mardi 16 novembre 2010

Des chats sans les hommes

Je voudrais bien vous parler des quelques humains qui m'ont fait chier aujourd'hui mais à quoi bon? Ils ne valent pas les mots que je devrais utiliser. Je me tourne donc vers les chats, ces merveilleuses bêtes qui acceptent parfois de nous faire partager leur quotidien.

En marchant, ce soir, j'en ai justement rencontré un. Il ressemblait à Mignonne, noir comme du charbon avec une petite tache blanche dans le cou. Mais il n'avait pas ses yeux. J'ai bien sûr un parti pris pour les immenses prunelles vertes de mon bébé-chat-devenu-gros. Alors, ce chat. Il était au bas des escaliers que je venais de grimper et de descendre un peu plus péniblement qu'à l'habitude. Il était assis et il m'observait. Je suis certaine qu'il trouvait que je dépensais de l'énergie bien inutilement. C'est drôle, je n'imagine justement pas un chat sur un tapis roulant. Bref, ce chat. Je n'ai pas pu résister à lui parler : "Salut le beau minet. Qu'est-ce que tu fais là tout seul?" (Il faut lire ici ce monologue avec l'intonation féline que je possède maintenant très bien. Il y a un accent tonique sur "minet" et un autre sur "seul". Ne pas oublier non plus d'adopter un ton empathique qui invite à la confidence.) J'ai dû bien formuler mon message car il m'a répondu. C'est encourageant. Je poursuis donc la conversation : "Est-ce que tu es perdu? Est-ce que je peux te flatter?"  Il s'est approché. Il a reculé. Il s'est avancé de nouveau. J'ai tendu doucement la main (tout doit être fait en douceur avec les minets) et j'ai tenté une amorce de caresse sur le dessus de la tête. Il a aimé ça. Après, c'était gagné. Je l'ai gratté sous le menton, derrière les oreilles, sur le dos. On s'est salué et on a pris chacun notre bord.

J'aime le comportement des chats. Ils vivent dans leur monde mais dans nos affaires. Des fois, je les trouve bizarres et ça me les rend encore plus sympathiques. Prenez Mignonne, par exemple. Vous savez que nous avons eu une souris dans la cuisine il y a environ deux mois. Eh! bien, je crois que ma chatte n'a pas encore compris que la représentante de la gent trotte-menu avait quitté les lieux pour de bon. Non, tous les soirs, elle se poste aux aguets, devant les armoires de cuisine, et elle attend. Pas Godot. Plutôt la minuscule souris grise qui avait l'habitude de se promener sur le comptoir. Mignonne prend son rôle au sérieux. Elle ne bronche pas. Elle est installée pratiquement au milieu de la cuisine. Il faut la contourner pour atteindre l'évier, ou le lave-vaisselle, ou les armoires. Pas grave. La chasseresse continue de fixer je-ne-sais-trop-quoi devant elle. En tout cas, elle n'abandonne pas la partie. Et si elle voyait ce que nous, nous ne voyons pas?

Et la Reine-Marguerite? Elle est étrange, elle aussi. Je viens justement de l'apercevoir sur mon lit, lovée littéralement sur mon pantalon que j'ai abandonné là avant de me changer pour aller marcher. C'est son dada à elle. Même s'il y a toujours une couverture en laine au pied du lit pour mes deux minettes, la Reine-Marguerite préfère, et de loin, se rouler en boule et ronronner sur mes vêtements toutes les fois qu'elle le peut. Une autre de ses marottes? Si j'ouvre un tiroir et qu'elle se trouve dans les parages, elle va immanquablement s'y glisser pour dormir.

J'aime les chats. Malgré leur nature indépendante et leur caractère pas toujours facile, ils savent donner l'heure juste. Si je ronronne, tu es mon ami. Si je suis toutes griffes dehors, gare à toi!
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Notes pédestres : Toujours la noirceur. Mais il faisait un temps magnifique. Sous une partie de lune, je me suis branchée sur les vieilles tounes de In Flames, une des premières livraisons du Pusher. C'est encore le plaisir d'écouter du bon métal!

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