samedi 11 juin 2011

Ras-la-bolle

Avis : Les propos scatologiques contenus dans ce message sont voulus. Âmes sensibles s'abstenir!

Je reviens de loin. J'ai été malade. Une gastro. Une vraie. Heureusement, seul le bas du corps a été touché. Faut croire que le monde me faisait simplement chier, pas vomir en plus. C'est déjà ça de pris. 

Je déteste être malade parce que mon côté hypocondriaque revient bien vite à la surface. Si je ne me sens pas mieux dans les vingt-quatre heures, c'est la panique qui s'installe. Et avec elle les idées noires, les scénarios de fin du monde, le découragement absolu. J'ai été comme ça toute la semaine. Je voulais presque en finir. Je sais, c'est stupide. Mais je ne raisonne plus quand je me retrouve dans cet état. Je me sens simplement démunie, vulnérable, infiniment triste. Je voudrais que ma maman soit là pour prendre soin de moi. Allez, dites-le, c'est pathétique.

Pourquoi le monde me fait chier? Pour bien des raisons. Certaines plus importantes que d'autres. Je me suis rendue compte surtout que c'est l'ensemble de la chose qui m'a donné mal au ventre. Encore ce soir, je dois me contrôler pour ne pas sentir monter en moi l'impatience, l'exaspération et l'écoeurement. Oupse. Faut que je fasse attention si je ne veux pas que tout me remonte dans la gorge. Juste au moment où j'arrive à reprendre le contrôle de mes sphincters, faudrait pas que je redégringole dans le fond d'la bolle.

Alors, vous êtes intéressés à ce que je vous énumère en vrac ce qui me contracte l'estomac? Peut-être pas mais comme je ne peux pas le savoir, je déballe mon sac. D'abord, il y a la retraite qui arrive trop vite ou qui n'arrive pas pantoute. Cette semaine, j'aurais bien voulu que tout soit enfin fini et que je sois libre de consacrer le temps voulu à me remettre sur pied sans avoir à me préoccuper du nombre de congés de maladie que j'ai en banque ni à me rapporter chaque jour à mon superviseur, tel un enfant d'école, pour l'informer que je ne rentre pas parce que j'ai été sur la bolle toute la nuit! J'ai 55 ans, bientôt 56. Ça fait 34 ans que je me lève pour aller travailler. Et depuis deux ans, je le fais pour rien. Comprenez-vous que le 25 août n'arrivera jamais assez vite!

Et il y a la paperasserie qui m'envahit. Je vous en ai déjà parlé. Rien ne s'est amélioré de ce côté. En fait, c'est pire avec la grève des postes. Faudra donc dès lundi que je cours après la fameuse trousse d'information qui m'a supposément été envoyée depuis au moins trois semaines et que je n'ai évidemment jamais reçue. Et pour la partie qui concerne les ressources inhumaines à mon bureau, pas de nouveau là non plus. Je suis curieuse de voir si on a enfin répondu à mes derniers courriels. Je crains d'être amèrement déçue.

Il y a aussi les enfants dont je m'ennuie. Ça revient périodiquement. Surtout quand je pense à la Fille et à son aventure en Amérique du Sud. Ses courriels nous parviennent quand même assez régulièrement. Les nouvelles sont bonnes. J'essaie simplement de rester cool quand je lui réponds après avoir lu sur ses ascensions en montagne et ses malaises à cause de l'altitude et ses déplacements en autobus bondés et surchauffés et ses visites à la clinique des voyageurs avec ses deux compagnes indisposées. Ouf! De son côté, tout cela n'est évidemment que de la petite bière. Tout va très bien, Madame la Marquise, tout va très bien, tout va très bien. Ouais.

Quand je me sens vraiment, mais vraiment découragée, par exemple quand je me rends compte que je suis toute énervée à la pensée de me faire une soupe Lipton poulet et nouilles avec des biscuits soda dedans, je me rappelle mes nouveaux sillons. Je suis pas mal plus à côté d'la traque qu'à l'intérieur du chemin mais je ne veux pas lâcher. Je veux vraiment apprendre à lâcher prise, à devenir plus flexible et à relativiser les choses. Beaucoup de pain sur la planche, surtout pour quelqu'un qui n'en mange que deux miettes à la fois ces temps-ci! M'enfin.

J'ai retrouvé un semblant de courage aujourd'hui. Je suis allée au Marché By avec l'Homme pour acheter des fleurs. Malgré la faiblesse que je ressentais avec ma misérable toast pas de beurre dans l'estomac et l'absence de caféine, j'ai réussi à renaître un peu devant la beauté et les couleurs des étalages. Je me suis presque emballée. Oui, oui. J'ai même versé une petite larme en contemplant les arrangements inédits que j'avais réussi à dénicher. Je n'avais qu'une hâte : me mettre vite à la tâche. Ce que j'ai fait avec l'aide de l'Homme pendant tout l'après-midi. Je dirais que j'ai pratiquement terminé. Il me reste deux caissettes à transplanter. Et un ou deux plants de tomates à acheter. Peut-être aussi que je vais me composer deux autres pots pour mettre près de la tonnelle. En tout cas, vous auriez dû voir comme les espiègles étaient contents quand j'ai jeté dans leur bassin une laitue d'eau et deux jacinthes. Ça n'a pas pris de temps pour qu'ils s'attaquent aux racines des malheureuses nouvelles venues. Ils étaient tellement drôles. On aurait dit qu'ils les utilisaient comme des manèges pour tourner en rond ou comme des flotteurs pour s'approcher du jet d'eau. Ils souriaient presque. Et moi aussi!

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