivre les longs congés sans notre progéniture. De toute façon, la Fille a dit qu'elle coupait toute communication pour une période indéterminée. Je me rappelle que Woody Allen a déjà dit que l'éternité, c'est long, surtout vers la fin. Ben, une période indéterminée, c'est un peu l'éternité.

Je poursuis ma route. Ai-je le choix? Le temps file, qu'on décide de le vivre ou pas. Aussi bien profiter des beaux moments qui passent.  Avoir la possibilité de toujours pouvoir avancer sur mes trottoirs chéris me remplit d'une immense gratitude. Cela aide à guérir.





mercredi 28 mai 2025

Restes doux-amers


Je marche avec mes yeux qui voient

Des oeuvres d'art en bois

Elles se sont autocréées

Avec la seule matière à leur disposition

Des restes des saisons passées, que dis-je, des longues années écoulées

Depuis l'abandon de la propriété

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C'est beau et c'est triste à la fois

En tout cas, ça me permet de méditer

Sur ce qui reste malgré tout

Mais qui s'efface lentement, vraiment lentement

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J'avance toujours avec ma mélancolie dans le coeur
Cette maudite sensation de tristesse impossible à déloger
Elle s'accroche à moi telle une sangsue, m'empêche des fois de respirer
Elle a tout gobé mon amour
Tout avalé ce que j'avais à donner
Il ne me reste rien de mes belles illusions
J'ai l'impression d'avoir raté l'essentiel
Je continue à marcher en m'accrochant aux restes qui croisent mes pas

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Une courbe au travers d'une prairie dévastée
Une façon de traverser plus vite de l'autre côté
Pour éviter les écueils peut-être, les malentendus, les incompréhensions
Surtout la peine
Je n'ai plus de larmes, je suis aussi sèche que ces pauvres morceaux de bois
Délaissée comme eux par des bouleversements de toutes sortes
Qui aurait dit que ce qui était sans doute une sorte de jardin d'Eden
Serait ainsi bafoué et voué aux affres de la dévastation
Oui, qui aurait dit que le château de cartes s'écroulerait
Qu'une maternité ardemment souhaitée, maintes fois refusée, puis finalement accordée
Deviendrait mon plus grand péché
J'ai juste voulu aimer
Comme quoi animée des meilleures intentions on peut quand même fauter
Vite une courbe pour passer de l'autre côté du malheur

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J'en reviens juste pas
La vie, c'est vraiment fort
Tu vois pas qu'y a pu rien autour de toi
Que des ruines, que du vide
Plus personne ne s'occupe de toi
Plus personne ne vient t'arroser, te bêcher, t'engraisser, t'admirer
Et pourtant tu t'entêtes, accroché à ton mur de briques, ton nouveau tuteur protecteur
Cette année encore tu as réussi à fleurir malgré tout
À charmer les fins observateurs de ta mauve beauté
Attirant d'abord leur attention par tes effluves marqués
À cause de toi, je pleure les printemps passés
Le souvenir du lilas de la maison familiale revient me hanter
Tu es sans doute pour certains un reste pathétique d'une grandeur passée
Une mauvaise herbe qu'il faudra arracher
Quand ce jour viendra je pleurerai une nouvelle fois
Même si je sais que la vie est plus forte que la mort
 Je sais aussi les montagnes à déplacer avant de la voir triompher

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Merci Jean-Christophe Réhel pour l'inspiration

dimanche 20 avril 2025

À l'impossible, je ne suis tenue



Pour la troisième fois, je reprends le clavier pour tenter de terminer ce blog. C'est ce qui arrive quand je ne vais pas tout de go droit au but. Je perds le fil de l'urgence qui m'a poussée à vouloir mettre par écrit mon état d'âme. 

C'est donc la fin de semaine de Pâques, une autre fête qui ne signifie plus grand-chose pour bien des gens sauf pour les nostalgiques de ma trempe qui se remémorent les veillées pascales et autres cérémonies religieuses l'entourant. En fait, je me souviens surtout que Pâques, pour moi, c'était le premier long congé après Noël et que cela voulait dire l'occasion pour l'Homme et moi d'entreprendre un périple au Saguenay afin de rendre visite à mes parents après un trop long hiver. 

Trêve de réminiscences. Là nous sommes samedi. Je cuisine une quatrième douzaine de muffins en essuyant mes larmes. Mais pourquoi diable est-ce que je me fais de la peine ainsi? Je sais pourtant qu'ils ne viendront pas.

C'est vrai. Mais chaque fois qu'un long congé se présente, je ne peux m'empêcher de songer aux rassemblements que nous avions avant la Grande Séparation. J'espère encore et toujours un appel, une visite surprise même si je n'ai jamais vécu ça des visites surprises. Et pour cause. On me reproche plutôt d'avoir exercé des pressions indues dès que je voyais venir un moment fort de l'année que ce soit Noël, Pâques, la fête des mères ou la fête des pères, la Fête du travail, et tout le reste. Je ne peux nier que je demandais systématiquement au Fils et à la Fille s'il y avait une petite place pour l'Homme et moi dans leurs agendas occupés. Que voulez-vous, je ne me suis jamais habituée à leur départ du nid mais surtout au fait qu'ils habitaient loin de la maison. Impossible donc de faire une saucette à l'improviste. Fallait boucler une valise.

À ma décharge, je suis obligée d'avouer que j'ai été très mal élevée. La preuve? Une carte de ma maman retrouvée par hasard cette semaine (mais est-ce vraiment un hasard?) où elle me confiait ceci : "Aujourd'hui la maison est grande mais il faut être raisonnable. Vous n'êtes pas sitôt partis que j'ai hâte à la prochaine fois." C'est drôle mais ça m'a fait tellement chaud au coeur quand même de comprendre d'où je venais et de réaliser que l'éloignement géographique dérangeait aussi ma mère. Moi je n'ai jamais senti que maman exerçait une pression en me faisant part de son ennui. J'y voyais plutôt une grande marque d'amour. 

Des fois, pour tenter d'atténuer ma peine devant l'absence dorénavant systématique des enfants, je me dis que j'ai tout rêver. Est-ce que toutes ces années passées à aimer nos enfants à la folie (trop, j'imagine), à les accompagner dans leur développement vers la vie adulte ont vraiment existé? Quand je regarde de vieilles photos maintenant je me surprends à me demander si le Fils était vraiment content de recevoir un xième jeu de Lego ce Noël-là? Et la Fille penchée au-dessus de la table pour souffler les bougies de son gâteau d'anniversaire en forme de tête de chien (un vrai défi à réaliser), est-ce qu'elle était vraiment heureuse de constater que j'avais réussi à répondre à sa demande? Une fois qu'ils ont été partis, peut-être que j'étais tellement aspirée par mon bonheur de nous retrouver en famille pour quelques jours à partager de bonnes bouffes, à rire et à nous raconter que je ne me rendais pas compte du drame latent qui se préparait. Et je n'ai effectivement rien vu venir. 

Va falloir que je m'habitue. Pas le choix. Ça fait un Noël et deux Pâques que l'Homme et moi rongeons notre frein. Et les autres fêtes et les anniversaires, faut oublier ça. Il est temps d'apprendre à nous organiser sans compter sur notre progéniture, de penser à faire des activités tous les deux ou avec les membres de la famille et les amis qui sont autour de nous et qui, eux, ont envie de se retrouver en notre compagnie.

Chaque grande fête me permet de pratiquer cette nouvelle réalité. Je dois dire que, tout doucement, je m'y fais même si ça ne m'a pas empêchée de remplir le frigo et de cuisiner comme si j'étais pour recevoir une armée. C'est fou. Je vais être obligée de partir un service de traiteur!! Qu'est-ce que je ne ferais pas pour remplir mon vide?

En fait, il ne faut pas que je pense du tout au passé. Le moindrement que surgissent en moi des images du temps où j'étais un parent à part entière, je capote. Par exemple, en brassant mes fameux muffins cet après-midi, je me suis soudainement rappelée les chemins qu'on faisait avec de petits oeufs en chocolat dans le corridor qui menait aux chambres des enfants, parcours qu'ils devaient suivre pour découvrir les surprises laissées par le lapin de Pâques. Nos chats adoraient cette idée et n'hésitaient pas à chambarder tous nos beaux efforts. Pas grave. Ça faisait partie de nos traditions. 

Ce soir, nous avons assisté au spectacle de Pierre Lapointe au Grand Théâtre. Comme à son habitude, il était magnifique. Mais voilà qu'au moment où il a commencé à interpréter une chanson de son premier album, j'ai senti une vague d'émotion monter en moi. C'est la Fille qui m'a fait découvrir Pierre Lapointe à ses débuts et c'est avec la Fille que je l'ai vu pour la première fois en spectacle. Je me revois encore à la Maison de la culture de Gatineau juste avant que le rideau ne se lève. J'étais fébrile comme une ado et la Fille partageait mon excitation. Je peux vous dire que c'est extrêmement difficile de retenir ses larmes dans une salle de spectacle surtout quand l'émotion qui surgit est aussi forte. J'ai finalement réussi à renvoyer loin dans mon disque dur ce merveilleux souvenir d'un moment magique partagé avec la Fille.

Comme à l'impossible je ne suis tenue, je ne peux pas garantir que j'arriverai à lundi sans me souiller encore les joues comme dirait Pierre. Je vous laisse d'ailleurs avec ses mots. Merci la Fille pour cette découverte qui m'accompagne encore et toujours.

Arrête de sourire
On a tous des secrets cachés en nous 
Des rêves inassouvis qui nous rendent fous
Des regrets qui reviennent nous salir les joues

T'as pas choisi ta mère 
T'as pas choisi ton père
T'as même pas pu choisir la gueule qu'on t'a donnée
T'as pas choisi ton nom 
Et même si tu tournes en rond
Tu continues de t'amuser

Tu dis que tu aimes la vie
Tu lui dis même merci
Quand elle t'envoie ses merdes 
Tu dis que c'est pour le mieux
Tu crois qu'on est ici
Sur cette belle terre jolie
Parce qu'on s'doit d'apprendre à être heureux
À être heureux


(L'Homme et moi au Grand Théâtre hier soir)





jeudi 17 avril 2025

Ces mots censés guérir des maux (suite et j'espère fin)

 


Om... je suis au yoga ce matin. Entourée, une fois de plus, de personnes magnifiques, authentiques, bienveillantes, je respire tellement bien. Quel privilège quand même de pouvoir me retrouver deux fois par semaine dans un cocon où je n'ai pas à m'inquiéter de pleurer, de rire ou de parler! Tout en pratiquant notre méditation et en faisant nos exercices, on en vient à certains moments à échanger, à partager et à mieux se connaître. Je ne sais pas pourquoi je m'étonne toujours autant de découvrir un aussi grand nombre de belles personnes au mètre carré. C'est sans doute parce que c'est une denrée rare, du moins dans mon entourage immédiat. 

Aujourd'hui, comme cela nous arrive souvent, on a pigé des cartes, cette fois dans la boîte des fées! Au moment du partage de ce que chacune avait eu comme "message", l'une de nous lit sa carte qui parlait du bonheur et de la plénitude. De façon tout à fait spontanée, elle nous lance que c'est bien beau ça le bonheur et qu'elle essaie d'être dans cet état autant que faire se peut mais que ce n'est pas évident de rester dans la béatitude quand on s'arrête à l'état du monde et aux injustices qui caractérisent notre société. Je suis particulièrement touchée par ce cri du coeur car je comprends totalement son sentiment de frustration devant notre incapacité de soulager les horribles souffrances qu'on n'hésite pas à étaler sur tous les médias confondus.

"Faut juste arrêter d'écouter les nouvelles, c'est trop déprimant." En voilà une autre de ces phrases qui m'horripilent. Je sais que si je regarde en continu les images des bombardements à Gaza ou des attaques en Ukraine, les reportages sur la hausse de l'itinérance, sur l'arrivée de migrants désespérés à nos frontières, sur la crise dans les domaines de la santé et de l'éducation, je vais péter les plombs. Mais entre faire l'autruche et prétendre que tout va bien Madame la Marquise parce qu'on laisse notre attention se concentrer uniquement sur notre petit moi et garder l'oeil mais surtout le coeur ouverts sur la réalité réelle des femmes et des hommes de la Terre, je préfère, et de loin, la seconde option. Ce n'est pas parce qu'on fait semblant que quelque chose n'existe pas qu'elle n'est pas là devant notre face. C'est bien beau ignorer la misère des autres mais, un jour, ce sera peut-être notre misère à nous. Qui sait si nous ne serons pas touchés de façon plus importante par les changements climatiques? Nous ne serons pas toujours à l'abri des catastrophes naturelles. Idem pour la guerre. Nous avons la chance de vivre dans un pays en paix. Raison de plus pour faire pression sur nos politiciens pour aider les pays qui n'ont pas cette chance à retrouver une vie normale. C'est un devoir moral.

"Oui mais qu'est-ce qu'on peut faire? On n'est pas des soldats, On n'est pas des politiciens." C'est vrai mais on est des citoyens. On doit rester informé pour ne pas se faire berner par les "fausses nouvelles". Et, à notre échelle, on doit demeurer attentif aux gens autour de nous pour offrir notre aide au besoin. Inutile de faire compliquer pour accomplir des actes de bienveillance. L'autre jour, j'ai demandé à mon voisin s'il voulait que je l'aide à fermer son manteau. Il a un bras plus court que l'autre et il y arrivait difficilement tout seul. Une fois bien zippé, il m'a dit merci et fait un beau sourire en sortant au grand vent de ce début de printemps. Hier, j'ai appelé un ami qui habite maintenant en résidence pour l'inviter à déjeuner au resto samedi. Il a accepté d'emblée me confiant que cela allait changer le mal de place et que c'était une belle journée tout d'un coup parce qu'il avait reçu cette invitation. Vous croyez que je cherche ici à me montrer plus fine que les autres? Absolument pas. Plus humaine, ça oui, peut-être. 

Je termine avec une autre de ces belles affirmations que l'on se plaît à lancer à quelqu'un qui vit une épreuve et qui ose en plus trouver difficile de l'accepter. "C'est ton lot. C'est ta mission." ou dans le mode judéo-chrétien qui est encore parfois le nôtre : "Dieu nous envoie uniquement des épreuves que nous pouvons surmonter." Ah ouais!! Puisque j'ai la foi, je veux bien y croire. Mais maudit que je ne me sens pas toujours armée des outils appropriés pour y faire face à ces défis. J'ai la peur au ventre. J'ai le coeur en charpie. Je me sens désespérée. Où es-tu Dieu? Quand est-ce que je vais voir le miracle tant attendu? Dans une magnifique prière que je récite quotidiennement, on dit ceci :

Pourquoi est-ce que tu paniques et t'agites face aux problèmes de la vie?

Lorsque tu as fait tout ton possible pour essayer de les résoudre, laisse-moi le reste.

Si tu t'abandonnes à moi, tout s'arrangera avec tranquillité selon mes desseins.

Donne-moi toutes tes angoisses et dors tranquillement.

Et tu verras de grands miracles.

FAIS-MOI CONFIANCE

mercredi 16 avril 2025

Ces mots censés guérir des maux


 À la méditation aujourd'hui, notre déesse en chef, pour nous préparer à prendre conscience de notre respiration en début de pratique afin de rentrer à la maison comme elle dit, nous lance cette phrase : "Rappelons-nous que tout passe". Et elle poursuit tout de go sa réflexion, autant pour nous que pour elle-même : "Je me rends compte tout à coup que ces formules surutilisées pour nous encourager dans les moments difficiles peuvent ne pas être accueillies dans l'allégresse quand on les entend puisqu'elles ne sont pas toujours évidentes à intégrer."

Curieusement, j'avais déjà réfléchi à cette question lorsque j'ai fait une dépression il y a de cela plusieurs années. La phrase que j'entendais le plus souvent à ce moment-là dès que j'osais partager un tant soit peu la façon dont je me sentais et l'impuissance dans laquelle je me trouvais arrivait très rapidement : "Donne-toi donc un bon coup de pied au derrière et avance". Cela avait le don de m'irriter au plus haut point. J'avais même écrit un texte où je n'hésitais pas à affirmer que c'est quand même difficile de se donner un coup de pied au derrière quand on est déjà par terre. 

En fait, ces formules toutes faites ne sont pas inutiles. La majorité d'entre elles ont prouvé leur véracité. Le hic, c'est qu'on n'est pas toujours prêt à les recevoir au moment où elles nous sont garrochées dans la face. Et pour cause. Vivre une épreuve, quelle qu'elle soit, n'est pas une mince affaire. Il faut parfois accepter de remettre en question beaucoup de choses et, la plupart du temps, se regarder franchement dans le miroir. L'image qui nous est alors renvoyée correspond rarement à l'idée que l'on se fait de soi. Car, oui, on a toutes et tous notre part d'ombre. Et quand on commence vraiment un travail d'introspection et qu'on se bat vaillamment avec nos démons intérieurs, on a juste pas besoin de se faire pousser dans le cul! On fait du mieux qu'on peut et on avance à un rythme plus ou moins rapide pour assimiler les contrariétés, les peines, les souffrances que la vie nous envoie souvent à la pochetée.

"Tu dois apprendre à lâcher prise" est sans doute la deuxième phrase qui m'a été servie le plus souvent. Et je suis la première à reconnaître qu'il est impératif de laisser aller mais, mais, je n'y arrive pas encore. Croyez-moi, j'essaie fort. Abandonner mes attentes, renoncer à des rencontres qui me remplissaient le coeur, me rendre compte que moi aussi je peux éloigner des gens que j'aime profondément sans pouvoir rien faire pour ramener l'harmonie entre nous, prendre conscience de ma totale impuissance à régler un conflit, accepter que je n'ai pas les moyens, les connaissances, les qualités pour faire face à la situation, avouez que cela représente un immense deuil à faire. En même temps, si je ne lâche pas prise, je vais crever. Alors, comme on dit, je travaille là-dessus.

Souvent, en méditation, on parle d'envoyer de l'amour aux personnes et aux situations qui nous font mal. En voilà une autre recette au goût très amer. C'est sûr que c'est la première chose à laquelle on pense quand quelqu'un nous a blessé. Je l'inonde d'amour, je le mets dans la lumière. Ça semble presque ridicule et pourtant... C'est une phrase qui marche pour moi. Pourquoi? Parce que c'est la seule chose qui me reste. On ne veut pas me parler. On ne veut pas me voir. On ne veut rien régler. Fort bien, vous ne pouvez pas m'empêcher de vous aimer ni de vous souhaiter le meilleur. Comme je le disais dans mon dernier blog, c'est un véritable défi d'oublier sa souffrance pour se mettre à la place de l'autre et penser que lui aussi doit souffrir. Encore une fois, poussez-moi pas dans le cul, je prie régulièrement pour arriver à cet état de grâce.

Puisqu'il faut boucler la boucle et conclure, je reviens à "Rappelons-nous que tout passe". C'est à la méditation que j'ai entendu cette phrase pour la première fois. Merci K, chère déesse en chef, pour cette formule que tu n'hésites pas à répéter et qui fait de plus en plus sens pour moi. Cela m'apaise de me faire rappeler que la vie n'est qu'un passage. Qu'il n'y a rien d'éternel ici-bas. Que les plus beaux moments de bonheur, comme les peines les plus souffrantes ont une fin. Comme nous. Vivons pleinement tout en y mettant beaucoup, mais vraiment beaucoup d'amour. C'est la grâce que je nous souhaite de tout mon coeur.



mercredi 2 avril 2025

Crise de foi

 


La méditation, la méditation, c'est pas une raison pour penser! Mais c'est une maudite bonne raison pour s'introspecter par exemple. Alors, ce matin, entre des voix aériennes de fées et les bruits d'une rivière dans laquelle nous étions appelés à jeter tout ce dont nous n'avions plus besoin, Cyril s'est invité avec une de mes fameuses pensées récurrentes.

C'est que, voyez-vous, j'ai retrouvé dernièrement une prière que je récitais tous les soirs lorsque j'étais à l'université. Oui, ma foi m'accompagnait dans ma vie d'étudiante terrifiée de se retrouver dans un milieu inconnu. Perdue dans une ville que je ne connaissais pas, entourée de gens qui m'étaient tous étrangers et appelée à me débrouiller toute seule pour la première fois depuis mon arrivée sur Terre, je capotais. Heureusement que j'avais la foi. Celle-ci m'a toujours aidée dans les bons et moins bons moments. Quand je me rendais au pavillon Lemieux de l'université Laval pour la messe du dimanche, je retrouvais des gestes familiers, des paroles rassurantes et des personnes qui partageaient mes valeurs. Cela apportait un baume au coeur de l'anxieuse finie que j'ai toujours été. 

Bref, un 4 novembre 1974 (c'était ma première session d'études), je rapporte à ma chambre de traductrice en devenir cette prière de François d'Assise dans laquelle il demande au Seigneur de faire de lui un instrument de paix. Comment s'opposer à un but aussi noble me disais-je déjà à l'époque? 

Remplacer la haine par l'amour, l'offense par le pardon, la discorde par l'union, l'erreur par la vérité, le doute par la foi, le désespoir par l'espérance, les ténèbres par la lumière et la tristesse par la joie.

Voilà pour la première partie de ce beau texte. Avouez que c'est toujours d'actualité. Je me souviens que c'était surtout la mention du désespoir et de la tristesse qui venait me chercher. Car, oui, j'étais désespérée et triste. Je m'ennuyais tellement de ma famille laissée au Saguenay. Entre les quatre murs de ma chambrette, il n'y avait rien à faire que d'étudier. Je n'avais pas encore d'amis, alors je ne sortais pas. Je sais, c'est pathétique mais c'est comme ça. Je n'avais pas vraiment été préparée à vivre ma vie d'adulte. Vous savez cet adage qui parle des oiseaux qui doivent quitter le nid, ben, selon moi, c'est toujours mieux qu'ils soient capables de voler avant de les jeter au grand vent! Mais c'était comme ça que j'avais été élevée et je me suis débrouillée pour terminer mes études et prendre éventuellement ma place dans la société.

Je reviens à cette prière que j'ai décidé de recommencer à réciter au moins une fois par jour. Pourquoi? Il n'y a pas de hasard, dit-on. Compte tenu de la situation actuelle qui prévaut entre le Fils, la Fille et moi, j'ai pensé qu'il serait bien que je retravaille sur la paix.

Ne pas tant chercher à être consolée qu'à consoler, à être comprise qu'à comprendre, à être aimée qu'à aimer.

C'est la deuxième partie de la prière de François. C'est celle qui me pose problème et avec laquelle Cyril me revient constamment. Ce matin, sur ma chaise de méditante, ces paroles se sont donc de nouveau imposées à mon esprit. Essayant tant bien que mal de demeurer un observateur de mes pensées, j'ai encore ressenti le caractère impossible de ce défi pour moi. J'ai voulu y voir de plus près. Serait-ce parce que je ne suis pas capable moi-même de me consoler, de me comprendre ou de m'aimer que je suis pas en mesure de le faire pour les autres? Sans doute. Ce serait un bon début. En même temps, j'éprouve une grande colère quand je récite ces paroles. Pourquoi est-ce que je n'aurais pas le droit d'être consolée? C'est beau se consoler soi-même mais, des fois, ça fait beaucoup de bien de sentir que notre peine est accueillie. Idem pour l'amour et la compréhension. Dans le conflit que je vis avec le Fils et la Fille, c'est ce qui me fait le plus souffrir je crois : le manque d'empathie, de bienveillance et de douceur. Et je m'inclus là-dedans. Mais comment faire bouger les plaques tectoniques toute seule? Impuissante je suis. 

C'est en donnant que l'on reçoit, en s'oubliant que l'on trouve, en pardonnant que l'on est pardonné et en mourant que l'on ressuscite à l'éternelle vie.

Finalement, c'est l'objectif de toute une vie que d'être des artisans de paix, avec ou sans religion. Faut juste croire qu'on peut y arriver et travailler d'arrache-pied pour semer l'amour autour de soi. Comme disait notre vieux curé du haut de sa chaire : "C'est la grâce que je nous souhaite de tout mon coeur!".



lundi 31 mars 2025

Reconnaissante je suis

 


"À quelle fréquence tu publies ton blog?" me demande A. en m'enfonçant une aiguille dans le ventre.

 "Heu, selon mes humeurs et mes émotions du moment," que je lui réponds en essayant de détendre mon corps transpercé. J'ajoute : "J'avais pris comme résolution d'écrire une chronique par semaine en 2025. C'est vrai que là ça fait plus d'une semaine depuis le dernier blog. Je ne te cache pas que j'ai pensé à plusieurs sujets dans les derniers jours mais comme je suis presque toujours dans la tristesse, dans la nostalgie, même parfois dans le désespoir, je trouve que je n'offrirai pas trop une lecture agréable à mes suiveurs/suiveuses peu importe leur nombre". 

"As-tu pensé à parler de gratitude?" me lance-t-elle en me plantant ses dernières aiguilles dans les bras. "On se revoit dans 20 minutes, bonne relaxation!". Elle sort de la pièce.

Bon, la dernière idée que j'ai reçue pour mon blog m'avait été suggérée par une amie qui trouvait que j'écrivais trop triste et qui me suggérait de raconter des choses drôles. J'avais répondu à son appel mais je crois que je n'avais pas vraiment réussi à livrer la marchandise. Pourtant j'ai le rire facile. Oui, oui. Je peux avoir du plaisir en bonne compagnie. En tout cas. J'adore pas ça les suggestions. Force m'est d'admettre, toutefois, que la gratitude, ça m'accroche. Depuis plusieurs années maintenant (je vous l'ai peut-être déjà  confié mais, à mon âge bientôt plus que vénérable, j'ai le droit de radoter), je m'endors toujours en me rappelant trois choses qui m'ont fait plaisir pendant la journée. Je me rends rarement à trois avant de tomber dans les bras de Morphée. Des fois le matin, au réveil, je me dis "ben voyons, il me manquait encore une chose à trouver hier soir" et je repense à ma journée passée pour compléter mon petit exercice.

Pour ce blog, j'ai envie de vous partager des choses qui continuent à me faire du bien et qui font en sorte que j'arrive à poursuivre mon chemin malgré la grande souffrance que je porte en lien avec le Fils et la Fille depuis plus d'un an maintenant.

Voici donc mon petit palmarès de gratitude. Je ne présente pas mes plaisirs par ordre d'importance, ou peut-être que si après tout puisque je vais les énumérer en fonction de leur apparition dans mon cerveau reconnaissant. À vous d'en tirer les conclusions que vous voulez!

Même après plusieurs années à la retraite, j'éprouve toujours un réel plaisir à petit déjeuner avec l'Homme les matins où l'on n'a pas à se dépêcher pour une occupation quelconque. L'entendre préparer le café pendant que je fais mes exercices d'étirement, couper les fruits que nous allons ensuite déguster en lisant moi mes journaux papier et lui l'info sur sa tablette constituent des moments privilégiés. On discute de notre journée à venir, on décortique l'actualité mais, surtout, on prend notre temps. Deux ou trois heures facilement. C'est encore plus agréable le samedi. On étire, on étire ça au max.

Habiter Québec nous comble. Nous adorons notre condo au rez de jardin avec ses immenses fenêtres dans le salon qui nous renvoient un paysage sublime. On dirait qu'on vit dans un domaine. Des arbres partout, la pelouse vallonée, le chant des oiseaux, la petite terrasse, c'est apaisant. Et je profite de la présence de mon papa et de mes deux soeurs. Être éloignée de ma famille me causait beaucoup de peine. Mes soeurs et moi, on s'entend super bien. Avoir le privilège de vieillir avec elles à proximité me remplit d'une immense gratitude.

J'adore nos activités de bénévolat et la gang de la Popote roulante. On s'y est fait de vrais bons amis. Et que dire des gens chez qui nous allons livrer! Là aussi des liens forts se sont développés et cela fait chaud au coeur.

Je ne peux oublier notre QG, soit notre petit café de quartier que nous fréquentons assidument au minimum deux fois par semaine. C'est là que nous avons découvert qu'on pouvait aimer jouer aux cartes mais c'est surtout là qu'on a rencontré notre grand ami A. avec qui nous irons aux Îles-de-la-Madeleine en septembre. Eh oui, on est rendus là dans notre amitié. On partage des repas ensemble, on se texte plusieurs fois par jour, on se réunit dans les moments forts de l'année, bref on est ainsi jamais seuls. 

Je ne veux pas oublier mon Oscar chéri qui a su consoler mon chagrin au décès de mes deux félines adorées et qui continue, par son amour insatiable, de remplir ma vie de doux ronrons.

Je termine cette liste non exhaustive pour vous parler d'un endroit extraordinaire situé à quelques minutes de marche de chez moi, soit le Centre KA. Un peu à l'image de notre QG, c'est un lieu où je me sens complètement heureuse. Le mercredi, je médite avec un groupe de femmes exceptionnelles. Le jeudi, je fais du yoga avec d'autres personnes tout aussi formidables. À intervalles réguliers, je me fais transpercer la peau pour un mieux-être assuré. Dès que j'ai mis les pieds au Centre la première fois, mon âme a vibré car elle a immédiatement reconnu l'énergie positive, accueillante et aimante qui l'habite. Immense merci donc à vous deux, K. et A., pour ce cocon de calme et de bienveillance.


Je vous laisse avec cette photo d'un cadeau de moi à moi acheté aujourd'hui : un bracelet conçu pour favoriser le calme et la sérénité. Merci A. pour ce bijou et ta suggestion! Les deux me font du bien.