vendredi 8 mai 2009

Extase printanière

Vous connaissez ma propension à jouir... de la vie. Ou plutôt des petits bonheurs qu'elle nous réserve. Si vous n'êtes pas encore familiers avec ce côté effervescent de ma personnalité, je vous invite à lire mes chroniques du 14 février et du 1er avril derniers.

J'ai vécu un autre de ces moments de jouissance aujourd'hui. Et c'était absolument fabuleux! Comme je vous l'ai laissé entendre à quelques reprises, j'ai une autre passion à part la marche et le metal. C'est le jardinage.

Quand le beau temps revient, je deviens fébrile. Et quand la neige finalement disparaît, je ne me possède plus. Je n'arrête pas d'inspecter mes plates-bandes pour essayer d'apercevoir le petit bout d'une tige verte qui m'annonce que je n'ai pas perdu telle ou telle plante vivace. Si je le pouvais, je plongerais ma tête sous terre pour aller vérifier l'état des racines de mes plantes!

Car chaque année, c'est la même chose. Je suis persuadée que toutes, je dis bien toutes mes plantes sont mortes pendant l'hiver. Et j'arpente le terrain l'air préoccupé, le moral entre les deux jambes. Et l'Homme, qui n'en peut plus de m'entendre gémir sur mon sort de jardinière trompée par Dame Nature qui tue ses propres créatures, me répète invariablement la même phrase : "Cesse de t'en faire pour rien. La Nature est généreuse." Bien évidemment, je ne le crois pas. Et je continue à me lamenter en déclarant à qui veut bien l'entendre que je ne jardine plus parce que je ne réussis pas comme je le veux et parce que mes plantes refusent de coopérer en étant belles et en santé. Mais les menaces ne servent à rien non plus.

Puis, un beau jour, en m'approchant d'une plate-bande pour mon inspection de jardinière dégoûtée de l'ingratitude végétale, je la vois. La tige tant espérée. Et je jouis pour la première fois de la saison de jardinage. Dans les jours qui suivent, c'est une succession de plaisirs infinis. Oh! la clématite que j'ai semée l'année dernière et que j'ai retransplantée à l'automne a survécu. Ah! la plate-bande des hostas et des astilbes se porte bien. Hi! je viens de découvrir sur la pelouse un minuscule plant qui s'est semé de lui-même. Vite, je m'empresse de le déterrer pour le réinstaller à l'endroit qui convient. J'assiste au retour à la vie et je ne me lasse pas de le contempler.

Aujourd'hui, on annonçait de la pluie. C'était ma journée de congé et je m'étais faite à l'idée que je ne pourrais pas travailler à l'extérieur. Je me demandais bien d'ailleurs ce que j'allais faire dans la maison étant donné que le ménage est maintenant un concept révolu pour moi. Mais les experts de la météo ne m'ont pas déçue. Il a fait beau toute la journée. Après le coiffeur, j'ai fait un détour à la pépinière et je me suis achetée quelques nouvelles vivaces.

Je me suis donc retrouvée sous mon érable, tout l'après-midi, à nettoyer et à préparer une partie de ma grande plate-bande d'ombre. Il y a bien eu quelques gouttes de pluie mais, sous mon magnifique arbre, j'étais à l'abri. J'ai eu la visite de quelques chardonnerets et de deux gros pigeons. Mais pas de Rita par exemple (voir la chronique du 20 avril). Il faisait beau, presque chaud même. Et ça sentait tellement bon la terre et le paillis de cèdre. De temps en temps je m'arrêtais juste pour contempler le jeu de la lumière sur les feuillages. Je vous le dis... j'ai joui plus d'une fois. Maintenant, juste en fermant les yeux, je peux revoir cette parfaite journée. Et je me ré...jouis en pensant à toutes les autres qui s'en viennent!

jeudi 7 mai 2009

Je ne sais rien mais je dirai tout

Je crois vous avoir déjà dit que la Fille pose toujours des questions. Des questions qui, souvent, n'ont pas de réponse. Ou, encore, des questions qui n'ont pas de sens. Ou, pire, des questions qui n'en sont pas. Je vous turlupine les méandres du cerveau, n'est-ce pas? Ce n'est rien. Vous n'avez jamais essayé d'aider la Fille à faire un travail scolaire. J'y reviens dans quelques paragraphes.

Au primaire, je me souviens que la Fille éprouvait des difficultés à répondre aux questions les plus simples des examens de compréhension du français parce qu'elle analysait tellement ce que, selon elle, on cherchait à lui demander, qu'elle finissait par ne plus savoir par quel bout prendre la question. Elle la décortiquait dans ses moindres détails allant même jusqu'à contester la structure de la question. Pour elle, rien n'était jamais clair. Il fallait qu'elle fasse un véritable effort pour se limiter à lire la question sans aller entre les lignes.

Au secondaire, elle est rapidement passée maître dans l'art d'amener les profs dans des recoins de leurs méninges dont ils ne soupçonnaient même pas l'existence. La Fille trouvait immanquablement une solution à laquelle personne n'avait jamais pensé. Ou une faille au raisonnement présenté par les profs pour justifier qu'un travail devait être réalisé d'une certaine façon et pas d'une autre. La Fille ne comprenait pas qu'elle ne puisse pas choisir un autre chemin évidemment moins fréquenté donc moins acceptable pour l'ordre établi. Pour qu'elle puisse terminer son secondaire dans le calme, je n'ai cessé de lui répéter pendant toute sa dernière année qu'elle devait faire profil bas. Ce qui signifiait en termes maternels : "Cesse de contester tout le temps". Pour vous dire la vérité, j'ai détesté d'avoir à faire ça. Je considérais que je réprimais l'intelligence vive et l'esprit libre de la Fille. Mais il faut savoir choisir ses batailles!

Après une année au Cégep dans un programme qui, finalement, ne lui convenait pas, la voici, pleinement épanouie, dans des études en arts plastiques. Et cette semaine, ce sont les derniers travaux de la session qui comprennent, entre autres, la présentation d'un exposé oral en français. Et la Fille doit trouver une question sur laquelle argumenter, ce qui, à prime abord, ne devrait pas lui poser problème. Détrompez-vous. Vous voyez, quand on a l'habitude de tout contester, on a vite fait de décomposer une question et de la réduire à néant. C'est pour ça que la Fille a changé plusieurs fois de questions dans les derniers jours, que dis-je, dans les dernières heures. Et, ce soir, il faut qu'elle trouve LA question car c'est demain son exposé! J'essaie de l'aider de mon mieux mais, dès que je pense avoir trouvé la bonne formulation, elle me revient aussitôt avec une série d'arguments auxquels je n'ai pas pensé et qui détruisent systématiquement ma tentative. J'en arrive parfois à douter de ma logique. Je lui ai même dit qu'elle pourrait me faire avouer un crime que je n'ai pas commis juste en me mêlant un peu dans la suite de mes idées.

En attendant, elle vient de m'annoncer qu'elle est en train de devenir folle et qu'elle est encore et toujours à la recherche de LA question. Devrais-je lui dire que le plus difficile n'est pas de trouver la question, mais plutôt la réponse? Je crois que je vais attendre à demain...

mercredi 6 mai 2009

Je rends mon tablier et je prends la poudre d'escampette

Le titre de ma chronique était trouvé. Je savais même ce que j'allais écrire... pour une fois. Mais je ne voulais rien en faire avant d'avoir obtenu la confirmation que j'avais déniché la Perle rare.

Mais revenons d'abord un peu en arrière. À la chronique d'hier en fait. Une autre des choses que j'ai appris au cours de l'atelier dont je vous y causais, c'est que nous cherchons tous à combler des besoins et que nous sommes responsables de nous occuper à trouver des façons de les satisfaire. Et quand nous entrons en relation pour répondre à ces besoins, nous devons en arriver à nous rendre compte que nous ne nous adressons pas nécessairement aux bonnes personnes pour nous aider à combler nos plus chers désirs. Il faut alors adopter une autre stratégie.

Je vous donne comme exemple ma révolte constante de ménagère. Encore hier, pendant qu'on nous affirmait haut et fort qu'il n'y avait pas d'obligations dans la vie du genre "il faut que je cuisine", ou "il faut que je travaille", ou encore "il faut que je nettoie la maison", je rageais encore intérieurement de ma journée perdue de dimanche. Puis, comme l'animateur l'expliquait, j'ai décidé de faire un choix, soit celui de trouver quelqu'un qui répondrait enfin à mon besoin de propreté. Vous me voyez venir? Oui, oui, j'ai décidé de faire appel à plus expert que moi et à me trouver une femme de ménage!

Quand j'ai parlé de l'idée à la Fille (l'une des personnes qui ne répondait pas à mon besoin - je sais, je sais, ça fait chacal cette affirmation mais je vous rappelle que je n'ai pas encore intégré un groupe de pratique), elle m'a répondu qu'il lui serait très difficile d'avoir à se ramasser une fois aux deux semaines car, selon elle, son programme d'études en arts plastiques exige qu'elle vive dans un constant désordre supposément porteur de création. Ce à quoi je lui ai répondu que les vêtements qui jonchaient constamment le sol de sa chambre ne constituaient pas, à mon humble avis, ni d'actuels et encore moins de futurs objets d'art!

L'Homme, lui, était surtout préoccupé par l'aspect monétaire de la
chose : "Nous sommes capables de faire nous-même notre ménage, je ne vois pas pourquoi il faudrait payer quelqu'un pour faire à notre place quelque chose d'aussi simple". Vraiment? Capables nous-mêmes? Je veux bien le croire mais il me faudrait d'abord le voir. Pour vous donner une simple idée du bilan de santé ménager de cette demeure, je vous rapporte la réaction de l'Homme quand il a su que la Perle rare se présenterait ce soir à 19 h pour nous passer en revue : "Elle vient ce soir à 19 h, c'est parfait, je ne serai pas là". "Comment ça, tu ne seras pas là?", lui ai-je répondu. "Est-ce que tu as un rendez-vous quelque part?". "Pas du tout, mais je veux être certain de ne pas être dans la maison quand elle va voir la poussière sur les meubles et les taches sur la plancher. Je ne veux surtout pas être associé à une maison sale!". C'est bien parfait. Si je n'avais pas déjà été fermement convaincu de la justesse de ma décision, je l'aurais été drette là!

Finalement, la Perle rare a sonné. J'étais super nerveuse, comme si j'allais passer une entrevue. Est-ce que ma maison serait considérée comme étant suffisamment sale pour se mériter le droit d'être dorénavant entretenue à dates fixes? Avais-je assez négligé mes devoirs de ménagère pour qu'on me retire le droit de les exercer? Est-ce que je serais enfin mise sous tutelle pour négligence crasse?

La réponse : oui. La date : mardi prochain.

Eh, le Pusher, il faudra que tu m'invites quand tu fais ton ménage. J'irai siroter une bière en te regardant faire quelque chose dont je n'aurai plus qu'un vague souvenir. J'ai même un tablier à vendre si ça t'intéresse! :)
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Notes pédestres : Très bon entraînement ce soir. Pour citer le capitaine Haddock : "Elle s'en va, elle s'en va, ma douleur au pied!"

mardi 5 mai 2009

Êtes-vous girafe ou chacal?

Je voudrais bien vous parler d'un atelier que j'ai suivi aujourd'hui sur la communication non-violente qu'on appelle également la communication authentique et efficace. Je dis je voudrais bien car je ne suis pas certaine de pouvoir bien vous expliquer ce qu'il en est puisque, après deux heures de formation, j'avais l'impression de n'avoir vu que la pointe de l'iceberg.

Comme vous pouvez vous l'imaginer, on ne change pas du jour au lendemain sa façon d'entrer en relation avec les autres. Et cette technique demande que nous adoptions des comportements assez différents de ceux auxquels nous sommes habitués. En effet, inutile de nous conter des histoires ici. Nous venons tous de familles plus ou moins disfonctionnelles et, à ce titre, nous n'avons pas nécessairement appris à nous exprimer en analysant d'abord nos émotions et en nous permettant de les exprimer. Encore aurait-il fallu qu'elles soient reconnues et accueillies. Nous sommes loin de la coupe aux lèvres!

Ce que j'ai d'abord retenu de cette technique c'est qu'elle se base sur la prémisse défendue par le philosophe Jean-Jacques Rousseau voulant que l'homme soit naturellement bon. À partir de cet énoncé, on suppose que tout le monde veut faire de son mieux dans la vie et, pour cette raison, nous évitons tout message négatif qui ne sert qu'à fermer des portes plutôt qu'à les ouvrir.

Et la zoologie dans tout ça? Les personnes qui ont élaboré la technique ont fait appel aux symboles du chacal et de la girafe pour mieux nous faire comprendre les comportements que nous devons éviter ou imiter. Comme vous le savez sans doute, le chacal est un charognard instinctivement porté sur les carcasses de toutes sortes. Disons que sa personnalité et son entregent pourraient supporter quelques améliorations locales. Vous vous doutez donc que le chacal représente la personne qui, lorsqu'elle a quelque chose à dire, choisit toujours d'attaquer, de juger ou de blesser. Pas très positif tout ça. Par contre, la girafe, reconnue comme ayant le coeur le plus gros au sein de l'espèce animale, symbolise la personne qui entre en relation avec ses congénères avec la ferme intention d'être ouverte aux points de vue des autres et d'encourager l'expression de leurs émotions. Son long cou lui permet également de prendre du recul au besoin pour mieux analyser la situation et ainsi être en mesure de clarifier son intention avant de formuler sa demande.

Je m'arrête là pour ne pas poursuivre en disant des inepties. J'ai donné mon nom pour faire partie d'un groupe qui se réunira pour mettre la technique en pratique. Je vous en redonne des nouvelles éventuellement. Entre-temps, pensez au regard doux de la girafe et à son calme débonnaire avant de livrer une communication que vous ne pourrez plus jamais reprendre. Les mots sont puissants... il faut savoir les utiliser à bon escient!
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Notes pédestres : Il m'a fallu un courage surhumain pour mettre la machine en branle aujourd'hui. J'étais fatiguée et j'avais mal au pied. J'ai décidé de marcher uniquement pour le plaisir. La musique était bonne et l'entrain a été finalement au rendez-vous!

lundi 4 mai 2009

Eh! c'était lundi aujourd'hui :)

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Heureusement!

Levée de meilleure humeur que je ne l'étais au coucher, j'ai entrepris ma journée toute guillerette à l'idée de raccourcir ma semaine pour travailler au jardin. J'ai été obligée toutefois de bien vite déchanter étant donné que, ce matin du moins, on annonçait uniquement de la pluie pour le reste de la semaine. Voilà qui risquait d'amener des nuages au-dessus de ma tête. "On verra bien", me suis-je dit, sans me laisser abattre pour autant. La météo, science exacte s'il en est une (il est permis de rire ici), n'arrive qu'à prédire la saison où l'on se trouve. Et encore. J'ai déjà entendu des experts intemporels se contredire sur l'heure et la date exactes de l'arrivée d'une nouvelle saison. Comme si cela m'intéressait de savoir qu'à partir de 22 h 46, ce n'est plus l'hiver mais le printemps. Alors dites-moi donc, Messieurs les Intemporels, pourquoi est-ce que je continue à voir plein de neige et aucune hirondelle?

Bref, je me suis rendue au bureau. J'ai assisté à une réunion de fonctionnaires. Et je suis revenue à la maison.

Durant la journée, j'avais eu le temps quand même de prendre connaissance du commentaire du Pusher sur mon blog d'hier. Et je me suis réjouie car j'ai appris qu'il avait vécu à peu près les mêmes frustrations ménagères que moi en fin de semaine. Du coup, mon fardeau m'a semblé plus léger. Je me suis dit que si le Pusher lui-même est obligé de se nettoyer, alors qui suis-je pour me plaindre? Je ne sais pas pourquoi mais j'ai de la difficulté à l'imaginer avec un plumeau à la main. Bon, bon, je vous entends tous me crier "Préjugé! Préjugé!". Je me tais, mais je souris quand même dans ma tête.

Après le travail, j'ai été marcher doublement pour compenser ma frustration d'hier. Il faisait beau. J'ai croisé une vieille dame, toute de mauve vêtue, qui tondait sa pelouse. Elle apportait une tache si éclatante de couleur à côté du vert de l'herbe que je me suis retournée pour mieux la contempler. J'ai ensuite filé protégée par ma bulle de metal et totalement imprégnée du bien-être qui m'habitait. Justement, dans La Presse en fin de semaine, on interrogeait des coureurs pour leur demander les avantages qu'ils retiraient de pratiquer cette activité sportive. Et je me suis réjouie de lire que Pierre Foglia, notamment, mentionnait qu'il était beaucoup plus créatif après avoir couru. Je vous le cite : "Courir, c'est pour moi aller toujours au même carrefour de l'effort et du rêve et en revenir fébrile, avec une formidable envie d'écrire. À relire mes vieilles chroniques je pourrais vous dire celles que j'ai écrites en revenant de courir, et, hélas, les nombreuses autres où je n'avais pas couru depuis longtemps." Je ressens exactement la même chose après avoir marché même si je ne m'appelle pas Foglia.

Et pour finir ce début de semaine, l'Homme a eu l'inhabituelle, mais alors là très inhabituelle idée, de m'inviter au resto pour le souper. Je n'ai pas dit non. Je n'ai pas mangé de dessert. Mais j'ai pris une bière. À la bonne vôtre!

dimanche 3 mai 2009

Eh! demain c'est lundi :(

Dimanche soir. Ça veut dire retour au travail demain matin. Ça veut dire aussi que j'aurais bien pris une journée de plus pour me faire plaisir. Maintenant que le lavage est fait, que le ménage est fait, que la cuisine est faite, il me semble que la prochaine chose à faire devrait être pour moi uniquement.

Vous sentez une légère amertume dans mes propos? Quelle perspicacité! Je suis en effet un peu frustrée de mes deux derniers jours. J'ai choisi de nettoyer la maison plutôt que de nettoyer mon intérieur. Inévitablement je suis enragée. Le ménage, je le répète encore une fois, constitue pour moi une jouissance ô combien fugace. M'occuper de moi me donne tellement plus de plaisir, un plaisir durable. Mais, pour me choisir, encore faut-il que je fasse abstraction de la poussière et du linge sale et des repas tout frais cuisinés. Je n'y arrive pas toujours. De toute façon, même si je voulais y arriver, je me retrouverais dans une maison insalubre. Alors? Je cède... une part de moi-même.

Heureusement que j'ai pris le temps samedi soir d'aller siroter un café avec la Fille. C'était tellement agréable. J'aime l'endroit où nous allons nous injecter notre dose de caféine. C'est urbain. Et c'est très fréquenté. On se sent parmi le monde.

Et, aujourd'hui, avec l'Homme, ce fut encore autour d'un café que j'ai passé un bon moment. Cette fois c'était au marché à Ottawa. La température était agréable. Le fond de l'air était encore froid, mais le soleil était fantastique. On pouvait presque, je dis presque, prendre le café sur la terrasse.

Cette semaine, c'est sûr, je fais l'école buissonnière et je travaille dans mes plantes. Car la Marcheuse metalleuse est aussi une grande amoureuse du jardinage. Allez, si vous êtes sage, je vous conterai fleurette très bientôt!

samedi 2 mai 2009

Le trou noir

J'ai un trou en-dedans de moi. Personne ne peut le voir. Même pas moi. Mais je peux le sentir par exemple. Surtout lors de journées comme aujourd'hui où, tel un volcan endormi, il se met soudainement à gronder et à rappeler sa présence. C'est dérangeant parce que ça me fait mal au coeur.

Quand le trou se réveille, il me ramène sur des rivages sombres que je n'aime pas particulièrement fréquenter. À cause de la souffrance qu'ils évoquent. Je traîne alors un malaise que je n'arrive pas toujours bien à identifier. Habituellement, je me sens vraiment triste. J'ai moins d'énergie. Je deviens super sensible à tout. Une parole de trop. Une légère contrariété. Un contretemps anodin. Qu'importe. Tout et rien me dérange et fait jaillir mes larmes.

J'ai pensé longtemps le remplir en mangeant. Je sais comme c'est tellement un cliché de dire qu'on mange ses émotions. Quand j'entendais des gens raconter ce genre d'histoire, je m'arrêtais pour m'introspecter un peu et je ne voyais pas quelle émotion j'aurais bien pu manger. Je me disais que ce ne devait pas être facile de vivre ainsi et mon questionnement s'arrêtait là. Et je continuais à manger et à tout jeter dans un abîme sans fond.

Puis, j'ai commencé à visiter le Sondeur d'âme. Il m'a permis de réaliser des choses et de mieux comprendre la nature du trou. Cela ne l'a pas fait disparaître pour autant mais, au moins, je savais d'où il venait. Je savais surtout que la nourriture ne pouvait pas le remplir.

Quand j'ai commencé à marcher et que j'ai été moins dans ma tête et plus dans mon corps, j'ai compris que j'avais mangé mes émotions pendant de trop longues années. J'ai aussi trouvé, par la même occasion, un autre moyen d'apprendre à vivre avec le trou. Cet après-midi, donc, pendant que je marchais branchée sur mon metal plus que jamais, il m'est venu l'image d'un grillage. C'est la première fois que j'envisage la possibilité de vivre avec le trou sans tomber dedans. Il me semble que voilà un pas dans la bonne direction, non?

They locked the door
Give me the strength to break it down
Yeah we've always faced this world as one
And I know there's nothing different now
Because this heart is true
It's true, it's true!

So tell me
Tell me that I'm not all alone
And everything's alright
So tell me
Tell me that I'm not all alone
And everything's alright now!

(Story of the Year, Tell Me)