dimanche 6 février 2011

Schubert, Ian Kelly et Mortör : même combat!

J'ai des goûts musicaux parfois fort éclectiques. Ainsi, cette semaine, je suis passée de la musique classique au métal en faisant une incursion dans le folk. J'ai adoré. C'est drôle parce que, sans l'avoir planifié, j'ai effectué une gradation dans le niveau sonore des spectacles auxquels j'ai assisté. J'ai d'ailleurs encore l'oreille gauche qui bourdonne because la prestation du Pusher hier soir.

Alors, mardi soir, c'était un récital d'Emmanuel Ax au piano au Centre national des Arts. Pour la circonstance, j'avais même décidé d'étrenner mon beau petit veston vert pomme que j'avais acheté avec l'Ami au début de décembre et que je n'avais finalement jamais porté pour les Fêtes. Je faisais "moyennement madame" disons-le franchement. Mais c'était l'accoutrement parfait pour passer dans le monde chic et de bon goût qui fréquente cette très belle salle de spectacle que nos amis au pouvoir aimeraient sans doute ne plus avoir à subventionner. Bref. J'ai donc écouté avec un réel plaisir les oeuvres de Schubert interprétées par M. Ax non sans avoir pris un café d'avant-match avec l'Homme pour avoir le plaisir d'observer la vieille haute société anglaise de l'autre bord de la rivière faire son entrée cahin-caha. Vous l'aurez deviné. La moyenne d'âge est élevée et l'Homme et moi faisons figure de véritables jeunots au sein de cette faune.

Vendredi soir, c'est l'Ami qui m'a invitée à découvrir un chanteur québécois vraiment impressionnant, soit Ian Kelly, un auteur-compositeur-interprète montréalais. Je vous invite à l'écouter sur YouTube. Vous ne serez pas déçus. Là, je dois avouer que je correspondais davantage à la tranche d'âge du public. C'est sûr, il y en avait des plus jeunes que nous mais, de façon générale, je "fittais" comme on dit. J'ai dit à l'Ami que, dorénavant, Ian deviendrait mon Pierre anglais. Les deux n'ont pas du tout le même style. Par contre, ils produisent sur moi un effet intense que j'apprécie particulièrement. Comment pourrais-je vous expliquer? C'est que je sens intimement que je me trouve en présence de véritables créateurs, de personnes habitées par leur passion. Et ils la transmettent de façon exceptionnelle. Ian, c'est donc à suivre pour moi.

En parlant de passionnés, le Pusher et son groupe jouaient hier soir à Ottawa. J'ai convaincu l'Homme de m'accompagner. Vous auriez dû nous voir tous deux habillés de tee-shirts à l'effigie de Mortör. Nous avions l'air de deux vieux métalleux à la date de péremption échue depuis un boutte. Et, justement, si on est pour parler chiffres, imaginez-vous qu'il s'agissait d'un show pour les 19 ans et plus! Comme nous étions dans la puritaine Ontario, un jeune homme demandait aux gens de présenter leur carte d'identité pour entrer. J'avais laissé mon sac à main à la maison. J'ai dit à l'Homme : "Crois-tu qu'ils vont me laisser passer?" Selon l'Homme, je n'avais rien à craindre. Je ne sais pas pourquoi mais je gardais un léger doute. Le gars à l'entrée demande à la fille qui nous précède de lui prouver qu'elle a ce qu'il faut pour entendre les gros mots du métal. C'est notre tour. Étrangement, il ne nous demande rien. Je n'hésite pas une seconde, après tout je veux suivre les règlements, et je lui sussure dans mon plus bel anglais : "Hey! You're not asking for our ID's?". Il me répond : "I trust you guys". Comme je protestais avec véhémence en exigeant d'être "cartée", l'Homme m'entraîne dans les escaliers et nous faisons notre entrée cahin-caha dans la salle. Il me semble avoir remarqué un jeune couple accoudé au bar, avec une bière, qui observait la faune. Et j'ai bien noté que la moyenne d'âge venait d'en prendre un coup avec notre arrivée. Pas grave. C'était cool.
_____________________
Notes pédestres : C'est le printemps... presque. Les trottoirs sont pratiquement tous de neige absents. Je peux même courir en montant la pente qui mène à l'église. J'ai aussi laissé les "combines" à la maison parce qu'il faisait trop chaud. Si seulement ça pouvait durer.

1 commentaire:

  1. La musique adoucit les moeurs, même la Métal on dirait! Bravo, et bon courage dans cette épreuve non pas évereste mais totonesque. Je suis de tout coeur avec vous.

    L'amie yogini

    RépondreSupprimer