dimanche 10 janvier 2010

Pourquoi je ne veux pas être réincarnée en Martha

Bilan de mes trois jours de congé :
  1. Ménage du tiroir de ma table de chevet (Je sais que ça n'a l'air de rien comme ça mais vous n'avez jamais essayé de trouver quelque chose dans ce tiroir ou encore d'y faire entrer quelque chose. Croyez-moi sur parole, ça valait la peine!)
  2. Ménage de l'étagère à épices (Je sais que vous n'en n'avez rien à foutre mais vous saurez que ça demande du temps de tout classer par ordre alphabétique, ordre que j'ai réussi à améliorer en regroupant, par exemple, les bouteilles des diverses versions d'une même épice que j'ai séparées très légèrement de celles qui suivent. Ça a l'air compliqué mais c'est surtout un peu maniaque sur les bords. Je suis certaine que la soeur Psy va vouloir en savoir plus à ce sujet.)
  3. Défection des décorations de Noël (Oh! voilà que vous vous inquiétez du terme que j'ai choisi. Moi aussi, mais ça ne me tente pas de faire l'effort de trouver un substantif pour aller avec le reste de la liste. De toute façon, j'étais prête à faire défection pour m'éviter le branle-bas de combat que suppose le rangement - voilà le mot que je cherchais - de toutes les bébelles du temps des Fêtes. À ce propos, les habitués seront heureux d'apprendre que Joseph est revenu au bercail. Il avait apparemment choisi cette période de l'année pour aller dans le Sud - les prix étaient bons - et s'éviter ainsi la cohue des magasins. Il avait l'air reposé et content de reprendre sa place dans la boîte avec sa gang habituelle.)
  4. Travail préparatoire à l'impôt (Imaginez-vous que j'ai trouvé le temps et surtout le courage de regrouper les frais médicaux de la Fille et les miens, et de créer un tableau que je pourrai utiliser en temps voulu. C'est toujours la même chose : je commence tôt et je finis tard. On ne change pas sa nature comme ça. C'est pas de ma faute. Je ne me rappelle jamais d'une année à l'autre les subtilités du logiciel que je m'entête à utiliser et il faut alors que j'appelle à l'aide la soeur du Milieu qui, elle, a habituellement envoyé ses formulaires et reçu ce qui lui revient depuis déjà un certain nombre de semaines quand je me retrouve en panique devant mon ordi.)
  5. Confection (et non réfection) de trois douzaines de biscuits, d'un pain aux bananes, d'une crème de panais à l'orange, d'un rosbif, d'une grosse sauce à spaghetti et d'une lasagne (Mais où sont le monde quand on fait à manger pour une armée? C'est le Fils qui va être content : la prochaine fois que je débarque chez lui, je vais encore remplir son congélateur!).
C'est imposant, non, ce bilan? Je suis contente mais je trouve que j'ai quand même un peu exagéré sur le côté Martha. Heureusement que je suis allée marcher et que j'ai pris le temps d'écrire. C'est ça qui m'a fait le plus de bien. Allez, je vous quitte pour ce soir. Il ne faut pas que je me couche trop tard si je veux être en forme demain pour ne rien faire. Sauf le yoga à l'heure du midi. Ohm!

samedi 9 janvier 2010

De la prorogation à l'angoisse existentielle

Permettez-moi d'entrée de jeu un aparté politique au sujet de cette prorogation du Parlement dont on entend parler abondamment depuis quelques jours. Pour ceux qui ne suivent pas l'actualité, il s'agit de cette décision prise par M. Harper de mettre un terme aux travaux parlementaires et de reprendre le tout après les Jeux olympiques, soit vers la fin mars. Sans prorogation, les députés étaient supposés retourner à l'ouvrage à la fin janvier. Pourquoi tout cela soulève-t-il mon ire? Je vous explique. M. Harper a demandé la prorogation à notre chère gouverneure générale entre Noël et le Jour de l'An. Quand j'ai pris connaissance de cette démarche, j'étais déjà outrée. Outrée doublement parce qu'en agissant ainsi il s'épargnait la suite des choses au sujet de la torture des prisonniers afghans et parce qu'il savait pertinemment que sa manoeuvre allait passer inaperçue alors que les gens étaient à peu près tous imbibés d'alcool. C'est ce qui est arrivé.

Mais voilà que M. Ignatieff, cette semaine, émerge de son coma éthylique pour nous faire part de son indignation par rapport à cette façon de faire. J'ose une question à cet intellectuel aux neurones endormies. Mais où étiez-vous donc quand M. Harper a annoncé son intention? Étiez-vous trop occupé à swingner votre compagnie dans une fête de famille endiablée que vous ne pouviez même pas prendre une minute pour vous opposer à cette nouvelle entrave à la démocratie? Car c'est bien de ce dont il s'agit quand un premier ministre utilise cette prérogative de notre système parlementaire pour s'éviter systématiquement de faire face à la musique. Mais, mais, je me doute de la raison pour laquelle M. Ignatieff n'a pas cru bon réagir plus tôt. Primo, les journalistes, eux-mêmes occupés à swingner leur propre compagnie, ne lui auraient sans doute pas donné la couverture voulue. Et, deuxio, les sondages sont toujours aussi défavorables à l'endroit du chef du Parti libéral; par conséquent, celui-ci n'a donc aucunement avantage à déclencher des élections, surtout pas sur une question de principe. L'indignation à retardement, c'est tellement plus noble, tellement plus... hypocrite!

Bon, mon aparté a été plus long que prévu. À part ça, je voulais commencer ce message en vous annonçant fièrement que ma santé mentale devait être au beau fixe étant donné que, depuis deux jours, je cuisine et je range comme une véritable Martha. Quelle naïveté de ma part encore une fois! Pourtant, je devrais commencer à savoir que mes comportements déphasés indiquent que je souffre d'anxiété. Je vous le prouve tout de go. Cette après-midi, je me prépare pour mon entraînement pédestre. Encore sur la lancée de mon exploit d'hier, j'ai hâte de me retrouver dehors. Comme j'étais presque prête à sortir, il me vient la brillante idée de syntoniser le canal météo pour voir où en était le mercure : - 13. C'est quand même bien surtout qu'il fait beau soleil. Mais voilà que je vois au bas de l'écran : facteur éolien, -21. Ouille! C'est plus froid ça. Qu'à cela ne tienne, je suis habillée, je suis brave, je pars.

C'était sans compter sur ma propension à mettre mon cerveau à "Off" et à commencer à divaguer comme ça ne se peut pas. "Il fait vraiment froid. Peut-être que de respirer de l'air trop froid va me porter à faire une crise d'asthme. Ou bien je vais attraper un gros mal de gorge parce que j'ai entendu dire que ce n'était pas recommandé d'aller faire de l'exercice dehors par temps froid". Et quand j'ai le cerveau à "Off", je n'arrive qu'avec de pénibles efforts à le remettre en branle. Je marchais, par un temps quand même radieux, et je ne voyais rien. À un moment donné, je me suis littéralement arrêtée pour contempler le parc tout blanc, mais d'une blancheur immaculée, et le ciel d'un magnifique bleu foncé. Les couleurs, aujourd'hui, étaient sans nuance. Et elles éclataient. Avec le soleil qui éclairait le tout, ça incitait à la contemplation, pas de son nombril, mais de la nature.

Je poursuis mon chemin et, pendant que je me trouve sur le sentier qui sépare le parc de l'école, paf! Nouvelle prise de conscience. J'étais tellement préoccupée par l'idée de respirer dans mon foulard pour éviter de faire entrer de l'air trop froid dans mes poumons que je me suis rendue compte que je marchais la tête baissée. Stop! Qu'est-ce que c'est que cette incongruité? Quand je marche la tête penchée, je ne vois pas le chemin devant moi. Autre prise de conscience. N'est-ce pas aussi ce que je fais dans ma vie de tous les jours? Quand je ne me fais pas confiance, quand je préfère ne pas prendre de risques pour ne pas me tromper ou ne pas avoir l'air ridicule, quand je décide de subir au lieu d'agir, j'ai la tête baissée. Je vois seulement mes pieds. Pas le chemin que je suis capable de parcourir. Pas la route que je peux décider de suivre. Pas les carrefours qui peuvent m'amener à vivre de nouvelles expériences.

Je me demande. C'est tu le froid qui a remis mon cerveau à "On"? Ou bien c'est tu que j'étais gelée?

vendredi 8 janvier 2010

Metal un jour, metal toujours

J'étais en congé aujourd'hui. Il était temps. J'avais depuis le début de la semaine la tête lourde et l'irrésistible envie de dormir tous les après-midis. Pour ne point faillir à mes bonnes habitudes d'hypocondriaque, j'avais commencé à me demander si je ne couvais pas quelque chose. Eh! bien oui! Je couvais, comme dit l'Homme, un "vieux russe", celui qu'on appelle plus communément "l'écoeurite aigüe du fonctionnaire" qu'il ne faut surtout pas confondre avec la maladie du légionnaire. Ça rime mais ça s'arrête là. Et savez-vous comment je me suis guérie? En marchant, bien évidemment, et à une vitesse qui m'a surprise moi-même.

Il faisait tellement beau. Les trottoirs étaient idéalement dégagés. Et le froid juste parfait, c'est-à-dire pas trop agressant pour geler la face mais suffisamment présent pour offrir aux espadrilles une adhérence du tonnerre. Je flottais presque. En prime, j'ai eu droit à quelques apparitions de Galarneau qui s'était fait diablement rare toute la semaine. Et le metal résonnait meilleur que jamais. J'ai commencé, lors de mon séjour dans l'autre Capitale nationale, à écouter l'un des deux CD livrés par le Pusher à l'occasion des "Fêtes". Je découvre et m'émerveille encore. La musique, les paroles, le tout exprimé de façon à ce que tu te sentes pratiquement défaillir.

Bon, je sais que je ne suis pas objective. C'est pas de ma faute. Je suis droguée... au metal. À un point tel que je m'essaye à écrire des chansons pour ce type de musique comme je vous le mentionnais cette semaine. Je vous disais aussi que l'expérience était fascinante. C'est que, voyez-vous, je croyais que j'arriverais assez facilement à faire parler mes tripes, à les mettre sur la table. Après tout, je vous les livre quand même assez souvent sur ce blog. Mais c'est pas pareil quand on veut les faire chanter. On ne dispose pas d'un nombre indéfini de mots pour exprimer ce que l'on ressent. Et il faut trouver des images qui frappent, il faut arriver rapidement au but, il faut accepter de se mettre à nu et de se regarder en face. En tout cas, pour moi, c'est ce que le metal représente. Même si c'est plus ardu que je le pensais, j'adore l'exercice. Il me semble que j'arrive à toujours aller un peu plus loin, à repousser davantage les barrières des conventions sociales. Bref, je me censure moins.

Mais, mais, ma grande chance c'est que je dispose d'un coach. Et d'un très bon à part ça. Ses commentaires sont constructifs et vraiment utiles. Je me trouve privilégiée de profiter de sa longue expérience et de sa grande sensibilité. Et de son temps aussi car je sais qu'il est très occupé. Un jour peut-être, j'oserai vous faire lire un de mes maladroits essais. En attendant, pour votre plus grand plaisir, je vous laisse avec les mots de la chanson Immortal du groupe Adema :

We're face to face
Loyalty is what I need to see from you
You're insecure
I can see the fear that breeds in your heart
Where will you run? Where will you hide?
I see the blood drip from your eyes
Who will survive? Let's get it on
And we'll fight

I know who you are
The leader of lost souls
You can't kill me
I'm immortal
I'm not afraid to die
My soul will travel on
You can't kill me
I'm immortal
Immortal
Immortal

I need the rush
There's nowhere you could hide before you die
Why won't you face me?
I can see the fear that's in your eyes
Where will you run? Where will you hide?
I see the blood drip from your eyes
Who will survive? Let's get it on
And we'll fight

I know who you are
The leader of lost souls
You can't kill me
I'm immortal
I'm not afraid to die
My soul will travel on
You can't kill me
I'm immortal

mercredi 6 janvier 2010

Réflexions éparses

Je vis des choses inhabituelles, intéressantes, fascinantes même. J'ai dépassé l'angoisse de la page blanche et je viens ce soir de commettre mon troisième poème ou ma troisième chanson, c'est selon. Je vis donc, par l'intermédiaire de ce nouveau processus de création pour moi, des émotions fortes, dérangeantes. C'est vraiment une découverte d'un autre aspect de mon moi-même, une face cachée de mon désir de m'assumer totalement. J'ai donc tenu ma résolution du Nouvel An, pour le moment du moins. J'espère que je pourrai assouvir ce besoin de m'exprimer comme je l'ai si bien fait pour mon besoin d'améliorer ma santé physique.

Heureusement que je peux écrire le soir car ma vie au bureau ces temps-ci s'écoule comme un long fleuve tranquille, trop tranquille. Vous savez que, même si je suis fonctionnaire, j'arrive à trouver des limites à l'oisiveté. Par exemple, si je continue à calculer quotidiennement les prestations de retraite auxquelles j'aurai droit à mon départ, je vais finir par devenir folle. J'ai évidemment déjà procédé à l'épuration de mes courriels et au ménage de mes classeurs. Rappelez-vous à cet égard que je viens de déménager et que j'ai donc tout nettoyé pour l'occasion. Disons que je suis totalement à jour dans ma correspondance personnelle et que j'ingurgite beaucoup trop de cafés pour me tenir éveillée. Je dois même veiller à ce que mon collègue d'à côté ne ronfle pas trop fort. Je prévois que, d'ici une semaine, mes collègues anglophones vont se joindre à nous dans l'inutile présence à assurer de nos corps physiques en ces hauts lieux.

Je composerais bien, avant de décomposer, un petit quelque chose sur cette vie d'employée entretenue, mais je fais dans la véritable émotion et non dans la superficialité. Dommage. Mais pas tant que ça.

mardi 5 janvier 2010

Engoncée, scannée, mystifiée

Engoncée. Voilà la façon dont j'ai commencé la journée. Et je déteste me sentir engoncée. C'était à cause de mon manteau et de la décision que j'avais prise de porter à tout prix le veston acheté pendant les Fêtes pour inaugurer mon retour au bureau. C'est le seul moyen que j'avais trouvé pour me motiver un peu. Bref, j'avais l'air gonflée et surtout boursouflée avec tout ce tissu. Évidemment, je suis tombée sur un chauffeur d'autobus qui voulait nous faire croire que nous étions en Floride et non pas au Québec. Ai-je besoin d'en dire plus? J'ai eu chaud, j'ai suffoqué, j'ai pensé m'évanouir. Les gouttelettes de sueur perlaient dans mon dos, donc sous mon veston neuf, et je ne voulais quand même pas enlever ma tuque. Je n'aime pas me déshabiller dans l'autobus. Si j'enlève mon chapeau et que j'ai une couette en l'air, qui va m'avertir? Personne. Mais tout le monde va la voir par exemple. Et si j'enlève mon manteau, où vais-je le mettre? Si je le plie pour l'installer sur mes genoux, je vais avoir encore plus chaud. Alors c'est le statu quo. Quand je suis arrivée au bureau, j'étais en nage.

Heureusement que je n'avais pas à passer dans un scanner corporel! Avouez que c'est une transition harmonieuse vers mon prochain sujet de mécontentement. Pour dire vrai, ce qui me choque dans cette mesure prise par le gouvernement pour contrer le terrorisme dans les airs, c'est plutôt la façon dont on a allégrement fait fi de toutes les questions de vie privée. Pour enlever nos craintes à cet égard, une porte-parole du Commissariat à la protection de la vie privée est venue nous déclarer que l'organisme avait reçu l'assurance qu'aucune photo ou image ne serait conservée ou archivée. De plus, elle a été informée que l'utilisation de l'appareil en question, qui crée une image tridimensionnelle du "contour" du corps nu des voyageurs, sans brouiller ou voiler aucun endroit du corps, sera tout à fait discrète. Pardonnez-moi de vous quitter quelques instants pour crier mon indignation et/ou rire à gorge déployée. Pause.

Je suis de retour, encore sidérée par l'énormité de ce que les politiciens arrivent à nous faire avaler. Je vous fais une prédiction : dans quelques mois, nous allons apprendre que des agents de douane mal intentionnés ont vendu les images de certains voyageurs, images qui ont été retracées ensuite sur la Grande Toile. Ainsi, le monde entier va se délecter du "contour" de l'appendice mâle d'un chanteur ou d'un acteur connu, ou se demander si le "contour" des boules d'un mannequin-vedette ont été grossies par l'objectif de l'appareil de détection. Moi ce que je retiens surtout de ces mesures "soi-disant" raisonnables selon notre premier ministre, c'est que le terrorisme vient de gagner encore une fois. Le monde a peur et cette émotion s'est insidieusement installée à peu près partout sur le globe.

Nous reste la possibilité de tirer à pile ou face pour tenter de déterminer où ça va frapper la prochaine fois. Et c'est ma transition vers mon dernier sujet d'impatience : les amateurs de gratteux! Juste une petite anecdote qui m'est arrivée hier à l'épicerie. L'Homme et moi avions acheté quelques articles seulement, ce qui nous qualifiait pour la caisse express. C'était sans compter sur le fait que la pauvre employée responsable de la caisse susnommée devait partager son temps entre les clients normaux et les maniaques de loterie. Comprenez-moi bien. Je n'ai rien contre l'achat sporadique d'une promesse de gains fabuleux. J'y succombe moi-même de temps à autre quand les neurones de mon cerveau me lâchent pour quelques minutes. Non, ce qui m'a exaspéré, c'est que la joueuse compulsive dont il est ici question avait choisi le moment où j'étais en ligne pour décider de faire valider une vingtaine de gratteux de toutes sortes. Et je n'exagère pas sur le nombre. Pour chaque billet, la caissière devait elle aussi gratter une case, puis insérer le billet dans la machine de notre merveilleuse société d'État à la fois cause et remède de notre dépendance collective au jeu, et imprimer un reçu quelconque. Ensuite, la gratteuse professionnelle a démêlé tous ses petits papiers et a procédé à l'achat d'une autre série de billets pour la déchéance. Ça n'en finissait plus. "Donnez-moi deux Poules, trois Super 7, un 6/49... Non, non, je vais prendre plutôt deux Célébration 2010, un Jour de paye, trois Poules, alouette!" J'étais dans tous mes états. J'ai obligé l'Homme à changer de caisse... pour être à nouveau retardée par un autre maniaco-loto! Est-ce que la Lune était en brelan hier?
_____________________
Notes pédestres : Vous savez, je marche toujours. Même pendant la période des fêtes, j'ai réussi à utiliser mes espadrilles à Montréal et à Québec. Aujourd'hui, c'était difficile sur les trottoirs parce qu'ils étaient passablement enneigés. Et la température douce, qui rendait quand même agréable le séjour à l'extérieur, n'arrangeait toutefois pas les choses car c'était presque impossible d'avoir une bonne foulée : trop mouillé, trop glissant. C'est pas grave. J'avais besoin de faire le vide! Merci, cher Pusher, pour la Marche de Noël. Je tripe encore une fois!!

samedi 2 janvier 2010

Seulement par amour

Il neigeait à plein ciel. La soeur Psy et moi venions de passer plusieurs heures dans les magasins. Nous avions hâte de retourner à la maison car nous commencions à ressentir sérieusement l'effet des abus des derniers jours. Malgré tout, j'ose la question : "Qu'est-ce que tu dirais si nous passions par le cimetière pour aller porter à maman sa couronne de Noël?". La soeur Psy est aventureuse de nature et, je dois le dire, elle n'a pas grand-chose à son épreuve. Vous devinez donc la réponse : "D'accord". Et nous voilà parties pour notre périple envers et contre la chaussée enneigée.

Mais que je prenne quand même ici le temps de vous mettre un peu dans le contexte. Depuis que maman est décédée en 1997, j'ai pris l'habitude de fabriquer ou d'acheter une couronne faite de branches de sapin pour aller la déposer au cimetière. Maman adorait la période des Fêtes parce que cela lui permettait de retrouver toute sa marmaille. Je trouve donc important de lui porter cette marque festive pour indiquer qu'elle fait toujours partie de nos célébrations. Je sais, je sais, une bonne pensée, ça pourrait aussi donner le même résultat. Je suis prête à vous concéder l'argument, mais ce serait certainement moins original et, surtout, moins périlleux. C'est que, voyez-vous, il tombe en général pas mal plus de neige dans l'autre Capitale nationale. Il est donc arrivé plus d'une fois que l'Homme ait à chausser les raquettes pour se rendre jusqu'à la pierre tombale de sa belle-maman préférée pour aller déposer la fameuse couronne.

Aujourd'hui, il n'y a ni Homme, ni raquettes cependant. C'est la soeur Psy et moi. Nous stationnons la voiture en arrière de la petite église et nous nous emparons de la couronne. Il neige encore à plein ciel. Je dois avouer que c'est assez magnifique toute cette poudre blanche qui virevolte autour de nous. Après s'être mutuellement convaincues que nous n'avions besoin ni du sexe opposé, ni d'artifices pédestres pour nous acquitter de notre mission, nous nous dirigeons vers l'extrémité du cimetière où se trouve maman. Évidemment, il n'y a pas de chemin dégagé qui se rende jusqu'à l'endroit de son dernier repos. La soeur Psy, courageusement, enjambe le rempart de neige et commence à marcher. La neige entre à pleines portes dans ses bottes! Elle fait demi-tour et propose que nous procédions plutôt au lancer de la couronne en direction de la pierre tombale maternelle. Je considère sérieusement l'option mais je me ravise. Je décide d'entrer mes pantalons dans mes bottes et de tenter ma chance.

C'est difficile d'avancer à cause de la légère croûte de glace qui s'est formée sous la neige en raison de la pluie tombée la semaine dernière. Pour faire mon chemin, je dois donc faire un effort supplémentaire pour briser la glace et tenter de garder mon équilibre pendant que j'enfonce jusqu'à mi-jambe dans la neige. Il me semble que maman est vraiment loin. Heureusement, la soeur Psy me prodigue des encouragements chaleureux, debout, elle, dans le chemin qui a été déblayé. Je continue encore à braver les intempéries en prenant de temps à autre une petite pause entre deux monuments et en m'accotant, oh! très légèrement, sur la couronne. Quelle chance d'en avoir choisi une grosse cette année! J'éprouve tout de même l'envie de reculer à mon tour quand je commence à me sentir un peu trop essouflée à mon goût. Ai-je besoin de vous rappeler ma tendance à croire plusieurs fois par jour que ma dernière heure est arrivée? Mais je continue en gardant mon regard fixé sur le monument de maman. Enfin, j'y arrive. J'entends les cris de joie de la soeur Psy qui me recommande de ne pas oublier de saluer maman pour elle. J'en profite pour lui demander où je devrais installer la couronne. "Ne la mets surtout pas sur le dessus de la pierre tombale, tu sais comme maman détestait les chapeaux!", me répond-elle. C'est vrai. Je choisis donc d'accoter notre offrande contre la pierre non sans avoir enlevé d'abord un peu de neige pour mieux voir l'inscription. Après avoir adressé à maman les salutations de ses trois filles, je suis repassée dans mes traces. C'était plus facile surtout avec la soeur Psy qui continuait à m'encourager en vantant ma détermination.

Maman aurait été fière de nous, j'en suis certaine, comme elle apprécie assurément d'être fleurie tout l'été grâce aux bons soins de la Soeur du milieu. Nous sommes tellement chanceuses d'être tricotées aussi serrées!

vendredi 1 janvier 2010

L'angoisse de la page blanche

Premier de l'an. Une nouvelle décennie. C'est fou comme le temps passe. Je n'aime pas la sensation d'être constamment en train de vivre le fameux "jour de la marmotte". Et pourtant, plus les années s'additionnent à mon compteur, plus j'ai l'impression de jouer dans le même vieux film. Force m'est d'admettre cependant que les événements ne se répètent pas toujours ad nauseam. De temps à autre, le destin me réserve encore quelques surprises. Heureusement!

Alors, me revoici au début d'une autre page blanche. J'ai le choix d'écrire l'histoire, du moins en partie. Je ne sais pas pourquoi mais je pense soudainement aux increvables résolutions du Nouvel An que l'on nous encourageait à prendre autrefois. Je ne sais pas si c'est encore la mode mais je sais en tout cas qu'on en entend moins parler. Je crois que c'est parce que l'on s'est rendu compte que ces bonnes intentions duraient ce que durent les roses, l'espace d'un... vous savez quoi, ne s'appelleront jamais immortelles, ne seront jamais qu'un feu de joie (merci Jean-Pierre F.).

M'enfin, comme dirait Gaston L., à quoi bon, effectivement, décider de changer quelque chose à notre nous-même si on n'a pas la ferme conviction d'aller jusqu'au bout. Mais comme l'être humain est faible, il est normal aussi qu'il succombe en cours de route. Voilà toute l'ambiguïté des résolutions de début de page. Dans mon cas, je crois n'avoir tenu qu'une seule résolution à vie, soit celle de me mettre en forme pour de bon et de pratiquer la marche régulièrement. En quatre ans, je n'ai pas faibli. Il faut dire que ce n'était pas une résolution de début de page puisque j'ai commencé à m'entraîner pour vrai au printemps. Quelques pages avaient donc déjà été noircies. Je dois avouer, aussi quétaine que cela puisse l'être, que je suis fière de ce que j'ai accompli grâce à cette soudaine résolution de vraiment changer quelque chose dans ma vie. En plus de tous les avantages qui découlent de la pratique d'une activité physique, j'ai repris contact avec l'écriture et la création. C'est totalement stimulant et absolument passionnant.

Tant qu'à me confesser, j'ose vous révéler que, lors d'une de mes récentes escapades sur les trottoirs, j'ai pensé que je m'essaierais cette année à l'écriture de paroles de chansons... metal. C'est la faute au Pusher et à tout le stock qu'il me fait ingurgiter et à son propre projet de réalisation d'un CD avec Mortör. Je suis véritablement fascinée par les émotions que le metal réussit à passer et très, très souvent renversée par la profondeur des idées exprimées. Loin de moi de m'imaginer que je peux accoter ces artistes que je vénère (oui, oui, vous avez bien lu, je capote juste à l'idée que je pourrais un jour serrer la pince à l'une de mes idoles - outre le Pusher, bien entendu, pour qui c'est déjà fait) mais je me dis qu'au mieux je ferai des textes potables et qu'au pire ce sera de la mauvaise poésie. Me reste maintenant à vaincre l'angoisse de la page blanche sur un possible nouveau blog underground... À suivre.