vendredi 12 août 2011

L'art de meubler le vide ... un semblant de début

Hum... je suis maintenant à huit jours ouvrables de la fin de mon temps utile. Vous sentez de l'amertume dans mes propos? Peut-être aussi un peu de cynisme? Vous n'avez pas tort.

J'étais en congé aujourd'hui et je ne pouvais m'empêcher de penser que ce serait comme ça pour les jours, les mois et les années à venir. Comme quoi? Comme j'ai déjeuné en lisant les journaux. Comme j'ai joué avec les félines. Comme j'ai pensé que j'allais défaire mon lit pour laver les draps. Comme j'ai pris le rôle de Martha et j'ai nettoyé la salle de bain du haut et épousseté les chambres. Bref, je m'emmerdais royalement. Et ce qui ne m'aidait pas, c'est qu'en faisant du ménage au deuxième étage, je ne cessais de tomber sur des cadres remplis de photos du temps où je servais à quelque chose, du temps où j'étais une maman à plein temps. C'est ça qui arrive quand on s'entête à garder des souvenirs, des bricolages, des petits mots d'enfants écrits dans des cartes fabriquées à la main. Oui, c'est la nostalgie qui prend le dessus et j'ai réalisé que la nostalgie est très mauvaise conseillère, du moins dans mon cas.

D'abord, elle fait monter en moi la tristesse des années qui ont fui à la vitesse de l'éclair. Ensuite, elle m'entraîne dans une rétrospective où je me demande parfois si j'ai bien su profiter de ces années où le Fils et la Fille étaient avec nous et même, ô comble du malheur, dans une culpabilité malsaine genre "Est-ce que j'ai vraiment été une bonne mère?, Est-ce que j'ai su écouter? Est-ce que j'ai été suffisamment présente?" Et là, les larmes coulent. Et je n'arrive pas à accepter que c'est fini et que je dois, que cela me plaise ou non, prendre le chemin de la retraite.

Après un moment, je me suis dit que ça va être beau quand le jour fatidique va arriver. Va vraiment falloir que je me brasse sinon c'est la dépression assurée au bout de quelques semaines. L'Homme, que j'ai accueilli à bras ouverts quand il est venu dîner parce que j'avais tellement envie de parler à quelqu'un, m'a dit de ne pas m'en faire et que j'allais éventuellement prendre une routine de retraitée. Comme je voulais en savoir plus, il avait fini d'avaler son repas et il filait pour son après-midi de travail... le chanceux!

Je suis remontée au deuxième avec la ferme volonté de trouver le courage de m'habiller car j'étais toujours en jaquette. La Reine-Marguerite dormait à pattes fermées sur le lit du Fils, près de la fenêtre par où entrait une bien agréable brise. Je n'ai pas pu résister et je me suis étendue près d'elle pour la flatter. Je m'étais dit qu'une fois habillée, je pourrais marcher jusqu'au Moca Loca pour prendre une limonade et lire sur la terrasse. Cela me permettrait de m'entraîner et de passer le temps. Encore fallait-il que je me lève. L'heure avançait et j'avais dit à l'Homme que j'irais le retrouver à la fin de sa journée, et ce, dans l'unique but de me forcer à bouger. C'était une bonne tactique car j'ai réussi à quitter les félines pour rejoindre les trottoirs. Autre note mentale que je ne devrai pas oublier : les félines et leur propension à se vautrer toute la journée dans une béatitude admirablement confortable ne sont pas des exemples à suivre à moins de vouloir peser 300 livres à la fin de ma première année à la retraite!

Une fois dehors, tout a mieux été. Il faisait un temps superbe. Avec le vent qui soufflait, on sentait à peine la chaleur. Comme prévu, j'ai siroté ma limonade en lisant mon livre jusqu'à ce qu'il soit l'heure de partir retrouver l'Homme. Je dois vous avouer, cependant, que je n'ai quand même pas voulu prendre le risque de déprimer une autre journée puisque l'Homme travaille en fin de semaine et, en arrivant au resto, j'ai donné un coup de fil à l'Ami : "Est-ce que tu fais quelque chose de spécial demain? Non. Ça te dirait d'aller déjeuner avec moi?"

2 commentaires:

  1. Chère Marcheuse urbaine,

    Chaque samedi, je pense à tout ce que je pourrais faire de formidable si
    a) je n'étais pas crevée "à cause de ma semaine au bureau"
    b) j'avais plus que 48 heures consécutives de libres
    c) le ménage était fait une fois pour TOUTES!

    Blague à part, la retraite avec amies félines et limonades, c'est pas si mal, il me semble :)

    À bientôt,

    L'amie yogini

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  2. Ouf, j'ai rattrapé mon retard, depuis tout ce temps où les vacances (et l'étourderie) m'empêchaient de te lire!
    La lectrice fidèle est de retour et toujours aussi fascinée par les histoires de bêtes.
    Pour la retraite, tu sembles avoir une bonne attitude: faire la farniente souvent, mais se donner des obligations, réelles ou imaginaires, pour s'en déloger un peu! Et surtout, voir plein de gens!

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